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Werner Herzog

Werner Herzog : "Le XXIe siècle sera le siècle de la grande solitude"

39 min
À retrouver dans l'émission

Tout l'été, les grands entretiens d'"Affaires culturelles"... Fin août 2020, Arnaud Laporte recevait Werner Herzog, à l’occasion de la sortie de son nouveau film "Family Romance, LLC" désormais disponible en DVD Bluray et VOD. Retour sur l'œuvre foisonnante du cinéaste.

Werner Herzog
Werner Herzog Crédits : Stéphane Cardinale - Corbis

Né en 1942 à Munich, Werner Herzog écrit son premier scénario à l’âge de quatorze ans et fonde sa société de production à vingt-et-un ans, la "Werner Herzog Filmproduktion". Il signe son premier long-métrage, Signes de Vie, en 1968 et obtient le Prix spécial au Festival de Berlin. En 1972, avec Aguirre, la colère de Dieu qui inaugure sa collaboration au long-cours avec l’acteur Klaus Kinski, Herzog accède à une renommée internationale et devient l’un des chefs de file du cinéma allemand avec Volker Schlöndorff, Reinhard Hauff et Rainer Werner Fassbinder.

Depuis plus de cinquante ans, de Fitzcarraldo à Salt and Fire en passant par Nosferatu et Le Pays où rêvent les fourmis vertes, ses fictions restent ancrées dans la mémoire des spectateurs, tout comme ses documentaires : Au pays du silence et de l'obscurité, Grizzly Man ou La Grotte des rêves perdus.

Outre sa carrière de réalisateur, Werner Herzog a écrit des livres, mis en scène une douzaine d’opéras et fondé sa propre école de cinéma, la "Rogue Film School". Tout récemment, il interprétait le rôle du grand méchant, "Le Client", dans la série de Jon Favreau The Mandalorian adapté de l’univers Star Wars

Il présente aujourd’hui son nouveau long-métrage de fiction Family Romance, LLC, en sélection officielle au dernier Festival de Cannes : 

"Perdu  dans  la  foule  de  Tokyo,  un  homme  a  rendez-vous avec Mahiro, sa fille de douze ans qu’il n’a pas vue depuis des années. La rencontre est d’abord froide, mais ils promettent de se retrouver. Ce que Mahiro ne sait pas, c’est que son “père” est en réalité un acteur de la société Family Romance, engagé par sa mère."

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De quoi est fait l'imaginaire de l'artiste et d'où vient sa vocation, quelles sont ses inspirations et ses méthodes de travail, retour sur le parcours de Werner Herzog, cinéaste de l'extrême. Extrait de l'émission :

Fabrique au plus proche

Pour son nouveau long-métrage, Werner Herzog s'est inspiré d'un business florissant au Japon : la location de proches.

Bien sûr, en raison de la pandémie, l'isolement et la solitude sont renforcées. Mais je crois qu'en général, la multiplication des instruments de communication renforce d'un côté la connexion avec les autres, mais aussi notre solitude de manière proportionnelle. Il y a déjà quarante ans, dans les années 80, je disais : “Plus il y aura de moyens de communication, plus nous serons seuls.” Et je crois que ce 21ème siècle sera le siècle de la grande solitude.

J'ai commencé à tourner avec beaucoup d'intensité et beaucoup de travail, mais sans équipe. J'étais mon propre caméraman. Je n'avais pas non plus de financement. J'ai écrit le script pendant que je tournais. C'était une urgence, une pression. Puis tout est devenu normal. C'est l'évidence qui m'a poussé à faire ce film. [...] Étant donné que je tenais la caméra moi même, j'étais celui qui était le plus proche de l'acteur et donc je pouvais entendre directement le son. Et, sans traduction simultanée, je reconnaissais l'authenticité du ton, ou pas. 

Alentour du film

Quand je travaille sur un film, j'imagine le film terminé que les spectateurs verront sur l'écran, et j'essaye de m'en approcher. La substance du film, le contenu, vont dicter la forme. Pour moi, ce n'est pas quelque chose de grave. Faire une œuvre de fiction ou un documentaire, cela se fait naturellement, je ne réfléchis pas très longtemps.   

Je crois que ce qui est important, c'est de ne pas toujours trop se cramponner au flux du récit. Il y a aussi un récit qui se créé dans l'esprit du spectateur. Quelquefois, les spectateurs vont un peu trop vite, ils ont envie de savoir la fin avant même qu'on ait atteint le milieu. Moi, je trouve qu'il est bon de se ménager une pause, au cours d’une séquence contemplative, par exemple. Au cinéma, nous, spectateurs, nous pouvons écouter ce qui se dit, et aussi faire entrer notre propre imaginaire dans une séquence, dans le film. C'est un récit en parallèle, invisible, qui n'est pas sur l'écran mais qui se fait et qui se déroule dans l'esprit du spectateur.

L'intégralité de l'entretien est à réécouter en cliquant sur le player en haut de page 🎧

Rediffusion de l'entretien du 25 août 2020

Intervenants
  • Cinéaste allemand
  • philosophe, enseignant, membre statutaire de l’équipe de recherches Philépol à l’Université Paris Descartes
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