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 U.S. Ambassador to the United Nations Nikki Haley holds up photos of victims of the Syrian chemical attack during a meeting of the United Nations Security Council, April 5, 2017, New York,  following the worst use of chemical weapons in Syria.

Attaques chimiques en Syrie et droit de la guerre au XXIe siècle

58 min
À retrouver dans l'émission

Représailles annoncées, suite à la dernière attaque chimique du régime d'Assad en Syrie, trois sites ont été visés par Washington, Paris et Londres. Quel est le risque d'escalade militaire face aux alliés d'Assad, la Russie et l'Iran? Comment le droit international a-t-il sombré au Proche-Orient?

 U.S. Ambassador to the United Nations Nikki Haley holds up photos of victims of the Syrian chemical attack during a meeting of the United Nations Security Council, April 5, 2017, New York,  following the worst use of chemical weapons in Syria.
U.S. Ambassador to the United Nations Nikki Haley holds up photos of victims of the Syrian chemical attack during a meeting of the United Nations Security Council, April 5, 2017, New York, following the worst use of chemical weapons in Syria. Crédits : Photo by Drew Angerer/Getty Images - Getty

Autour de Christine Ockrent : 

Jean-Marie Guéhenno, diplomate, il a été Secrétaire général adjoint des Nations Unies en charge des opérations de maintien de la paix de 2000 à 2008 et il a assisté Kofi Annan lors de sa mission en Syrie en 2012. Il a également dirigé International Crisis Group de 2014 à décembre 2017. Il a notamment publié The Fog of Peace: A Memoir of International Peacekeeping in the 21st Century  en 2015 à la Brookings Institution. 

Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris et directeur de la revue Maghreb Machrek. Il a co-dirigé, avec Stéphane Valter, Les armées du Moyen-Orient face à Daesh, MA éditions (2016) et il a publié, en 2015, La fin de l'Etat-nation ? de Barcelone à Bagdad(CNRS Editions). 

Françoise Bouchet-Saulnier, spécialiste du droit humanitaire,est directrice juridique de Médecins Sans Frontières. Elle a été consultante en droits de l'homme pour diverses ONG et directrice de recherche pour le Crash (Centre de Réflexion sur l'Action et les Savoirs Humanitaires). Elle a publié le Dictionnaire pratique du droit humanitaireen 1998 aux éditions la Découverte (nouvelle édition augmentée en 2016 avec un site dédié). 

Serge Sur, professeur émérite de l'Université Panthéon-Assas (Paris 2), Président du Conseil d’orientation du Centre Thucydide, directeur de l’Annuaire français de relations internationales (AFRI) et rédacteur en chef de la revue « Questions internationales » (La Documentation Française),  il a été directeur adjoint de l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) de 1986 à 1996. Il a publié, en 2010, Un monde en miettes – Les relations internationales à l’aube du XXIe siècle et plus récemment, « Guerre et violence armée : droit en question, politique en échec » dans Annuaire Français de Relations Internationales en 2017. 

Les armes chimiques 

La chronique de Courrier International par Eric Chol

Ce n’est pas la première fois que les armes chimiques sont utilisées dans un conflit : les Etats-Unis y ont recouru massivement pendant la guerre du Vietnam.

On a tous en tête cette photo d’une fillette nue brûlée au napalm en train de fuir sur une route vietnamienne, un jour de juin 1972. 

« Cette guerre, nous dit le New York Times, fut à bien des égards une guerre chimique. Au fur et à mesure que le conflit s’enlisait, il apparaissait évident que les armes chimiques pouvaient faire la différence ». Ces armes, ce furent le napalm, l’agent orange, l’agent CS  déversés par barils entiers, lâchés dans le ciel vietnamien entre 1961 et 1970 : « la prolifération des produits chimiques dans l’effort de guerre américain a suscité des critiques dans le monde entier, mais aussi au sein même des Etats-Unis, rapporte le New York Times

Cette pression a obligé le nouveau président Nixon à ratifier en novembre 1969 le protocole de 1925 qui prohibait les armes chimiques. Mais il a fallu attendre 1970 pour que les Etats-Unis interdisent totalement l’agent orange, qui, rappelle le journal, aura détruit les vies de milliers de Vietnamiens mais aussi d’Américains.

Depuis, la quasi totalité des pays ont signé la convention sur l’interdiction des armes chimiques, sauf 3, dont la Corée du Nord.

La Corée du Nord n’hésite pas à utiliser les produits chimiques les plus dangereux dans le monde. Ce fut le cas l’année dernière, rappelle le New York Times, quand le demi-frère du dirigeant nord Coréen Kim Jong-un, qui n’était pas en odeur de sainteté à Pyongyang,  a été empoisonné à l’aéroport de Kuala-Lumpur en Malaisie, à l’aide de l’agent neurotoxique VX : comme l’écrit le journaliste du New-York Times, il ne fait pas oublier que l’arsenal militaire de la Corée du nord ne se limite pas aux armes nucléaires, même si on a beaucoup parlé d’elles ces derniers mois. On estime que Pyongyang disposerait d’un stock d’agents chimiques de guerre compris entre 2500 et 5000 tonnes, 

« ce qui pose un risque grave évidemment pour la Corée du Sud mais aussi pour la stabilité régionale », poursuit le quotidien américain. 

Selon les experts militaires, une attaque au sarin déclenchée par la Corée du Nord pourrait en effet tuer deux millions et demi de personnes  à Séoul et blesser des millions d’autres.

Il existe une organisation pour contrôler les armes chimiques, mais ses pouvoirs restent limités.

The Economist revient sur le fonctionnement de l’OIAC, l’organisation international des armes chimiques, basée à la Haye, et qui a été très occupée cette dernière décennie nous dit le journal à

« détruire des stocks d’armes chimiques en Libye, en Irak et en Syrie, mission pour laquelle elle a même reçu le prix Nobel de la Paix en 2013 ».

Mais le problème, poursuit le journal, c’est que cette organisation ne détient pas un  pouvoir exécutif indépendant. Théoriquement, un pays ayant ratifié la convention de 1993 sur l’interdiction des armes chimiques peut demander une inspection sur le territoire d’un autre pays signataire de la convention s’il suspecte la présence d’armes chimiques, mais ça ne s’est jamais produit, observe le New-York Times. En réalité, on fait appel à l’OIAC uniquement quand un pays accepte d’éliminer ses stocks. Et encore, nuance le journal, là aussi, l’agence de la Haye ne peut pas tout : on l’a vu en Syrie, où elle a coordonné le processus de destruction des armes chimiques en 2013 et 2014. Mais en 2015, les attaques chimiques ont repris, alors que l’OICA avait confirmé que toutes les armes chimiques déclarées par le pouvoir avaient été détruites. Il y a bien eu une enquête diligentée par les Nations Unies, mais la Russie a refusé d’approuver les conclusions du rapport et a mis son veto au renouvellement du mandat des inspecteurs.

Intervenants
  • Docteur en droit et en sciences politiques, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) et professeur associé à l'Université de Paris II Panthéon-Assas
  • Directrice juridique de Médecins sans frontières
  • professeur émérite de droit public à l’Université Panthéon-Assas, rédacteur en chef de la revue "Questions internationales".
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