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Drapeaux de l’UE brandis par les militants contre le Brexit à l’extérieur du Parlement britannique le 5 déc. 2018 à Londres, alors que les députés se déchainent contre l’accord de Theresa May.

Brexit : suspense et convulsions

59 min
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Le Royaume-Uni ne sait pas comment sortir de l'Europe, ni s'il le souhaite encore. On saura le 11 décembre prochain si l'accord de divorce, signé entre les 27 membres de l'UE et Theresa May, la Première ministre britannique, est approuvé par son parlement. Quels sont les enjeux et les scénarios?

Drapeaux de l’UE brandis par les militants contre le Brexit à l’extérieur du Parlement britannique le 5 déc. 2018 à Londres, alors que les députés se déchainent contre l’accord de Theresa May.
Drapeaux de l’UE brandis par les militants contre le Brexit à l’extérieur du Parlement britannique le 5 déc. 2018 à Londres, alors que les députés se déchainent contre l’accord de Theresa May. Crédits : Dan Kitwood/Getty Images

Autour de Christine Ockrent :
Pauline Schnapper, professeur de civilisation britannique contemporaine à l’université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et membre de l’Institut Universitaire de France. Elle vient de publier “Le Royaume-Uni et le monde après le Brexit”, dans la revue Politique Étrangère, hiver 2018-2019.  Elle a également publié _ Le Royaume-Uni doit-il sortir de l’Union européenne ? (_La Documentation Française, collection Réflexe Europe, 2014).

En duplex depuis la RTÉ de Dublin, Kevin O’Rourke, professeur d’histoire économique à Oxford,  titulaire de la très prestigieuse Chichele Chair à l’All Souls College, et professeur invité à Sciences Po Paris, Il vient de publier Une brève histoire du Brexit, chez Odile Jacob.  

Mathilde Lemoine, Professeur de macro-économie à Sciences Po Paris et ancien membre du Haut Conseil des finances publiques, elle a publié avec Philippe et Thierry Madiès,  Les grandes questions d'économie et finance internationales : Décoder l'actualité (chez De Boeck Université, en 2016, 3e édition).

Vivien Pertusot, chercheur associé à l’IFRI, consultant chez BPI France. Il a publié “Brexit, un flou persistant” dans le Ramses 2019, “Les chocs du futur (Editions Dunod et Ifri).  

Par téléphone, depuis Lisbonne, Denis MacShane, ancien ministre britannique des Affaires européennes, ancien député travailliste. En 2015, il a publié,_Brexit: How Britain Will Leave Europeet en 2017, [How Britain Left Europe_](https://www.ibtauris.com/books/society%20%20social%20sciences/politics%20%20government/international%20relations/international%20institutions/brexit%20how%20britain%20left%20europe) chez IB Tauris

Theresa May, sur la sellette et le paradoxal Jeremy Corbyn, aux portes du pouvoir

La revue de presse d'Eric Chol de Courrier International

Leader of the Labour Party, Jeremy Corbyn and Prime Minister Theresa May attend the annual Remembrance Sunday memorial on November 11, 2018 in London, England.
Leader of the Labour Party, Jeremy Corbyn and Prime Minister Theresa May attend the annual Remembrance Sunday memorial on November 11, 2018 in London, England. Crédits : Photo by Victoria Jones - WPA Pool/Getty Images

En fin de course, Theresa May concentre toutes les critiques...

Il n’ y a guère que le journal conservateur The Telegraph pour lui  tresser des lauriers. Certes, le journaliste reconnaît qu’il n’est pas le plus grand fan de la Première Ministre, mais il lui tire quand même son chapeau. 

« Peut-être pensez vous qu’elle a trahi  l’idée même que vous vous faisiez du Brexit, avec son projet d’accord, écrit-il. Peut-être estimez vous qu’elle a engagé le pays sur la voie d’un désastre en s’entêtant à mettre le Brexit de toute façon en œuvre. Ou peut-être vous dites-vous, comme moi-même, qu’elle a fait de son mieux face à une tache plus qu’épineuse, voire impossible ». 

Car si elle a bien une qualité, Theresa May,  c’est sa détermination.  

« Elle a tenu bon, elle n’a pas lâché », écrit le journaliste, qui nuance quand même : « peut-être qu’elle n’y arrivera pas ».

Et c’est vrai qu’après cette semaine  horribilis  que vient de  vivre Theresa May, toute la presse britannique parie désormais sur son échec à faire passer son projet d‘accord sur le Brexit auprès des parlementaires.

Au point que le tabloïd, Daily Mirror titrait 

« l’autorité de Teresa May est en lambeaux » 

tandis que le _Guardian_évoque à travers sa prestation au Parlement 

« une première ébauche de sa propre nécrologie politique ». 

« Encore un jour d’humiliation autour du Brexit ; mais pourquoi donc Theresa May reste-t-elle si calme ? » se demande the Telegraph. Sans doute par son sens du devoir. 

James Kirkup,  journaliste au Telegraph louait encore récemment la ténacité qui anime cette femme de 62 ans, et qui tranche avec le comportement de son prédécesseur. Ainsi, écrit le  journaliste, David Cameron  commentait son départ soudain après sa défaite, lors du référendum sur le Brexit de 2016, avec la question suivante : 

«  pourquoi est-ce que je devrais me taper toute la merde ? ». 

Theresa May est plus polie, mais aussi plus courageuse. Quand elle a commenté son propre échec aux élections de l’an dernier, elle disait à ses collègues :

« c’est moi qui nous ai mis dans ce pétrin,. C’est moi qui vais nous en sortir ». 

Malgré tout, cette fois, ses jours semblent comptés et la presse ne l’épargne pas. Voici par exemple comment le Guardian parle d’elle, cette semaine: 

« Certains d'entre nous à Westminster ont longtemps cru que Theresa May était une agente dormante dont la mission était de saper son propre gouvernement. Cette théorie du complot est maintenant officiellement morte. Parce que les actions du premier ministre n’ont plus rien de secret. Elle est entièrement disposée à utiliser toutes les opportunités pour détruire sa propre crédibilité.  May s’est transformée en voyou, poursuit l’auteur de l’article du  Guardian. Une femme Terminator, dont les systèmes sont criblés de logiciels malveillants et qui est déterminé à tout détruire autour d’elle. Le gouvernement, le pays, l'univers. Mais surtout, elle-même »

Theresa May sur le départ, Jeremy Corbyn peut-il croire a ses chances ? 

A 69 ans, l’ancien rebelle du parti travailliste  n’a jamais été aussi proche du 10 Downing Street, et en même temps, rien n’est encore fait pour le chef de file du Labour, qui fait parfois figure de dinosaure de la politique : il est député de la même circonscription de Islington North depuis 1983. Dans un portrait que lui a consacré le journal the New Statesman en septembre, au moment de la convention du parti travailliste à Liverpool, le journaliste pointe bien du doigt le paradoxe incarné par Jeremy Corbyn : il est à la fois exécré par une grande partie de la classe politique et médiatique, et en même temps il est très populaire auprès de la base. 

« Tout comme le Corbyn de Westminster catalyse la colère et le mépris confus de ses détracteurs, le Corbyn en tournée est aussi un paratonnerre des ambitions, des peines et des doléances diffuses de sa base », écrit Patrick Maguire dans The New Statesman

Tout à sa tache de rassembler ces deux monde, Jeremy Corbyn a soigneusement fait l’impasse sur le Brexit, et s’est bien gardé de trop s’engager. 

« Une attitude cynique qui ne peut plus durer longtemps », juge la version britannique du Huffington Post qui poursuit :  « Meme si Corbyn parvient à obtenir des élections générales et à les gagner, il devra mettre en œuvre le Brexit et n’obtiendra sans doute pas un meilleur accord que May.» 

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