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Serge-Aimé Coulibaly

Serge-Aimé Coulibaly : "On n'est pas obligé d'être sombre pour pouvoir changer les choses"

55 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la présentation de sa dernière création, « Wakatt », dans le cadre de la Biennale de la Danse à Lyon les 10 et 11 juin, le chorégraphe et danseur burkinabè Serge-Aimé Coulibaly revient au micro d’Arnaud Laporte sur sa conception de la danse et son parcours d’interprète à chorégraphe.

Serge-Aimé Coulibaly
Serge-Aimé Coulibaly Crédits : Lydie Nesvadba

Les 10 et 11 juin sera présenté au Théâtre de la Croix Rousse à Lyon « Wakatt » la dernière création du chorégraphe et danseur Serge-Aimé Coulibaly, dans le cadre de la Biennale de la Danse. A cette occasion, le chorégraphe burkinabè revient, au micro d’Arnaud Laporte, sur ses créations et les sources d’inspiration qui nourrissent son processus créatif et son imaginaire.

D’interprète à chorégraphe

Originaire de Bobo Dioulasso au Burkina Faso, Serge-Aimé Coulibaly se forme à la danse et la comédie au sein de la compagnie Feeren, dirigée par Amadou Bourou. Puis, à partir de 2001, il s’installe en Europe, participant en tant qu’interprète à des créations internationales, tout en continuant de se former. Il danse ainsi pour Claude Brumanchon, Alain Platel, Sidi Larbi Cherkaoui, Dalisa Pigram, etc.

En parallèle, son envie de créer ses propres chorégraphies se fait de plus en plus forte. En 1998 en effet, il chorégraphie le spectacle d’ouverture de la coupe d’Afrique de football. A partir de cette expérience, l’envie de monter sa propre compagnie ne le quitte plus. C’est finalement en 2002 qu’il crée son premier solo « Minimini » et sa compagnie : Faso Danse Théâtre.

En venant travailler en Europe, j’avais envie d’en savoir plus sur ce que c’est que la création contemporaine et de créer mes propres spectacles. J’avais envie que mes spectacles soient socialement et politiquement engagés. J’avais envie que mon voisin de Bobo Dioulasso au Burkina Faso se reconnaisse dans mes spectacles qui sont contemporains, et que, par leurs thèmes et les sujets qu’ils traitent, il se sente concerné par mon travail. (…) C’était important pour moi de créer ma compagnie, mes propres spectacles : je voulais raconter mes histoires à moi. 

La danse comme moyen d’expression

Le propos politique est à la base de son travail et de ses créations. Serge-Aimé Coulibaly conçoit en effet la danse comme la forme d’expression par le biais de laquelle il peut prendre la parole. 

Je viens du théâtre, donc pour moi la danse est une totalité. (…) La danse que je fais est une danse expressive. Je ne m’empêche pas de parler. Ce n’est pas juste un corps qui bouge. C’est un homme qui s’exprime dans ma danse, qui peut bouger, chanter, parler.

Ainsi, « Nuit Blanche à Ouagadougou » traite par exemple de soulèvement populaire, un spectacle créé et joué en 2014 au Burkina Faso alors en plein bouleversement politique. En 2016, il crée « Kalakuta Republik » un spectacle autour de la figure de Fela Kuti, qui en retranscrit l’aura créatrice mais aussi politique. En 2018 enfin, s’entourant de Felwine Sarr et de Rokia Traoré il crée « Kirina », un spectacle autour de la bataille fondatrice de l’empire malien et qui traite des drames et des héros d’hier comme de ceux d’aujourd’hui.

Pour faire changer les choses, on peut le faire dans la bonne humeur, dans une joie, une force, quelque chose qui nous porte. Quand on écoute la musique de Fela Kuti, on sent qu’il y a quelque chose qui nous porte et en même temps, le message qu’il y a derrière nous fait réfléchir. C’est quelque chose qui m’inspire beaucoup : comment faire que dans un spectacle les gens ne s’ennuient pas et qu’ils soient portés par quelques chose, qu’ils soient absorbés par ce qu’ils voient, et en même temps que ça nous parle du monde, de nous, de l’humanité, de comment on peut agir.

Par ailleurs, Serge-Aimé Coulibaly est engagé dans le soutien à la création contemporaine au Burkina Faso. En 2014, il a créé à Bobo Dioulasso « Ankata », un centre culturel qui a pour vocation de soutenir les jeunes artistes, et qui abrite une médiathèque sur la danse. 

En 2020, il a reçu le Prix d’Honneur des Golden Afro Artistic Awards.

Pour découvrir le site de sa compagnie Faso Danse Theatre.

Son actualité : dans le cadre de la Biennale de la Danse du 1er au 16 juin à Lyon, Serge-Aimé Coulibaly présente "Wakatt", les 10 et 11 juin au Théâtre de la Croix Rousse, accompagné par le flûtiste de jazz Magic Malik.

Sons diffusés pendant l'émission

  • "Girl you know it’s true", Milli Vanilli, All or Nothing, 1988.
  • Discours de Thomas Sankara à l’Assemblée Générale des Etats-Unis, le 4 octobre 1984.
  • Aimé Césaire dans "L’Afrique enchantée", diffusé sur France Inter le 3 avril 2011.
  • Extrait de Kalakuta Show (2016), Serge-Aimé Coulibaly, sur une musique de Fela Kuti.
  • Fatou Diome dans Affaires Culturelles, au micro d’Arnaud Laporte, diffusé le 16 avril 2021.
  • "Le Prix du Paradis", Tiken Jah Fakoly, Dernier Appel, 2015.

Chroniques

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