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Minsk, Angela Merkel, Francois Hollande, Petro Poroshenko and Vladimir Putin are take part in the talks on a settlement to the situation in Ukraine, 11 February 2015

Est-Ouest : les plaies de l'Ukraine

58 min
À retrouver dans l'émission

Deux ans après la signature des accords de Minsk 2 qui ont stabilisé la situation en Ukraine et alors que les violences reprennent dans le Donbass, où en est la situation du pays? Comment pèsent les relations avec la Russie et l'Europe alors que la nouvelle présidence américaine modifie l'équilibre?

Minsk, Angela Merkel, Francois Hollande, Petro Poroshenko and Vladimir Putin are take part in the talks on a settlement to the situation in Ukraine, 11 February 2015
Minsk, Angela Merkel, Francois Hollande, Petro Poroshenko and Vladimir Putin are take part in the talks on a settlement to the situation in Ukraine, 11 February 2015 Crédits : Wikicommons The Russian Presidential Press and Information Office

Depuis 15 jours à l'Est de l'Ukraine dans la région du Donbass, les violences ont repris entre les forces de Kiev et les séparatistes soutenus depuis longtemps par Moscou, tirs d'artillerie, bombardements.... des victimes de part et d'autres, destructions accrues des infrastructures, ajoutant en plein hiver, aux souffrances de plus d'un million de personnes - sans pour autant que la ligne de front ait été franchie. Deux ans, tout juste, après la signature des accords de Minsk 2 qui ont stabilisé la situation, s'agit-il d'un côté comme de l'autre, d'une sorte de test à l'intention des occidentaux et de Moscou, au moment où la nouvelle administration américaine prend langue avec le Kremlin? Comment décrypter les signaux contradictoires émis par Washington? Préoccupés par leurs propres échéances électorales, jusqu'où l'Allemagne et la France garderont-elles patience à l'égard de Kiev où les progrès en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption laissent à désirer ?

Avec Tatiana Kastouéva-Jean , Chercheur, Responsable du Centre Russie/NEI de l'Ifri. Elle a publié “Pourquoi la société russe soutient-elle la politique actuelle du Kremlin ?” dans Les Etudes du CERI, Sciences Po, n° 228-229, “Regards sur l'Eurasie”, en février 2017.

Laurent Chamontin, ingénieur, spécialiste du monde russe, il contribue au site “Diploweb” sur lequel il publie son prochain livre par chapitres, sous le titre, _Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol. _Il a également publié aux Editions de l’Aube, L’empire sans limites – pouvoir et société dans le monde russe, avec une préface d’Isabelle Facon.

Et par téléphone, depuis Kiev, Constantin Sigov, Directeur du Centre européen à l'université de Kiev et Directeur des éditions « L'esprit et la lettre ». Il a publié « Le méridien Celan-Levinas », Les Temps Modernes, 4/2016 (n° 690), p. 94-107.

et depuis Vilnius, Konstantin von Eggert, politologue, ancien éditorialiste du journal russe Izvestia daily

La chronique d’Éric Chol de Courrier International

Courrier International, HEBDO N° 1367 DU 12 JANVIER 2017
Courrier International, HEBDO N° 1367 DU 12 JANVIER 2017 Crédits : Courrier International,

Comment réagit la presse ukrainienne à la reprise des combats ?

Elle est évidemment très inquiète, à propos de la situation d’Adviika, ce gros bourg industriel qui comptait 35 000 habitants avant la guerre, et qui se situe dans la banlieue nord de Donetsk. Pour les journaux ukrainiens, c’est clair, le pilonnage par les combattants pro-russes des positions ukrainiennes sont une remise en cause des engagements russes dans le cadre des accords de Minsk.

Le quotidien Den explique par exemple

"Avdiivka ne prouve pas seulement que les bandits russes violent les accords de Minsk, mais cela constitue un motif pour continuer à agir contre la Russie en tant qu’agresseur et occupant.

Selon ce journal de Kiev, cette attaque sur Avdiivka représente, « un test pour l’Ukaine, un test pour l’Occident » .

Et c’est bien là le nœud du problème : l’arrivée au pouvoir de Donald Trump a changé la donne, analyse la presse ukrainienne, et c’est une leçon de réalité géopolitique pour le gouvernement de Kiev.

"Dans cette réalité de plus en plus insaisissable, l’Ukraine va devoir bel et bien se trouver une place, sous peine d’être broyée par le rouleau compresseur de l’Histoire" prévenait déjà le journal Ukraïnska Pravda, juste au lendemain de l’élection de Trump.

Dans ces conditions, le retour des combats avec la bataille d’Adviika ne rassure pas les éditorialistes. «Comment ont réagi les dirigeants américain et britannique ? », s’interroge Mohammad Zahoor, le patron du quotidien Kyv Post dans un long édito publié dans Osn journal mais aussi repris dans la presse étrangère. "Par un silence quasiment complet", poursuit-il.

"Pour l’Ukraine, les meilleurs espoirs d’une paix satisfaisante avec la Russie passaient par une Europe unie sur sa frontière occidentale et par un rôle de garant de la part des Etats-Unis. Mais aujourd’hui l’Ukraine est confrontée au fait que ces deux puissances occidentales, qui lui avaient donné des vraies assurances en matière de sécurité, considèrent leur promesse comme une corvée embarrassante", estime donc le patron du Kiiv Post.

Vu de la presse Russie, le ton est évidemment très différent ? ("_ Qui a provoqué la reprise des hostilités dans l’est de l’Ukraine ?", Courrier International, 2 février 2017_)

C’est la logique inverse. A lire les quotidiens moscovites, ce c’est pas le Kremlin qui a intérêt à ce que les affrontements armés reprennent dans le Donbass, mais bien Kiev. Par exemple, le journal Gazeta Ru pose la question « qui a intérêt à une détérioration de la situation dans l’Est de l’Ukraine ? ». A première vue, analyse le journal, pas Vladimir Poutine, qui bénéficie d’une conjoncture internationale favorable avec la prise de fonction de Trump. En revanche, assure le quotidien de Moscou,

"Kiev veut à l’évidence replacer la question ukrainienne à l’ordre du jour international". Et il poursuit sa démonstration: "les terrifiantes images de bombardement de villes peuplées de civils peuvent continuer à permettre ce replacement plus rapidement que de simples appels à accentuer la pression sur la Russie".

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