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Vimala Pons

Vimala Pons : "Le cirque est quelque chose qui rassemble une poésie du corps avec l'idée que l'impossible peut être réalisé"

39 min
À retrouver dans l'émission

Le 19 novembre 2020, Arnaud Laporte recevait l'actrice et circassienne. Influences, processus de création et imaginaires : Vimala Pons nous emmène dans les coulisses de sa création rocambolesque.

Vimala Pons
Vimala Pons Crédits : Loup Gangloff

En novembre 2020, l'actrice et circassienne Vimala Pons, revenait sur son parcours et ses inspirations au micro d'Arnaud Laporte à l'occasion de la parution de "Mikki Rappuleinenou Mémoires de l’Homme Fente", un livre audio/court métrage sonore disponible en K7 audio et en digital sur le label Transcachette Tapes

Depuis, on a pu voir Vimala Pons aux côtés de Pio Marmaï et Leïla Bekhti dans “Comment je suis devenu un super-héros” de Douglas Attal, sur Netflix, et dans quelques mois, on pourra la retrouver seule en scène dans sa nouvelle création  : Le périmètre de Denver".

Une fête permanente

En malayalam, son prénom signifie "La fête est permanente". Une devise que Vimala Pons semble scrupuleusement respecter. De l’Inde où elle grandit à sa péniche au bassin de La Villette, en passant par une roulotte de cirque, Vimala Pons est une créature mobile qui rêve d’ubiquité. Formée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris et au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne, l’artiste jongle depuis entre le cirque et le cinéma. 

Vimala Pons nous en dit plus sur ce dialogue perpétuel entre ses œuvres et ses pratiques : 

Par rapport au burlesque, d'être spécialiste de ce qu'on ne sait pas faire, ça me guide aussi beaucoup. Quand on va vers des médiums différents, on est toujours loin de la virtuosité qui peut parfois dessécher le cœur. […] Je crois que la porosité, de toute façon, n'est pas à moi de la voir, c'est à moi de la vivre. J'ai l'impression de montage parallèle plutôt que de transversalité.

L’art du déséquilibre

Fraîchement diplômée de l’école de Cirque, on la découvre aux côtés de Maroussia Diaz Verbèke, Erwan Hakyoon Larcher et surtout Tsirihaka Harrivel au sein du jeune collectif Ivan Mosjoukine. Ensemble, ils créent notamment De nos jours [notes on the circus] en 2012, une réflexion spectaculaire sur l’écriture du cirque contemporain. Quatre ans plus tard, Vimala Pons retrouve Tsirihaka Harrivel avec lequel elle créé GRANDE. Un spectacle inspiré du music-hall où elle excelle dans le strip-tease conjugué à l’art de porter des objets lourds sur sa tête. L’aventure s’achève avec la sortie du disque Victoire Chose en 2019 d'après le spectacle du duo. 

Vimala Pons nous explique le choix de sa spécialisation dans l'art de porter des objets lourds sur la tête : 

Je pense que c'est autant un sentiment intérieur qu'un vocabulaire offert pour exprimer des choses. Qu'est-ce qu'on porte dans la vie ? Qu'est-ce qu'on porte sur soi ? Comme on porte son corps, comme on porte des vêtements ? Comment on porte une parole ? Comment on porte tous les objets qui nous entourent ? Et qu'est-ce que ces objets créés sur nous comme déséquilibre ? Comment ils sont chargés, eux, d'énergie ou chargés tout simplement par leur poids ? C'est un peu comme une méditation active. 

Elle nous raconte ce qui l'a captivé dans le cirque quand elle était petite : 

Le cirque faisait vraiment écho à quelque chose qui rassemble une poésie du corps avec l'idée que l'impossible peut être réalisé. Il y avait quelque chose dans cette tension entre les deux et aussi un rapport à l'échec qui me touche beaucoup. 

Jean-Baptiste Thierrée, l'inventeur du Nouveau cirque, est une figure qui l'inspire beaucoup. Elle nous en dis plus sur celui qu'elle considère comme le papa du cirque contemporain :  

Avec la sous performance, il a créé un langage poétique très métaphorique, avec cette envie de dire plein de choses et de les passer en revue dans le mode du music-hall. C'est l'amoncellement de toutes ces petites choses qui ont l'air de blagues, sous couvert de légèreté et de poésie, mais qui au fur et à mesure crée comme une espèce de tissu qui se tisse très fin et qui est très sensible. Il met les actes en paroles et les paroles en actes. 

Une actrice plurielle

Au cinéma, Vimala Pons impose son air mutin, sa silhouette incontrôlable et sa plasticité burlesque depuis presque vingt ans. Après des apparitions chez Rivette et Resnais, elle se fait remarquer lorsqu’elle interprète le personnage funambule de Truquette dans La Fille du 14 Juillet d'Antonin Peretjatko en 2013. On la retrouve ensuite devant les caméras de Thomas Salvador, Bruno Podalydès, Christophe Honoré, Baya Kasmi, Philippe Garrel et bien d’autres. Elle s’est notamment illustrée dans la comédie loufoque de Sébastien Betbeder Marie et les naufragés, le thriller Elle de Paul Verhoeven,  La Loi de la jungle d'Antonin Peretjatko, ou encore Les Garçons Sauvages de Bertrand Mandico. 

Sons diffusés pendant l'émission : 

  • Prologue du livre audio Mikki Rappuleinenou Mémoires de l’Homme Fente de Vimala Pons.
  • Extrait du film Les Clowns de Fellini (1970), séquence où apparaissent Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin.
  • Extrait de “La fin de la face A" du livre audio Mikki Rappuleinenou Mémoires de l’Homme Fente de Vimala Pons.
  • Extrait de la bande-originale de Drowning by numbers signée Michael Nyman, film de Peter Greenaway (1987).
  • Morceau Shit forest, de l'album "Shit forest" de Danse Musique Rhone-Alpes. 

Rediffusion de l'entretien du 19 novembre 2020

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