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Shanghai Peace Cinema par Greg Peterson/Détail couverture du Dictionnaire Asiatique chez Nouveau Monde Editions/Détail de la photo Red carpet, 81st Annual Academy Awards, Kodak Theatre, Los Angeles par  Greg Hernandez.

Jeux de rôle et soft power : l'arme du cinéma

59 min
À retrouver dans l'émission

A la veille de la 89è Cérémonie des Oscars, au-delà du palmarès et d'une manifestation sans doute très politique, Hollywood, étant, à quelques exceptions près, hostile à Donald Trump et son programme, y a-t-il une géopolitique du cinéma, dans un contexte de montée en puissance de l'Asie ?

Shanghai Peace Cinema par Greg Peterson/Détail couverture du Dictionnaire Asiatique chez Nouveau Monde Editions/Détail de la photo Red carpet, 81st Annual Academy Awards, Kodak Theatre, Los Angeles par  Greg Hernandez.
Shanghai Peace Cinema par Greg Peterson/Détail couverture du Dictionnaire Asiatique chez Nouveau Monde Editions/Détail de la photo Red carpet, 81st Annual Academy Awards, Kodak Theatre, Los Angeles par Greg Hernandez. Crédits : Wikicommons/Nouveau Monde

Aux États-Unis, le cinéma a toujours accompagné et nourri la saga nationale devenant aussi en un siècle un formidable outil de rayonnement et d'influence planétaire. Aujourd'hui la Chine et l'Inde et à une moindre mesure le Japon, la Corée du Sud et la Russie ont à leur tour compris les enjeux du soft power. La Chine surtout a investi massivement dans le cinéma achetant un prix fort des studios, bâtissant en Chine même des infrastructures pharaoniques. Comment évoluent ces rapports de force ? L'Europe et la France ont-elles suffisamment pris conscience, au-delà des satisfactions culturelles, de ces nouveaux enjeux ?

Autour de Christine Ockrent :

- Samuel Blumenfeld, journaliste au Monde. Il a publié ses entretiens avec Pierre Rissient, chez Actes Sud et avec l’Institut Lumières, en 2016, sous le titre Mister everywhere : entretiens (préfaces de Clint Eastwood et Bertrand Tavernier).

- Jean-Michel Frodon, journaliste et écrivain, professeur associé à Sciences Po Paris et à l'université de St Andrews en Écosse. Il a récemment publié New York mis en scènes chez Espaces et Signes en 2016,

- Olivier-René Veillon enseigne à l’École supérieure de commerce de Paris et à l’Université Ibéro-américaine (Mexico). Il dirige la “Mission cinéma” sous l’égide de la Délégation à l’information et à la communication de Défense (DICoD). Il a notamment publié Le cinéma américain (trois volumes aux éditions du Seuil).

Et par téléphone, Isabelle Glachant, productrice de films chinois (Chinese Shadows), spécialiste du cinéma asiatique, Coordinatrice de programme et Responsable du bureau UNIFRANCE de Pékin.

Et Camille Deprez, ancienne Chercheuse associée au Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC-Hongkong), après ses travaux sur Bollywood et le cinéma documentaire indien de l’époque coloniale à nos jours, elle publie en mai prochain Bombay mis en scènes (chez Espaces et Signes).

Ouvrages d'O-R. Veillon, J-M Frondon, C. Deprez & S. Blumenfeld
Ouvrages d'O-R. Veillon, J-M Frondon, C. Deprez & S. Blumenfeld Crédits : Seuil/Espaces&Signes/Actes Sud

La chronique d'Eric Chol de Courrier International

Eric Chol, Directeur de la rédaction de Courrier International revient sur la relation Chine et Hollywood...

La Chine est-elle en train de siniser Hollywood ?

C’est ce qui ressort de cette grande enquête publiée par le magazine Time sur les liens de plus en plus étroits entre Hollywood et la Chine : non seulement cette relation ne cesse de se développer, mais elle transforme aussi la façon de travailler ou de penser des studios américains. En réalité, on imagine bien que face à une Chine où 22 nouveaux écrans de cinéma ouvrent chaque jour (ce sont les chiffres de l’année 2015), où les recettes du box office ont progressé de 50% toujours en 2015 , les nababs d’Hollywood ne pouvaient pas rester inertes.

Ils ont compris que les recette du cinéma chinois vont devenir les plus importantes de la planète, devant celles de l’Amérique du Nord: en résumé, écrit le journaliste, Hollywood compte sur la classe moyenne chinoise qui ne cesse de grandir pour compenser le déclin du public américain.

Ce jackpot chinois exige toutefois des petits accommodements, souligne le journal qui précise que la puissance du box office chinois finit par imprimer sa marque sur les types de films produit par Hollywood.

"Séduire le public chinois et veiller à ne pas froisser un gouvernement chinois ultrasensible aux critiques font désormais partie des recettes hollywoodiennes", raconte le journal.

Autrement dit, il ne faudra pas compter sur Hollywood pour faire des films d’espionnage avec en toile de fond les aventures de Pékin en mer de Chine du Sud ou les activité chinoises de cyber-piratage des gouvernements étrangers.

Le magazine Time a interrogé, Rob Cain, un consultant du 7ème art et fin connaisseur du marché chinois, et celui ci explique qu’en aucun cas, il ne faut s’attendre à voir les Chinois remplacer les soviétiques d’hier dans le rôle des méchants des productions hollywoodiennes, car, confie cet expert, personne ne veut mettre en péril les liens tissés avec la Chine.

Cet essor du cinéma chinois pourrait aussi représenter une bouée d’oxygène pour les films d’art et d’essais européens ?

En effet, c’est le célèbre journal The Hollywood Reporter qui dresse cette analyse, et il s’inspire pour cela du formidable succès d’un film chinois, Black Coal réalisé en 2014 par le cinéaste Yinan Diao. Black Coal a été récompensé par un ours d’or et un ours d’argent à Berlin : ce polar, qui n’est absolument pas un film commercial, mais livre plutôt une peinture de la Chine contemporaine, a été distribué dans les salles chinoises juste après le Festival de Berlin, et il a engrangé 16 millions de dollars de recettes.

Selon le Hollywood Reporter, il s’agit d’un

"montant inconcevable jusque là pour un film d’art et d’essai dans l’empire du milieu, soumis aux lois souvent brutales du cinéma commercial".

En réalité, ce créneau des films indépendant ne cesse de progresser en Chine et il intéresse au plus haut point les professionnels européens, où le marché de l’art et d’essai est plutôt mal en point , nous explique le journaliste américain.

Et le salut des Européens pourrait effectivement venir du marché chinois, en développant des liens entre l’Europe et la chine, d’autant que Pékin est aussi à l’affût de reconnaissance internationale. Les producteurs chinois se montrent eux aussi très intéressés par ce créneau, et d’ailleurs, raconte le magazine américain, il seraient sur le point de reprendre la société néerlandaise Fortissima Films, une maison d’art et d’essai qui vient de faire faillite. Si l’affaire se faisait, ce serait le premier investissement direct par une entreprise chinoise dans le cinéma d’art et d’essai, conclut The Hollywwod Reporter.

Un grand merci aux équipes de la Documentation d'Actualité de Radio France.

Intervenants
  • Journaliste au Monde, critique de cinéma.
  • Historien et critique de cinéma
  • Chef de la "Mission Cinéma" du Ministère de la Défense. Professeur à l’École supérieure de commerce de Paris et à l’Université Ibéro-américaine (Mexico). Il a notamment publié Le cinéma américain (trois volumes aux éditions du Seuil).
  • Productrice de cinéma
  • spécialiste de la télévision et du cinéma indiens
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