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V. Poutine. Kim Jong-un et Moon Jae-in / Le tigre et l'ours, les mascottes des JO de PyeongChang, en Corée du Sud : l 'équipe féminine de hockey sur glace de Corée, qui compte des joueuses du Nord et du Sud, c'est une première dans l'Histoire des JO.

Les deux Corées et Moscou : J.O et politique

59 min
À retrouver dans l'émission

Y a-t-il une trêve olympique entre la Corée du Sud et la Corée du Nord ? Kim Jong-un est-il le gagnant et Vladimir Poutine, le perdant de la partie politique des Jeux Olympiques de PyeongChang ? Depuis leur résurrection par Coubertin, les JO mêlent sport, passions nationalistes et enjeux financiers.

V. Poutine. Kim Jong-un et Moon Jae-in / Le tigre et l'ours, les mascottes des JO de PyeongChang, en Corée du Sud : l 'équipe féminine de hockey sur glace de Corée, qui compte des joueuses du Nord et du Sud, c'est une première dans l'Histoire des JO.
V. Poutine. Kim Jong-un et Moon Jae-in / Le tigre et l'ours, les mascottes des JO de PyeongChang, en Corée du Sud : l 'équipe féminine de hockey sur glace de Corée, qui compte des joueuses du Nord et du Sud, c'est une première dans l'Histoire des JO. Crédits : Wikicommons/CIO des JO/M.Moneghetti

- Antoine Bondaz, enseignant à Sciences-Poet chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Il a été Chercheur invité à la Korea University. Il a publié avec le photographe, Benjamin Decoin, Corée du Nord : plongée au coeur d'un Etat totalitaire, aux éditions du Chêne, en 2016.

En duplex, depuis France Bleu Normandie, Patrick Clastres, professeur à la Faculté des sciences sociales et politiques de l'Université de Lausanne, directeur du Centre d'études olympiques & de la globalisation du sport (ISSUL). Il a publié Jeux Olympiques : un siècle de passions (Les Quatre Chemins, Musée national du sport, en 2008) et il a édité les Mémoires de jeunesse de  Pierre de Coubertin (chez Nouveau Monde en 2008).

Depuis Genève, Jérôme Gygax, chercheur associé à la fondation Pierre du Bois pour l’Histoire du temps présent. Il a notamment publié Olympisme et guerre froide culturelle, Le prix de la victoire américaine, L’Harmattan, 2012.

Depuis Lyon, Jean Radvanyi, professeur des universités à l'INALCOoù il co-dirige le CREE (Centre de recherches Europes-Eurasie).  Il a publié avec Marlène Laruelle La Russie, entre peurs et défis(Armand Colin, 2016) et aussi  Retour d'une autre Russie : une plongée dans le pays de Poutine (Le Bord de l’eau en 2013).

La chronique d'Eric Chol de Courrier International

Eric Chol, Directeur de la Rédaction de Courrier International

Le feuilleton de l’interdiction ou non des athlètes russes de participer aux JO a tenu en haleine la presse de Moscou, pendant des mois, jusqu’au jour même de l’ouverture des Jeux de Pyongchang... 

Et les journaux n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer les décisions du Comité International Olympique, et, en particulier, la dernière en date, dans laquelle l’instance olympique a décidé de s’opposer au verdict du tribunal arbitral du sport, qui avait finalement disculpé les athlètes russes et leurs entraineurs accusés de dopage.

Ainsi, écrit par exemple le quotidien Nezavissimaïa Gazeta, 

« le CIO n’a foi qu’en ses intimes convictions. Tout porte à croire qu’il a décidé de sanctionner coûte que coûte les autorités et les athlètes russes. Est-il seulement intéressé par la vérité ? », s’interroge le journal. 

Et c’est vrai que ce dernier coup de théâtre n’a pu qu’accentuer le choc que représente pour les Russes l’exclusion de leur pays des JO de Pyongchang.

Même Vladimir Poutine a fait part de son émotion en recevant il y a quelques jours les athlètes dans sa résidence de Novo Ogarevo. 

« Pardon de ne pas avoir pu vous protéger », leur a-t-il dit. 

Et le quotidien Moskovski Komosomolets rapporte que ce jour là, l’assistance sportive a été très émue par le soutien du président, le journal soulignant qu’il y avait de quoi : 

«  A qui le président a-t-il jamais demandé pardon publiquement ? » questionne le journaliste. 

Excuse ou pas, ce qui est certain, c’est que la décision prise le 5 décembre par le CIO d’exclure des JO 2018 la Russie en tant que nation pour dopage institutionnel ne passe pas : comme l’écrivait Moskovski Komsomolets

« on fait tout pour convaincre la Corée du Nord de participer, mais on nous taille de la liste des sportifs olympiques de Russie ». 

Cette exclusion dépasse l’enjeu sportif, elle touche aussi la Russie  le pays dans ses valeurs. 

C’est ce qu’explique un journaliste du site d’information russe Republic, qui écrit : 

« la nouvelle a frappé la nation en plein cœur ».

Pour comprendre l’ intensité du mal, il ne faut pas oublier, écrit le journal, qu’ « avec Poutine, il y a le sport ». 

Car Poutine, rappelle le journal, c’est  « Un homme soviétique, né en 1952 qui a grandi au son de l’hymne soviétique des jeux olympiques, qui était pour les nôtres lors des Super séries de hockey sur Glace et qui a probablement versé une larme, lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Moscou ».  

C’était en 1980. 

A l’époque, le sport représentait dans la sinistrose soviétique ambiante « la seule tache de couleur , un espace de réalité où s’exprimaient des passions authentiques », rappelle le journal. 

Pour Vladimir Poutine, à la fois judoka et jouer de hokey sur glace, « le statut de grande puissance sportive est ce qu’il pouvait imaginer et comprendre le mieux ». 

Aujourd’hui, le résultat est là: « presque vingt ans après son accession au pouvoir, écrit le journaliste, il y a assez de sportifs députés pour constituer un groupe parlementaire, et les différents championnats et jeux olympiques forment un impressionnant récit épique »,. Au point, poursuit le site d’information Republic, qu’ « en Russie aujourd’hui nous n’avons pas de citoyens mais des supporters ».

La Russie, une nation de supporters : si on comprend cette idée, on comprend alors pourquoi  l’exclusion de la Russie des Jo est, selon le site Republic

« non seulement un événement sportif et politique mais existentiel, qui ébranle l’essence même de la nation ».

Intervenants
  • chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique, enseignant à Sciences-Po
  • professeur d’histoire du sport à l’Université de Lausanne au sein de la Faculté des sciences sociales et politiques (ISSUL)
  • géographe, professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et membre du conseil scientifique de l’Observatoire franco-russe.
  • Historien
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