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LOHR AM MAIN, GERMANY : View of election campaign billboards of the Bavarian Social Union (CSU) showing Bavarian Governor and CSU lead candidate Markus Soeder and Martin Hagen, candidate of German Free Democratic Party (FDP), 9 oct. 2018

Elections en Bavière : le malaise politique

59 min
À retrouver dans l'émission

Quels sont les enjeux des élections en Allemagne pour Angela Merkel en difficulté? Quelle est la situation politique et économique du pays?

LOHR AM MAIN, GERMANY : View of election campaign billboards of the Bavarian Social Union (CSU) showing Bavarian Governor and CSU lead candidate Markus Soeder and Martin Hagen, candidate of German Free Democratic Party (FDP), 9 oct. 2018
LOHR AM MAIN, GERMANY : View of election campaign billboards of the Bavarian Social Union (CSU) showing Bavarian Governor and CSU lead candidate Markus Soeder and Martin Hagen, candidate of German Free Democratic Party (FDP), 9 oct. 2018 Crédits : Photo by Thomas Lohnes/Getty Images - Getty

Autour de Christine Ockrent :

Claire Demesmay, responsable du programme franco-allemand à l'Institut allemand de politique étrangère (DGAP). Elle publie ces jours Idées reçues sur l'Allemagne : un modèle en question  Cavalier bleu et en 2016, elle a publié France-Allemagne par images interposées aux éditions Presses Universitaire du Septentrion

Hans Stark, Secrétaire général du Cerfa de l'Ifri et professeur à l’université de Paris IV. Il a co-dirigé avec Barbara Kunz et Stéphan Martens, L'Allemagne sur la scène internationale : en quête de stabilité dans un monde qui change, aux Presses universitaires du Septentrion (en 2017). Il vient de publier "Entre crise politique et tentative de relance européenne : interrogations allemandes", Notes du Cerfa, n° 144, Ifri, septembre 2018.

Depuis les Rendez-vous de l'Histoire de Blois, Nicolas Offenstadt, maître de conférences habilité à l'Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, il vient  de publier Le pays disparu. Sur les traces de la RDA chez Stock.

Depuis la SWR à Stuttgart, en duplex, Henrik Uterwedde, politologue, chercheur à l'Institut Franco-Allemand de Ludwigsburg. Il vientde publier l'article “Fin de partie pour Angela Merkel?  sur le site TELOS.

 ABENSBERG, GERMANY - Andrea Nahles, leader of the German Social Democrats (SPD) speaks at the annual gathering of politicians in beer tents at the Gillamoos folk fest on September 3, 2018 in Abensberg, Germany.
ABENSBERG, GERMANY - Andrea Nahles, leader of the German Social Democrats (SPD) speaks at the annual gathering of politicians in beer tents at the Gillamoos folk fest on September 3, 2018 in Abensberg, Germany. Crédits : Photo by Sebastian Widmann/Getty Images - Getty

La revue de presse d'Eric Chol, Directeur de la Rédaction de Courrier International

Le renouvellement de la classe politique est à l’œuvre, à commencer chez les Verts

Toute l’Allemagne aura les yeux braqués, demain, sur la Bavière, où les Verts pourraient en effet faire un très bon score, et l’une des raisons de cette embellie tient bien sûr aux conditions politiques locales, mais pas seulement. Ils profitent aussi du renouveau de leur parti, grace à leurs deux chefs Robert Habeck et Annalena Baerbock

« Au cours des six derniers mois, les deux dirigeants  ont montré qu’ils pouvaient trancher avec le passé, s’enthousiasme le Handelsblatt : ils ont mis fin à leurs querelles internes, et ils paraissent plus concentrés ».

Selon la journaliste, Robert Habeck en particulier est perçu comme la carte maîtresse des Verts. Selon le Handelsblatt, cet ancien parlementaire régional de 50 ans, ministre de l’environnement dans le Land du Schleswig-Holstein, possède un vrai talent pour montrer qu’il est tout autant intéressé par les succès électoraux à court terme que par faire avancer les sujets  de fond. Ce docteur en philosophie est un « realos », comme disant les allemands, c’est en tout cas l’homme qui monte. 

Chez les sociaux-démocrates, la chute du parti dans les sondages n’empêche pas l’émergence d’ambitions nouvelles

En réalité, le renouvellement a déjà commencé avec le départ de Martin Schulz et son remplacement par Andrea Nahles  en avril dernier. Comme l’écrit le Irish Times qui a lui consacré un portrait, l’homme fort du SPD est donc une femme et c’est une première, depuis plus d’un siècle et demi. Andrea Nahles n’est pas une nouvelle venue en politique, elle a rejoint le SPD, il y a trois décennies. Et lorsqu’elle était jeune députée, elle combattait les réformes néolibérales du chancelier Schroeder, pourtant lui aussi social démocrate. Depuis, elle s’est recentrée, mais cette femme de 48 ans est actuellement en perte de vitesse, engluée dans les affaires récentes du SPD. 

Elle tente de rectifier le tir, notamment avec cette interview parue dans Die Zeit, dans laquelle elle s’interroge sur le sort de la grande coalition. 

"Si les désaccords entre conservateurs continuent d’effacer tout le reste, viendra un moment où le travail que l'on fait n'aura plus de sens", dit-elle. 

Ses difficultés actuelles  profitent à d’autres. C’est le cas de Franziska Giffei, à qui la Süddeutsche Zeitung vient de consacrer un long portrait. Cette quadragénaire issue d’Allemagne de l’Est – comme Angela Merkel - est ministre de la famille dans le gouvernement Merkel. Elle affiche un nouveau style, raconte le journal, proche des gens et du terrain et on parle d’elle comme de la future potentielle maire de Berlin. Mais ca ne sera pas avant 2021. 

Et du côté des conservateurs ? 

On mesurera mieux les rapports de force lors du prochain congrès de la CDU en décembre. 

« Ce qui est en jeu, explique le Spiegel, ce n’est pas seulement de savoir qui pilotera le parti dans le futur mais aussi de voir si la CDU prendra ou non un virage à droite une fois Merkel partie ». 

Or poursuit le journal, personne ne symbolise autant cette contre-révolution que Jens Sphan. Un député de 38 ans, opposant de la chancelière, et actuellement ministre de la santé. Mais comme le relève le Spiegel, Angela Merkel a un atout dans sa poche : ses adversaires ne sont pas prêts. Même Jens Sphan le dit: 

« je suis à présent connu, mais je dois aussi être aimé ». 

Or c’est loin d’être le cas, relève le Spiegel au point que certains de ses amis s’avouent embarrassés par sa proximité avec le chancelier Sebastian Kurz. Angela Merkel, elle, mise sur Annegrett Kramp Karrenbauer, surnommée AKK et promus numéro deux de la CDU. Mais précisément le talon d’achille de cette femme de 55 ans est sa relation trop proche avec la chancelière relève l’hebdomadaire. Selon l’auteur, c’est d’ailleurs ce qui pourrait inciter certains, qui avaient jusqu’à présent réussi à cacher leurs ambitions, à postuler à la tête du parti. 

Intervenants
  • Directrice du programme franco-allemand de l'Institut allemand de politique étrangère (DGAP - Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik)
  • Secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l'Ifri (Institut Français des Relations Internationales) et professeur à la Sorbonne.
  • historien, maître de conférences à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • chercheur à l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg)
  • Directeur de la rédaction de l'Express
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