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Couverture du magazine "Internazionale", "cousin transalpin" de "Courrier international", 2 mars 2018, "L'Italie vote", document illustrant l'article "L’Italie aux urnes : pagaille en vue" de Courrier International

L'Italie à la dérive

58 min
À retrouver dans l'émission

Quels sont les enjeux des élections générales en Italie, alors que le "scrutin s'annonce confus"? Quelle est la situation politique et économique du pays? Comment la question des migrants intervient-elle dans les débats? Y a-t-il un désenchantement des Italiens par rapport à l'Union Européenne?

Couverture du magazine "Internazionale", "cousin transalpin" de "Courrier international", 2 mars 2018, "L'Italie vote", document illustrant l'article "L’Italie aux urnes : pagaille en vue" de Courrier International
Couverture du magazine "Internazionale", "cousin transalpin" de "Courrier international", 2 mars 2018, "L'Italie vote", document illustrant l'article "L’Italie aux urnes : pagaille en vue" de Courrier International Crédits : Internazionale/Courrier International

"Le 4 mars prochain, les Italiens éliront leurs sénateurs et leurs députés. Cette élection viendra ponctuer un long cycle d'échéances politiques décisives en Europe, depuis le referendum sur le Brexit en 2016 aux élections catalanes fin 2017, en passant par les élections législatives en Allemagne. Dans cette longue liste, le rendez-vous italien fait figure de dernier grand « risque politique » au sein de l'Union. Les électeurs italiens vont-ils contribuer au rétablissement de la confiance en Europe ou paralyser leur pays ?" 

(Extrait de l'incipit de la note de Marc Lazar pour Terra Nova, "L'Italie à l'épreuve des élections", 9 février 2017)

Avec Marc Lazar, Directeur du Centre d'histoire de Sciences Po et président de la School of Government de l'université Luiss à Rome, professeur des universités en histoire et sociologie politique à Sciences Po. Il vient de publier Popolocrazia, La metamorfosi delle nostre democrazie avec Ilvo Diamanti. Il a également dirigé L'Italie contemporaine : de 1945 à nos jours (Fayard 2009). Il a publié différentes analyses autour des enjeux du scrutin de 2018, dont "Politique à l’italienne", Telos, 27 février 2018 et pour l'Institut Montaigne, "Elections en Italie : euroscepticisme, migrations, Berlusconi, etc. L'analyse de Marc Lazar" (20 février 2018) et il a donné une interview pour la Fondation Robert Schuman, "Italie : "Y aura-t-il une majorité parlementaire après le scrutin du 4 mars ?" (26 février 2018).

Daniel Debomy, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors, Fondateur et Directeur de l'Institut de Recherches sur les opinions publiques ( OPTEM). Il a contribué à la note récente de l’Institut Jacques Delors, “Les Italiens et l'Europe, chronique d'un désenchantement".

Marcello Messori, Professeur d’Economie à l’université Luiss à Rome et directeur de la LUISS School of European Political Economy (par téléphone depuis Rome).

Ferruccio Pastore, directeur du Fieri, le Forum international et européen de recherche sur les migrations. Il a récemment donné un entretien sur le contexte électoral tendu en Italie et la question des migrants pour Politico.

La chronique d'Eric Chol de Courrier International

Eric Chol Directeur de la Rédaction de Courrier International

Qui est Luigi Di Maio, chef du premier parti politique italien ?  

Luigi Di Maio qui a succédé à Beppe Grillo à la tête du mouvement 5 étoiles avait, il y a encore quelques jours, le vent en poupe, sa formation pointant en tête des sondages. Mais depuis, les médias ont révélé une sombre histoire de remboursement d’indemnités parlementaires, qui pourrait lui couter quelques points électoralement. Ce qui n’a  pas empêché Luigi Di Maio de continuer à faire campagne pour faire le plein des voix. Le journaliste du Corriere de la Serra l’a suivi jusque dans sa ville natale de Pomigliano D’Arco, à coté de Naples. 

Celui que l’on surnomme Giggino rassemble « une foule tellement grande, nous dit le journal, que les agents de sécurité et les policiers sont contraints de fermer les grilles en laissant quantité de fans à l’extérieur ».  

Cette forte popularité s’explique aisément, rapporte le Corriere della Serra, 

car « tous viennent saluer le guaglione, -le gamin du pays en napolitain- qui pourrait finir premier ministre ».

Un engouement qui agace prodigieusement ses rivaux. Silvio Berlusconi parle de Luigi Di Maio comme la « Miss Meteo de la politique », pour sa « jolie tête »à la télévision et la "nullité" de son expérience.  Les médias ne sont guère plus tendres avec ce fils d’un promoteur immobilier et d’une professeur d’italien et de latin, qui, à 31 ans, peut se targuer d’un parcours politique éclair, qui l’a propulsé à la vice-présidence de la Chambre des députés. Il est souvent raillé pour ses bévues ou pour ses tweets. Inversement, le journal Linkiesta juge 

« Di Maio comme le seul parmi les candidats au poste de premier ministre à pouvoir se présenter comme un citoyen lambda, un homme du peuple ».  

A droite, un autre se voit lui aussi premier ministre, c’est le leader de la ligue du nord, Matteo Salvini. 

C'est celui que la presse italienne surnomme « l’autre Matteo », pour ne pas le confondre avec Matteo Renzi. Matteo Salvini a connu lui aussi une ascension météorite, au point de former aujourd’hui cette « alliance acrobatique », selon le journal Il Foglio, avec Forza Italia et Fratelli d’Italia, c’est à dire un parti post-fasciste . 

"Une alliance tellement contre-nature qu'elle devrait faire fuir les électeurs à toutes jambes, et pourtant, elle semble attirer les voix",  poursuit le journal.  

Et si le parti de Berlusconi devance celui la Ligue du Nord, l’écart s’est resserré, et  certains imaginent déjà  Salvini en futur Président du conseil italien. Ce qui serait une consécration pour ce quadragénaire : depuis qu’il a pris les manettes de la ligue du Nord en décembre 2013 il a changé du tout au tout la ligne du parti : la ligue ne s'adresse plus seulement au Nord du pays (la "Padanie"), mais à toute l’Italie . Un chemin qui va  "de l'indépendantisme au nationalisme", résume l’Espresso qui ajoute :  

«Avec  comme liant, la guerre totale à l'immigration ».  

Car c’est vrai, Matteo Salvini cultive les images fortes. Par exemple, ses "felpe"  - les sweatshirts qu'il a l'habitude de porter pour se donner l'air populaire, souvent avec un message écrit dessus-  ou encore les "ruspe", les pelleteuses avec lesquelles il avait envisagé de démonter un camp rom et qui sont devenues un symbole de la "manière forte".  Comme Silvio Bersluconi, Matteo Salvini vient de Milan, et tout comme l’ex-Président du Conseil, il est convaincu que dimanche soir, ce sera lui. Peut-être, mais Il foglio s’interroge :

« Qui sera le Premier ministre  de cette alliance, si elle l’emporte ? Salvini, ou l’un des hommes de Berlusconi ? ».  Surtout,  remarque le journal italien, cette  alliance est « nourrie de mauvaise foi réciproque ». Pour le moment, elle tient. “Mais après le vote, que se passera-t-il ?” se demande Il Foglio.   

Salvani ou Di Maio sont deux candidats proches de Poutine.  

On a beaucoup parlé d’interférence de la Russie dans les précédentes élections, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, mais en Italie, remarque le New-York Times, la situation est un peu différente, car les candidats les mieux placés sont aussi les préférés du Kremlin. Pour Matteo Salvini, ce n’est pas nouveau : le leader de la ligue du Nord a même signé un accord de coopération l’an dernier avec le parti Russie Unie de Poutine, et il  proclame publiquement son admiration pour le chef du Kremlin. Le mouvement des 5 étoiles, de son côté,  soutient une ligne politique proche de celle de la Russie, rappelle le New-York Times, même si Luigi Di Maio, qui ne veut pas  apparaître comme le laquais de Moscou, a mis un peu d’eau dans sa vodka, et affirme que les Etats-Unis doivent aussi rester un allié.

Pour prolonger :

Courrier International : L’Italie aux urnes : pagaille en vue, INTERNAZIONALE - ROME, 2/03/2018 

Pierre Milza, spécialiste de l'histoire du fascisme et de l'Italie des XIXe et XXe siècles, professeur émérite des Universités à l'Institut d'études politiques de Paris, vient de nous quitter. 

- Sa  biographie de Mussolini (chez Fayard en 1999) avait reçu quatre prix et il avait consacré un livre lié à ses origines, Voyage en Ritalie, une histoire des des Italiens en France chez Payot en 2004.

- l'hommage de France Culture à Pierre Milza, Mort de Pierre Milza, l'historien qui a pensé le fascisme,28.02.2018, Par Hélène Combis-Schlumberger

Intervenants
  • professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris.
  • Directeur du FIERI (International and European Forum for Migration Research)
  • Professeur d’Economie à l’université Luiss à Rome et directeur de la LUISS School of European Political Economy.
  • Chercheur associé à l’Institut Jacques Delors, Fondateur et Directeur de l'Institut de Recherches sur les opinions publiques ( OPTEM).
  • Directeur de la rédaction de l'Express
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