LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le Premier ministre de l'Italie Matteo Renzi pendant une conférence de presse à Rome, le 7 avril 2016.

Les enjeux du référendum en Italie

59 min
À retrouver dans l'émission

Quels enjeux pour le pays et l’Europe ? La 3e économie de la zone euro est en mauvais état. Après le Brexit court-on le risque d’une autre déstabilisation majeure ?

Le Premier ministre de l'Italie Matteo Renzi pendant une conférence de presse à Rome, le 7 avril 2016.
Le Premier ministre de l'Italie Matteo Renzi pendant une conférence de presse à Rome, le 7 avril 2016. Crédits : Remo Casilli - Reuters

« Donnez-moi 1000 jours et je changerai le pays ! » Matteo Renzi, le président du Conseil italien est au pouvoir depuis 1015 jours, et demain se joue pour lui un véritable quitte ou double. Le référendum qui doit décider de son projet de réforme en profondeur des institutions qui asphyxient le fonctionnement du pays, risque de tourner au plébiscite : pour ou contre sa politique et plus encore, pour ou contre sa personne.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, toutes les forces politiques sont contre. À en croire les sondages, l’opinion publique est désabusée, le mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo est devenu le 1er parti du pays, le jour où l’Autriche doit choisir son président. L’Italie va-t-elle être emportée par la vague populiste ? Quels scénarios en cas de victoire ou de défaite ?

Autour de Christine Ockrent :

Marc Lazar, Professeur d'histoire et de sociologie politique, Directeur du Centre d’Histoire de Sciences Po (CHSP) et Président de la School Of Government de l’Université Luiss à Rome. Il vient de publier sur le site The Conversion, un article, intitulé "Référendum en Italie : le quitte ou double de Matteo Renzi" le 2 décembre 2016". Mais aussi : L'Italie sur le fil du rasoir : changements et continuités de l'Italie contemporaine, chez Perrin.

Mathilde Lemoine, Chef économiste d'un groupe financier international. Membre du Haut Conseil des Finances Publiques, Professeur de macroéconomie à l'Institut d'Études Politiques de Paris. Elle a publié cette année, avec Philippe et Thierry Madiès, Les grandes questions d'économie et de finance internationales : décoder l'actualité chez De Boeck.

Rafaelle Simone, Linguiste et philosophe, Professeur de linguistique à l’Université Rome 3. Il a publié cette année Si la démocratie fait faillite chez Gallimard.

Raffaele Simone, Si la Démocratie fait faillite
Raffaele Simone, Si la Démocratie fait faillite Crédits : Gallimard

La chronique d'Eric Chol de Courrier International

Eric Chol, Directeur de la rédaction de Courrier International, présente la campagne de Matteo Renzi vue par les médias Italiens et par la presse britannique. Pour convaincre les italiens de voter Oui, le premier ministre n’a pas ménagé sa peine…

  1. Si on voulait résumer la communication de Matteo Renzi, on pourrait parler des" recettes de grand mère du premier ministre". Des recettes mises en image avec des vidéos de campagne. Sur l’une , on voit un panel d’Italiens expliquer pourquoi ils vont voter oui au référendum de dimanche: ils votent oui pour un Parlement plus rapide , pour réduire les coûts du système politique, pour diminuer la bureaucratie. Et après chaque intervention, on voit une vielle dame répéter ; « Se voti no, non cambia nulla », si tu votes non, rien ne changera ». Et de glisser, au sujet de ses détracteurs et des pourfendeurs de sa réforme : Je suis très libre et tranquille. Nous sommes en train de raconter une histoire, celle d’une Italie qui peut y arriver, qui y croit, qui ne passe pas son temps à se plaindre. Moi, pour faire de la politique, j’ai besoin d’un objectif. D’autres ont besoin d’un ennemi.”
  2. Cette vidéo un peu particulière a fait le buzz, mais pas forcément dans le sens qu’espérait le chef du gouvernement: le Corierre della Serra par exemple explique que si Matteo Renzi remporte le référendum, on parlera longtemps de ce type de communication fondée sur une contradiction : une forme simple, voire simpliste, écrit le journal, pour un thème compliqué. Le quotidien milanais ajoute que c’est principalement aux indécis que s’adresse cette vidéo, car comme l'écrit le journal, « comme on dit en latin, "repetita iuvant," la répétition aide, et les électeurs pourraient bien se laisser convaincre à force d’entendre que s’ils votent non, rien ne changera ». En attendant, ce comique de répétition a inspiré de nombreuses parodies.
  • Italie. Matteo Renzi : “Non, je ne suis pas une rock star”, EUROPE, ROLLING STONE - MILAN : “Je me considère comme quelqu’un de très simple, l’anti-rock star par excellence”, assure le Premier ministre italien Matteo Renzi. Le chef du gouvernement italien n’en fait pas moins la une de l’édition italienne du prestigieux magazine musical Rolling Stone. À quelques semaines d’un référendum constitutionnel sur lequel il joue son avenir politique, Renzi, qui a fondé sa communication sur sa jeunesse (il a 41 ans) et son volontarisme, se prête volontiers au jeu d’un shooting digne d’un acteur... Renzi conteste le terme de “star”, répétant dans l’interview accordée au magazine qu’il est un “garçon simple, de la périphérie, un boy-scout”. Et que, “le moment venu”, il redeviendra “un citoyen parmi les citoyens”, contrairement aux innombrables “politiciens sans date de péremption” que compte le pays.

  • La presse britannique, elle, a des doutes sur la force de conviction de Renzi : Le Financial Times a publié un article qui montre les faiblesses de cette communication de Renzi. « Il est peut être un jeune premier ministre et très friand de réseaux sociaux, raconte le journal, mais il a visiblement échoué à séduire les jeunes » . C’est en tout cas ce que révèlent les enquêtes d’opinions. « C’est frappant et presque paradoxal, continue le journaliste du Financial Times, pour un premier ministre qui est arrivé au pouvoir en février 2014 avec une dynamique de la jeunesse, visant à transformer le système politique rigide italien ». En réalité, ce désamour chez les jeunes s’explique facilement explique le journal : « il est lié au fardeau disproportionné que la récession a fait supporter à la jeunesse italienne » . Pas étonnant, conclut le journal, que « la jeune génération canalise son désenchantement vers mouvement anti-establishement 5 étoiles., qui fait campagne pour le non au référendum ».

Intervenants
  • professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris.
  • Linguiste et philosophe, Professeur de linguistique à l’Université Rome 3.
  • Economiste et cheffe économiste du groupe Edmond de Rothschild
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......