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Londres, 30 StMary Axe, by A.Guichard/Boston, Hubway bikes, by L.Oliveira/Newport News Virginia, Green Roof, by R.Somma/Singapore, by Someformofhuman/Dubai mall, by Shahroozporia/Lagos, U.Ryttgens/Syrian Refugees Welcome, Vienna, 2015

Les villes intelligentes

57 min
À retrouver dans l'émission

"Etat dans l'état"? Jusqu’où la technologie creuse-t-elle l’écart entre "urbains" et "ruraux"? L’intelligence artificielle peut-elle contribuer à les atténuer?

Londres, 30 StMary Axe, by A.Guichard/Boston, Hubway bikes, by L.Oliveira/Newport News Virginia, Green Roof, by R.Somma/Singapore, by Someformofhuman/Dubai mall, by Shahroozporia/Lagos, U.Ryttgens/Syrian Refugees Welcome, Vienna, 2015
Londres, 30 StMary Axe, by A.Guichard/Boston, Hubway bikes, by L.Oliveira/Newport News Virginia, Green Roof, by R.Somma/Singapore, by Someformofhuman/Dubai mall, by Shahroozporia/Lagos, U.Ryttgens/Syrian Refugees Welcome, Vienna, 2015 Crédits : Wikicommons

Avec Cécile MAISONNEUVE, Présidente de La Fabrique de la Cité, conseiller pour le Centre Énergie de l'Institut français des Relations Internationales (IFRI) et membre du comité scientifique de l’Institut AMS (Amsterdam Institute for Advanced Metropolitan Solutions).

Francis JUTAND, Fondateur du pôle CapDigital et directeur général adjoint de l'Institut Mines-Télécom. Ildirigé l’ouvrage collectif La métamorphose numérique: vers une société de la connaissance et de la coopération, publié en 2013, aux Editions Alternatives.

Par téléphone, depuis Chicago, Carlo RATTI, Directeur du MIT Senseable City Lab, l'un des principaux centres de recherche mondiaux sur la ville et les nouvelles technologies. Il a coécrit avec Matthew Claudel, le livre The City of Tomorrow: Sensors, Networks, Hackers, and the Future of Urban Life, publié en 2016 aux éditions Yale University Press.

Et par téléphone, depuis Bordeaux, Laurent FOURCHARD, Directeur de recherche à Sciences Po, historien et Politiste au CERI, il a été directeur de l’Institut français de recherche en Afrique (IFRA) au Nigeria de 2000 à 2003. Il a publié l’article "Engagements sécuritaires et féminisation du vigilantisme en Afrique du Sud", en 2016 pour la revue Politix.

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- La chronique de Courrier International, Eric CHOL

Eric Chol

La ville monde est devenue un concept très à la mode, sous la plume d’une experte africaine, la ville-monde est perçue cependant de façon critique. Le regard est beaucoup moins enthousiaste pour les mégalopoles…

Dans un article paru sur le site The Conversation, signé par Melissa Tandiwe Myambo, une auteur originaire du Zimbabwe. Pour cette chercheuse à l’université de Johannesburg, les « villes monde » sont en réalité des fabriques d’inégalités spatiales, à mesure que le processus de gentrification des villes déplace les habitants. Elle cite l’exemple d’un quartier de Johannesburg, nommé Maboneng qu’elle a visité. « La première chose que j’ai vue en sortant d’un taxi, raconte-t-elle, c’était une publicité pour une bière artisanale, très appréciée par les hipsters. Les tables sur les trottoirs était remplie de jeunes gens en train de déguster des pizzas cuites au feu de bois et de jouer avec leur téléphone portable. On aurait pu se croire à Los Angeles ou dans à Londres, mais non, on était à Maboneng, à Johannesburg ».

Ce quartier, explique-t-elle, a émergé dans une banlieue ouvrière de Johannesburg, et il s’est développé très rapidement depuis 2009. Mais alors que ses environs sont encore largement occupés par une population noire à bas revenu, Maboneng est devenu une sorte de micro-espace, avec ses bars, ses restaurants branchés, ses espaces de travail créatifs, ou ses lofts. Cette gentrification qui est à l’oeuvre dans les grandes villes, à Johannesburg, à Accra, ou au Cap, a pour effet, nous dit l’auteur, de repousser les habitants les moins aisés vers la périphérie en quête de logements abordables. Pour Melissa Tandiwe Myambo on est en train de créer ni plus ni moins un nouveau type d’apartheid. Un apartheid, qui, selon elle, ne repose plus sur des causes raciales, mais qui aboutit à une ségrégation socio-économique marginalisant les classes les plus pauvres. Et l’auteur conclut en appelant à revoir la définition des villes monde pour rendre celles-ci plus inclusives.

La ville monde est aussi un sujet de débats dans la presse internationale, les avis étant souvent tranchés selon l’endroit d’où l’on parle.

Par exemple pour le Straits Times, quotidien de Singapour, il n’ y a pas d’hésitation : la ville monde, c’est bien le modèle gagnant pour la région Asie Pacifique. Une partie de la planète où, nous rappelle le journal, l’urbanisation est galopante. Ainsi le nombre de citadins représentait en 2015 56% de la population chinoise, contre 31% en 1995. En Indonésie on est passé dans la même période de 36 à 54% d’urbains, et c’est la même chose en Thaïlande. Or précisément, explique l’auteur, cet essor des villes offre une opportunité unique à ces pays pour mieux tirer profit de leurs atouts démographiques.

Thangavel Palanivel, qui signe donc cet article dans le Straits Times, maîtrise parfaitement son sujet : il est le chef économiste pour l’Asie Pacifique auprès du Programme des Nations Unies pour le développement. Et selon cet expert, les villes abritent en proportion plus de jeunes et d’actifs que les campagnes, elles sont aussi des lieux plus attractifs pour les femmes, toujours en comparaison avec les zones rurales où les opportunités sont plus limitées.

Face à ce phénomène d’urbanisation, prévient l’auteur, les défis sont immenses, qu’il s’agisse de la persistance de la pauvreté et des inégalités urbaines ou de la pollution. Et pourtant, poursuit l’auteur, quand on voit la transformation d’une ville comme Singapour, on a de bonnes raisons de rester optimiste : la Cité Etat se classe au premier rang des villes vertes d’Asie, elle offre le meilleur environnement pour les affaires et elle est le meilleur endroit pour résider. Or Singapour était autrefois une ville connue pour ses rivières souillées, ces infrastructures envahissantes ou son manque de logements. « Le succès de cette ville est clairement un témoignage de ce qui est réalisable », veut croire l’auteur.

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