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United States Trident II (D-5) missile underwater launch (image from Lockheed Martin/U.S Dep. of Defense)/Soviet MIRV drawing ( Photo Soviet Military Power Magazine , 1 Aug 1982)/North Korea's Hwasong-14/28.07. 2017

Armes nucléaires : équilibre et instabilité

1h
À retrouver dans l'émission

Tirs de missiles en Corée du Nord, modernisation des arsenaux nucléaires dans le monde, la prolifération s'accélère. Les technologies sont de plus en plus complexes. Où en est-on de l'arsenal nucléaire? Sommes-nous entrés dans une ère d'instabilité stratégique et de déséquilibre croissants?

United States Trident II (D-5) missile underwater launch (image from Lockheed Martin/U.S Dep. of Defense)/Soviet MIRV drawing ( Photo Soviet Military Power Magazine , 1 Aug 1982)/North Korea's Hwasong-14/28.07. 2017
United States Trident II (D-5) missile underwater launch (image from Lockheed Martin/U.S Dep. of Defense)/Soviet MIRV drawing ( Photo Soviet Military Power Magazine , 1 Aug 1982)/North Korea's Hwasong-14/28.07. 2017 Crédits : Wikicommons/DOD Defense Visual InfoKorean Central Broadcasting Committee (SD)

C'est un des pays les plus pauvres du monde, la Corée-du-Nord qui, d'essais nucléaires en tirs de missiles balistiques, rompt l'équilibre de la terreur dont on avait oublié la fragilité. En 2015, l'Iran avait signé l'accord encadrant le développement de son potentiel nucléaire. La Russie comme les États-Unis modernisent leurs arsenaux à tout-va. Le Bulletin des scientifiques atomistes de l'Université de Chicago l'a annoncé, fin janvier, l'horloge virtuelle (Doomsday clock) qui doit marquer à minuit la fin du monde a été avancé de 30 secondes, nous serions à moins 2 minutes de l'apocalypse. 

Voilà 3 générations que nous vivons dans un monde nucléaire avec des périodes d'augmentation de cette menace et des périodes gérées par les traités de non-prolifération de l'armement nucléaire. La doctrine de la dissuasion appartient-elle aujourd'hui au passé? Jusqu'ici avons-nous eu simplement de la chance pour éviter le pire? Comment imaginer un nouveau consensus?

Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS).

Pierre Vimont, diplomate, il a été ambassadeur de France aux États-Unis et secrétaire général exécutif du Service européen pour l’action extérieure. Il est aussi chercheur associé à Carnegie Europe.

Mohamed el  Baradei, diplomate et homme d'État égyptien. Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique de 1997 à 2009, prix Nobel de la paix en 2005 conjointement avec l'organisation qu'il dirige. 

par téléphone: Benoît Pelopidas, Titulaire de la chaire d'excellence en études de sécurité au CERI, Sciences Po – USPC

par téléphone depuis Genève, Pavel Podvig analyste indépendant à Genève, spécialiste "des Forces Nucléaires russes." Il est Chercheur Senior attaché à l'Institut de L'ONU pour la Recherche de Désarmement et chercheur attaché au Programme sur la Science et la Sécurité Mondiale à l'Université de Princeton    

La chronique de Courrier International, Eric CHOL:

La course aux armements est-elle repartie ?

Ce qu’on peut dire, c’est qu’il règne comme un parfum de guerre froide ces derniers temps entre les Etats-Unis et la Russie. L’annonce récente par le Pentagone de programmes de mise au point de nouvelles armes nucléaires relance le sujet très  sensible de la stratégie américaine, analyse l’hebdomadaire Newsweek

« Est ce que ces programmes vont renforcer la capacité des Etats-Unis à prévenir la menace nucléaire, ou à l’inverse rendre une guerre nucléaire plus probable ? » s’interroge l’auteur John Haltiwanger.

Il s’agit, pour l’un de ces projets, d’une arme nucléaire à petit rayon d’action, car, comme l’explique Newsweek, le Pentagone souffrirait actuellement d’une vrai problème : ses armes nucléaires seraient à la fois trop grandes et trop puissantes pour être utilisées, ce que savent très bien la Russie et le reste du monde.

« C’est pour cette raison que les Etats-Unis souhaitent des armes plus petites, moins puissantes, et susceptibles d’effrayer les ennemis des Etats-Unis car ces derniers estimeraient alors que ces bombes seraient plus facilement utilisables ».

Le document qui contient ces révélations n’est encore que provisoire, prévient le journal, puisque le « Nuclear Posture Review », en français l’évaluation du dispositif nucléaire le document sera officiellement publié dans sa version définitive en février par le Pentagone. Pourtant, cette réflexion traduit déjà bien les tensions qui existent entre Russie et les Etats-Unis et surtout la profonde méfiance entre les deux pays. Au passage, Newsweek rappelle que la Russie est à la tête du premier arsenal atomique du monde avec 6800 têtes nucléaires mais de leur côté, les Etats-Unis restent toujours perçus comme sans égal si l’on considère l’ensemble de la puissance militaire.

« En réalité, écrit le Washington Post, la Russie et les Etats-Unis sont en train de torpiller ce traité et de retourner à une course aux armements à laquelle ils avaient mis fin il y a une génération ». Car du côté américain, on s’inquiète beaucoup de l’activisme russe. 

« En 2014 et chaque année cette date, le Département d’Etat informe le Congrès que la Russie développe et teste des missiles sol air de croisière en violation avec le Traité, ce que démentent les Russes », rapporte le quotidien américain

Le Washington Post qui constate cette atmosphère délétère entre les deux capitales, conclut sous forme de question :  

« Vu tous les autres dangers que comportent les armes nucléaires et le risque de prolifération ces temps-ci, est-ce que cela a du sens pour la Russie et les Etats-Unis de mettre en pièce un traité qui avait réussi à nous débarrasser de toute une catégorie de missiles dangereux ? La réponse est non » affirme le Washington Post.

Coté russe, on observe le même énervement

Oui, le ministre des affaires étrangères a récemment une interview au journal Kommerzant, dans laquelle il dénonce le sentiment anti-russe qui se développe à l’Ouest. « On n’a jamais connu une telle russophobie », explique Serguei Lavrov. Et il poursuit : « ce n’était pas le cas durant la guerre froide, car il y avait certaines règles, et des convenances mutuelles. Ces convenances ont été mises de côté » insiste le chef de la diplomatie, qui estime que le « réarmement a été initié ». Au moins c’est un point sur lequel Washington et Moscou sont d’accord, mais chacune estime que  la responsabilité en incombe à l’autre.  

Intervenants
  • Politologue spécialiste de l'analyse géopolitique et stratégique, et directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique.
  • diplomate
  • prix Nobel de la Paix en 2005, diplomate égyptien et ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)
  • fondateur du programme d’étude des savoirs nucléaires Nuclear Knowledges à SciencesPo.
  • analyste indépendant à Genève, spécialiste "des Forces Nucléaires russes." Il est Chercheur Senior attaché à l'Institut de L'ONU pour la Recherche de Désarmement et chercheur attaché au Programme sur la Science et la Sécurité Mondiale à l'Université de Pr
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