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Un réfugié embrasse la main du Pape François, 24 mars 2016, Castelnuovo di Porto

Les chantiers du pape

59 min
À retrouver dans l'émission

Voilà 3 ans, maintenant, qu'il bénit le monde et la ville, déclenchant partout une ferveur populaire qui masque les grincements et les craquements de son Eglise. Dans le chaos du monde, le pape François impose sa simplicité et une bienveillance au-delà de sa fonction. Quel bilan et quels enjeux ?

Un réfugié embrasse la main du Pape François, 24 mars 2016, Castelnuovo di Porto
Un réfugié embrasse la main du Pape François, 24 mars 2016, Castelnuovo di Porto Crédits : REUTERS/Osservatore Romano/Handout via Reuters - Reuters

Marco Politi spécialiste italien des questions vaticanes, journaliste à La Repubblica. Il a notamment publié François parmi les loups (Rey en 2015, Points Seuil 2016)

Philippe Levillain, Membre de l'Institut Académie des sciences morales et politiques, spécialiste français de l histoire de la papauté, particulièrement au XXe siècle, il a dirigé le très célèbre Dictionnaire historique de la papauté paru en 1994 et signé plusieurs ouvrages sur ce sujet, comme Le Moment Benoît XVI (2008). Il a récemment publié La papauté foudroyée : la face cachée d'une renonciation (Tallandier 2015)

Constance Colonna-Cesari, Journaliste spécialiste du Vatican, elle a récemment publié Dans les secrets de la diplomatie vaticane (Seuil 2016).

Et par téléphone, Jean-Pierre Bastian, Professeur de sociologie des religions à l’Université de Strasbourg, directeur de recherche à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine (Paris III). Il a notamment dirigé Le monopole catholique en question, Problèmes d’Amérique latine, La documentation française, No.80, 2011. Il vient de publier  La fracture religieuse vaudoise, 1947-1960 (Labor et Fides).

Chemin de Croix, au Colisée de Rome, mené par le pape François, 25 mars 2016
Chemin de Croix, au Colisée de Rome, mené par le pape François, 25 mars 2016 Crédits : REUTERS/Max Rossi - Reuters

La chronique d'Eric Chol de Courrier International

La presse latino-américaine a consacré de très nombreux articles pour le 3eme anniversaire de l’élection de François, le 13 mars : quel jugement porte-t-elle sur ce premier pape argentin ?

Le journal colombien El Tiempo résume très bien le ton des journaux, avec cette formule :

« le pape François a fait en 3 ans ce que les autres Papes n’avaient pas réussi à faire en 30 ans ».

Et c’est vrai que le souverain pontife a gardé avec son continent d’origine une relation particulière : depuis son arrivée au Saint Siège, il s’est rendu déjà à quatre reprises sur le continent. C’est « un grand médiateur », titre l’édition d’El Pais, en Amérique Latine, qui insiste sur son rôle dans le rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis : c’est lui qui a adressé des lettres secrètes à Barak Obama et Fidel Castro, lui aussi qui a joué les bons offices en recevant en octobre 2014 au Vatican les délégations des deux pays. Le Pape s’est rendu à Cuba en septembre dernier, où entre deux messes et trois discours, il a rencontré l’ancien leader Fidel Castro.

Cuba, rencontre entre le pape François & le patriarche Cyrille, 13 fév. 2016
Cuba, rencontre entre le pape François & le patriarche Cyrille, 13 fév. 2016 Crédits : Granma / Courrier International

Même chose avec la Colombie où le journal Excelsior rappelle que le Pape a cherché à faciliter le processus de paix. Mais son activisme ne se limite pas à la diplomatie. En Amérique Latine, il est sur tous les fronts, tous les sujets. Un jour, il défend l’environnement, au point que, raconte le journal mexicain Animal politico,

« les prêtres ont intégré le changement climatique dans leur discours ».

Un autre jour, après une tournée dans 3 pays d’Amérique Latine, il demande pardon aux indigènes pour les crimes commis par l’Eglise.

On se souvient aussi de sa célèbre déclaration, peu de temps après sa prise de fonction, qu’il avait faite dans un avion en rentrant des JMJ de Rio :

« Mais qui suis-je pour juger les homosexuels ? ».

Parmi les thèmes qui lui tiennent à cœur, il y a bien sur la protection des migrants : en février, il s’est rendu à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, pour dénoncer « la migration forcée » des plus pauvres.

Pas étonnant donc que les journaux du continent, colonnes après colonnes, lui tressent des lauriers : le quotidien mexicain El Universal parle de la « révolution pacifique » qu’il a engagée, et dans son pays, le journal de Buenos Aires Ambito Financiero évoque avec lyrisme :

« Son empreinte », qui « va au-delà des murs du Vatican », « elle est chaque fois plus globale ».

Pourtant son récent voyage au Mexique a laissé une impression mitigée (Courrier International 18 fév. 2016). Si les compliments pleuvent, pour saluer un homme qui « approche les gens avec simplicité mais avec de grandes ambitions », comme le résume le journal de Bogota Semana, il arrive que ces grandes ambitions restent lettre morte. Et c’est le sentiment qui s’est dégagé après sa visite au Mexique en février, un moment très attendu, mais qui n’a pas convaincu, selon le journal Processo :

Visite du pape François au Mexique, Dessin d'Arcadio, Costa Rica, 18 fév. 2016
Visite du pape François au Mexique, Dessin d'Arcadio, Costa Rica, 18 fév. 2016 Crédits : Arcadio / Courrier International

« On dirait que le pape François a choisi de ne pas poser les problèmes au gouvernement d’Enrique Pena Nieto, à la hiérarchie ecclésiastique, au pouvoir économique, ni aux médias qui ont transformé sa visite dans un spectacle où tout peut donner lieu à du merchandising »

Pour prolonger :

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