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SMITH : "Tout devrait fonctionner de manière transitive"

55 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de sa participation à l'exposition « Désidération (Anamanda Sîn) » à l’Espace Monoprix, dans le cadre des Rencontres de la Photographie à Arles, SMITH est au micro d’Arnaud Laporte pour un entretien au long cours sur ses imaginaires, son parcours et son processus créatif.

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SMITH Crédits : SMITH

Photographe, cinéaste et plasticien, SMITH est de ces artistes à la croisée des disciplines dont l’œuvre, éminemment hybride, ne cesse de questionner l’identité humaine. Au micro d'Arnaud Laporte, il nous entraîne dans ses imaginaires et les coulisses de ses créations.

Entre photographie et philosophie 

Enfant de photographes, SMITH a toujours pratiqué la photographie, une passion qui se confirme avec sa découverte, au début des années 2000, du travail d’artistes comme Matthew Barney, Christer Strömholm ou encore Nan Goldin. A propos de l'œuvre de cette dernière, il déclare : "Son travail photographique m'a fait prendre conscience du fait qu'on pouvait faire de sa vie un matériau artistique".

L'intimité, j'ai l'impression qu'elle vient de beaucoup plus loin que ma propre expérience. D'images qui me précèdent, qui m'ont nourries. Peut-être celles de Nan Goldin, peut être certaines références picturales, cinématographiques, qui hantent en quelque sorte mon regard et qui viennent me permettre de reconnaître chez quelqu'un, dans un paysage, ce quelque chose qui à un moment donné s'est fixé comme un tronc d'arbre qui reste dans une rivière.

Pourtant, c’est dans la philosophie et la pensée de grands auteurs comme Michel Foucault, Donna Haraway ou encore Jacques Derrida que sa démarche artistique prend racine : 

Ce sont des penseurs qui mettent à disposition de ceux qui les lisent un certain nombre d'outils, de concepts qui sont très clairs [...] Ces outils-là, je les utilise à ma façon, avec mon propre langage qui est plutôt celui de l'image, et je vois comment ils agissent de manière effervescente dans mon travail.

SMITH suit en effet des études de philosophie à la Sorbonne avant d’intégrer l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, puis le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains où son identité artistique s’affirme, notamment par l’utilisation, en plus du medium photographique, de la vidéo, ainsi que de dispositifs technologiques et scientifiques. 

Une exploration artistique de l'intime 

Le travail de SMITH se caractérise tout d’abord par une importante réflexion sur l’identité, le passage, la transition, le corps et les corps modelés, investis, modifiés par ceux à qui ils appartiennent :

Qu'il s'agisse de ma vie personnelle ou de mon travail, dans tous les cas, il est question de mutation, de métamorphose, d'hybridation, d'être toujours dans une forme de fluidité

Ces réflexions prennent ensuite corps dans des photographies, des films, des installations, des performances ou encore des dispositifs technologiques qui puisent leur matière première dans le vivant. 

Ce que j'essaye de proposer dans mon travail et puis de faire dans ma vie, ce n'est non pas forcément de détruire ou de regarder s'effondrer les cases, mais simplement de passer de l'une à l'autre. En fait, on s'aperçoit que les portes ne sont pas du tout verrouillées une fois qu'on commence à les ouvrir. C'est plus une question de fluidité que d'essentialisation.

Enfin, dans sa production artistique transdisciplinaire, la dimension autobiographique est centrale : pour SMITH en effet la construction d’une œuvre et la construction de soi vont de pair, les sujets traités se confondant avec sa propre vie et sa propre expérience du monde. 

L'affection pour les personnes que je photographie est à la fois immense et permanente. C'est souvent un travail photographique avec des personnes que j'ai photographiées au fil des ans. Je vais suivre leur évolution, leurs métamorphoses et leurs différents états. C'est aussi une manière de m'y retrouver moi-même et je pense que, de même que le travail de Nan Goldin, le mien pourrait se voir comme une sorte de grand autoportrait.

Au début de son parcours, SMITH rassemble dans les séries « Loon » (2007), « Löyly » (2009) ou encore « Hear Us Marching up Slowly » (2012), des images de ses proches. Dans ces œuvres, ce sont des corps en dehors des normes, à la frontière, hybrides et en transition qu’il présente, enveloppés de lumière, de brume, de vapeur ou d’obscurité : des corps profondément politiques. Par la suite, il poursuit cette exploration du corps autour de la notion de spectre et de présence/absence. 

Utilisant différents mediums et dispositifs comme la caméra thermique, le projet « Spectrographie » dans lequel SMITH cherche à retranscrire la présence physique à distance avec la chaleur des corps témoigne de cette recherche. En 2015, c’est par le biais de la fiction que l’installation « TRAUM » traite quant à elle de la plasticité des corps, de la métamorphose, celle qui peut survenir à l’issue d’un traumatisme. 

A l'automne dernier, SMITH a également signé un podcast original pour une Expérience hors du commun rêvée avec Lucien Raphmaj et dans laquelle il nous guidait vers les origines mythologiques de la désidération. Retrouvez le ici

Son actualité : 

  • « Désidération (Anamanda Sîn) », un projet mené par SMITH, Diplomates et Lucien Raphmaj est visible à l’Espace Monoprix dans le cadre des Rencontres de la Photographie à Arles (jusqu’au 27 septembre 2021). 
  • Le catalogue de l'exposition a paru aux éditions Textuel. 

Sons diffusés pendant l'émission :

  • Nan Goldin, à propos de sa démarche artistique, au micro de Nicolas Demorand dans Les matins de France Culture en 2004.
  • Catherine Malabou à propos de Jacques Derrida, dans l’émission Répliques, sur France Culture, en juin 2006.
  • "Human Terms" de INKAMERA (Viktoria Lucas).
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