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 Le président Trump arrivant au Rose Garden à la Maison-Blanche, le 25 janvier 2019, pour annoncer une entente pour rouvrir le gouvernement pendant 3 semaines, mettant fin au blocage de 35 jours, sans obtenir le financement du mur avec le Mexique.

Trump : acte II

59 min
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Depuis les élections de mi-mandat & la victoire des Démocrates à la Chambre des Représentants, la 2e partie du mandat de Trump commence par un record : la plus longue paralysie du budget & des services fédéraux de l'histoire : 35 jours. Quel bilan dresser de 2 années de cette présidence hors norme ?

 Le président Trump arrivant au Rose Garden à la Maison-Blanche, le 25 janvier 2019, pour annoncer une entente pour rouvrir le gouvernement pendant 3 semaines, mettant fin au blocage de 35 jours, sans obtenir le financement du mur avec le Mexique.
Le président Trump arrivant au Rose Garden à la Maison-Blanche, le 25 janvier 2019, pour annoncer une entente pour rouvrir le gouvernement pendant 3 semaines, mettant fin au blocage de 35 jours, sans obtenir le financement du mur avec le Mexique. Crédits : Photographe : Al Drago/Bloomberg via Getty Images - Getty

Avec Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), historien des relations internationales, il vient de publier L’Affolement du monde : 10 enjeux géopolitiques (Tallandier). 

Par téléphone, Antony Blinken, ancien secrétaire d'État adjoint des États-Unis de 2015 à 2017 durant la présidence de Barack Obama, directeur du Centre Biden de diplomatie, éditorialiste à CNN et au NYT. 

Lauric Henneton, historien, maître de conférence à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a publié La Fin du rêve américain, chez Odile Jacob en 2017 

Par téléphone, depuis Davos, Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE. 

La chronique d'Eric Chol, Directeur de la rédaction de Courrier International

Depuis quelques semaines, Donald Trump doit composer avec une opposante de choc, Nancy Pelosi.

Le New York Times la présente comme

« la femme la plus puissante et du rang le plus élevé jamais élue dans la vie politique américaine”. 

Il est vrai que Nancy Pelosi, qui, à 78 ans, est la nouvelle présidente de la chambre des représentants, est aussi crainte qu’admirée aux Etats-Unis,  et en particulier au sein du parti démocrate, majoritaire dans cette assemblée.

“Il y a eu un bref moment dans la vie de Nancy Pelosi où elle s’inquiétait d’avoir trop de pouvoir, raconte le New-York Times. Elle avait tellement de titres au sein du Parti démocrate de Californie, dont celui de présidente, qu’elle a confié à la représentante de Louisiane, qu’elle pensait en abandonner certains. C’était en 1984 et celle-ci lui a répondu: ‘Ma chérie, aucun homme ne penserait jamais ça. Ne renonce à rien, connais ton pouvoir.’"

Plus de trois décennies ont passé, et Nancy Pelosi connaît parfaitement les arcanes du pouvoir. Comme l’écrit le New-York Times : 

« à l’époque de MeToo, cette mère de cinq enfants et grand mère de neuf petits enfants, incarne aux yeux du public le visage de l’opposition à un président qui  a remporté la Maison-Blanche en dénigrant les femmes et en versant de l’argent pour faire taire une mannequin de Playboy et une actrice de films pornographiques qui affirment avoir eu des relations extraconjugales avec lui ».

Et le moins qu’on puisse dire c’est que Nancy Pelosi n’est pas une opposante virtuelle, tant elle mène la vie dure au locataire de la Maison Blanche.

Elle lui a par exemple demandé de reporter son discours sur l’état de l’Union, comme elle en a le droit, en invoquant des raisons de sécurité liées au shutdown : le président a répliqué en annulant à la dernière minute un déplacement secret de la démocrate en Afghanistan. Puis il a voulu bluffer en annonçant qu’il prononcerait quand même son discours. 

« C’était sans ambiguité, explique le Washington Post: Trump a dit qu’il viendrait, mettant au défi Pelosi de l’arrêter . Or c’est ce qu’elle a fait : il a dû rétropédaler presque aussitôt ».

Comme le résume le New York Times, « il ne faut pas chercher Nancy » ! Un conseil qui vaut d’ailleurs pour toutes ces jeunes femmes politiques qui viennent de faire leur entrée au Congrès. 

« On pourrait être tenté d’opposer Pélosi à cette génération, mais ce serait oublier combien elles ont en commun et combien Pélosi leur a ouvert la voie et les femmes sont assez intelligentes pour comprendre qu’il est possible de toutes les admirer », résume le magazine Time.

Parmi ces jeunes députés, on voit émerger des rebelles

Parmi celles-ci, figure bien sûr, Alexandria Ocasio Cortez, « la chérie de la gauche, le cauchemar de la droite », pour le New York-Times. A 29 ans, elle est la plus jeune élue de tous les temps au sein de la chambre des représentants, ce qui ne la rend absolument pas timide. Nouveaux impôts, assurance médicale et bourses pour tous : elle dégaine ses propositions. « Ce qu’a compris Ocasio Cortez, commente le New York Times, c’est que provoquer le débat autour d’une idée, même si c’est pour la décrier, est une étape indispensable pour envisager un jour son adoption ».  C’est donc la recette qu’applique Alexandria Ocasio Cortez pour promouvoir son programme, très à gauche.

L’élue de New York n’a pas peur de creuser les déficits ou de taxer les riches jusqu’à  60 ou 70% sur les plus hauts revenus. « Pour rappel, écrit le New York Times, le taux de prélèvement le plus élevé aujourd’hui est de 37% ».  En proposant le double ou presque, Alexandria Ocasio Cortez savait qu’elle allait focaliser le débat. Ses 2,4 millions de fans sur Twitter applaudissent. Et le sujet est d’ailleurs beaucoup moins tabou qu’on ne le pensait : selon un sondage cité par le New York Times, 59% des électeurs soutiennent l’idée de monter le taux de prélèvement à 70%. Autre enseignement, même le socialisme n’est plus un gros mot : 57% des démocrates ou de leurs proches déclarent avoir une vision positive du socialisme. Et seulement 47% d’entre eux disent avoir une vision positive du capitalisme. Alexandria Ocasio Cortez a bien compris qu’il y  avait un créneau à prendre à la gauche du parti démocrate.

Intervenants
  • Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Ancien secrétaire d'État adjoint des États-Unis de 2015 à 2017 durant la présidence de Barack Obama, directeur du Centre Penn Biden de diplomatie, analyste pour CNN et éditorialiste au New York Times.
  • maître de conférences à l'Université de Versailles - Saint Quentin-en-Yvelines
  • cheffe économiste de l'OCDE
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