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Un agent de santé mesure la dose de vaccin antipaludique à Ndhiwa, comté de Homabay, dans l'ouest du Kenya, le 13 septembre 2019, lors du lancement du vaccin antipaludique Mosquirix au Kenya.

Pandémies : les moyens de la lutte, avec Bill Gates

58 min
À retrouver dans l'émission

Le 10 octobre, le Fonds mondial, qui lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose, réunit la communauté internationale à Lyon pour collecter 14 milliards de dollars. Mais les moyens sont-ils suffisants pour éradiquer ces épidémies ? Entretien avec Bill Gates, créateur de la Fondation Gates.

Un agent de santé mesure la dose de vaccin antipaludique à Ndhiwa, comté de Homabay, dans l'ouest du Kenya, le 13 septembre 2019, lors du lancement du vaccin antipaludique Mosquirix au Kenya.
Un agent de santé mesure la dose de vaccin antipaludique à Ndhiwa, comté de Homabay, dans l'ouest du Kenya, le 13 septembre 2019, lors du lancement du vaccin antipaludique Mosquirix au Kenya. Crédits : Brian Ongoro - AFP

« 14 milliards de dollars ». C’est l’objectif que vise le Fonds Mondial pour son prochain cycle de trois ans, à l’occasion de la grande collecte que l’organisation met en place à Lyon, le 10 octobre prochain. Un moment crucial dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme puisque la communauté internationale s’est engagée à en finir avec ces trois épidémies d’ici 2030. Dans ce combat de grande envergure, la Fondation Gates joue un rôle central. L’ancien PDF de Microsoft est à la tête, avec son épouse, de la plus grande structure caritative du monde, avec une dotation qui s’élève à plus de 50 milliards de dollars.

Invité exceptionnel de Christine Ockrent, le deuxième homme le plus riche du monde annonce la publication prochaine d’un livre sur l’environnement et assure : 

La lutte contre le réchauffement climatique est un défi primordial. Une des priorités réside dans l’aide destinée aux pays pauvres qui en souffrent le plus. De plus en plus de pays s’engagent et prennent des mesures fortes. Mais beaucoup reste à faire. Personne ne doit rester en retrait.

Face aux décisions à court-terme des gouvernements du monde et les inégalités croissantes, quelle place doit avoir la Fondation ? Bill Gates explique : 

Nous pouvons aider et accompagner les innovations dans la lutte contre les pandémies, mais ce sont aux pays d’agir et d’aller vers une plus grande coopération. Je reste optimiste.

La personnalité et le parcours de Bill Gates se retrouvent dans de nombreux titres de presse. Hamdam Mostafavi, rédactrice en chef du Courrier international, y consacre sa chronique. 

La Chronique du Courrier International 

"Bill Gates, c’est l’un des premiers visages à incarner la révolution de l’ordinateur personnel”, ​écrit le Wall Street Journal​. Le quotidien américain rappelle que le cofondateur de Microsoft était l’enfant prodige des logiciels dans les années 90, milliardaire à 31 ans. Dans les années 90, il a été très critique pour son monopole sur le marché de l’informatique. Maintenant, à 63 ans, et 19 ans après avoir abandonné le poste de PDG de Microsoft, il est connu pour son investissement massif pour tenter de résoudre des problèmes insolubles à l’échelle globale, à travers sa célèbre fondation. Et évidemment Bill Gates, ​comme le rapporte le magazine Forbes,​c’est une des plus grandes fortunes du monde, aujourd’hui la deuxième derrière Jeff Bezos, le patron d’Amaeon et devant son ami l’homme d’affaires Warren Buffett selon le classement annuel établi par le journal. 

“​C’est au tournant des années 2000 que Bill Gates se lance dans une nouvelle mission : la philanthropie”, ​rappelle le site de Radio Canada​. Il s’engage avec sa femme Melinda Gates dans une œuvre caritative afin d’encourager les innovations en matière de santé et d’éducation. La Fondation Bill et Melinda Gates devient alors l’organisation philanthropique la plus importante du monde, dotée d'un fonds de 30 milliards de dollars, issu de la fortune du couple, note le site canadien. Comme le pointe le site de la chaine CNBC​, “Bill Gates est un homme qui prend des risques, notamment quand en 2013 sa fondation s’est lancé dans un des projets les plus ambitieux jamais posé en matière de santé publique : éradiquer la polio. Et ses paris se sont révélés gagnants”, affirme le site, alors que la fondation, qui opère des programmes dans une centaine de pays, est aussi impliquée dans la lutte contre la malaria, le sida, et en faveur de l’éducation, notamment des filles.  

Oui, ​comme le souligne le site Vox​, Bill Gates et Warren Buffet, deux des plus grand philanthropes du monde, sont ceux qui permettent à eux seuls l’accès à la contraception dans certaines parties du monde. Le site américain note que dans le domaine de la santé des femmes en particulier, les fondations jouent un rôle crucial, là où les gouvernements refusent parfois de s’impliquer. 

Outre Gates et Buffett, dans le top 10 des philanthropes de la santé, on trouve une très grande majorité de fondations américaines,​ d’après le classement établi par le site spécialisé américain Devex​. Le site évoque la fondation William et Flora Hewlett, spécialisée dans les projets qui lient amélioration des conditions de vie et impact environnementale, la fondation Ford, une des plus grandes du monde, présente dans 50 pays ou encore la fondation ​John D. and Catherine T. MacArthur, focalisée elle aussi sur le développement humain et qui investit surtout dans quatre pays, Inde, Mexico, Nigeria et Russie. 

​Autre fondation célèbre, c’est celle de George Soros et Open Society, plus impliqué sur les questions de gouvernance et démocratie, mais qui intervient également dans la santé. Ce qui est certain, note Devex, c’est que ces dernières années, la philanthropie, et en particulier celle des riches américains, finance des projets en matière de santé et de développement humain à l’échelle mondiale. Pour le site, ces fondations privées jouent un rôle de plus en plus important à la fois dans l’échelle de leurs dons, et surtout leur capacité à décider de l’agenda sur les questions de développement, en mettant en avant telle ou telle question." 

Ce qui différencie les épidémies des pandémies, c'est l'échelle. Jean-Claude Manuguerra, directeur de l’Unité Environnement et Risques Infectieux et responsable de la Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence à l’Institut Pasteur, rappelle quelques chiffres : 

La pandémie est une queston d'extension géographique : elle a pour définition de sévir partout sur le globe. La tuberculose tue 1.3 millions de personnes par an, le VIH 900 000 individus par an et, il faut le rappeler, la grippe H5N1 a davantage tué que Ebola. Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est que les épidémies ont gagné les villes, notamment les capitales dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. La deuxième plus grande épidémie en RDC dure depuis plus d'un an. 

Face à ces pandémies, les organisations internationales comme le Fonds mondial apporte financements, soutiens logistiques, médicaments et vaccins. Le Dr Corine Karema, médecin et responsable du Programme du contrôle et d’élimination du Paludisme à l’Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (Alma), détaille ce qu'a pu apporter le Fonds mondial sur le terrain. 

60% des financements contre le paludisme viennent du Fonds mondial. Depuis 2002, ces efforts financiers ont permis de sauver plus de 32 millions de vies. Le taux de mortalité lié au paludisme a chuté de 60%. Treize million d'enfants de moins de 5 ans ont reçu de interventions contre le paludisme.

Au-delà des questions de la hauteur des financements, la manière dont ils sont gérés et contrôlés par des institutions indépendantes doit aussi être creusée, comme le note Nathalie Ernoult

On connaît le virus Ebola depuis quarante ans, pourtant il n'y a pas du tout eu de recherches précises à ce sujet durant ces années. Ce n'est qu'à partir de 2014 que l'on a vu des produits sortir. On demande beaucoup plus de transparence sur les instances de décision et de recherches.

Ce manque de transparence est à lier avec un retard dans les systèmes d'alertes. Cette question interroge les structures d'acheminement des soins tout comme les missions des organisations internationales qui arrivent sur les terrains concernés. Jean-Claude Manuguerra précise ce point : 

Au début de épidémies on a toujours un déni de la part des Etats. Les cas ont été mis sous le tapis, notamment en Guinée. Dans certains ays, il y a une méfiance à l'égard des autorités sanitaires. D'autres ont des systèmes de santé désorganisés, des manquements qui sont comblés par l'arrivée massive d'organisations internationales. Il faut aussi adapter les messages. On ne peut pas dire "Arrêtez de chasser !" à une communauté qui se fonde sur cette pratique. Il faut continuer de travailler avec des anthropologues, échanger avec les chefs de village, discuter avec les malades et faire témoigner les rescapés. 

Avec Nathalie Ernoult, directrice de plaidoyer pour la Campagne d’accès aux médicaments essentiels à MSF international, Jean-Claude Manuguerra, directeur de l’Unité Environnement et Risques Infectieux et responsable de la Cellule d’Intervention Biologique d’Urgence à l’Institut Pasteur, au téléphone, Corine Karema, médecin et responsable du Programme du contrôle et d’élimination du Paludisme à l’Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (Alma) et Bill Gates, créateur de la Fondation Gates et ancien PDG de Microsoft.

Intervenants
  • Créateur de la Fondation Gates, ancien PDG de Microsoft
  • virologue, directeur de la cellule d'intervention biologique d'urgence de l'Institut Pasteur
  • Responsable du programme du contrôle et d'élimination du paludisme à l'Alliance des Dirigeants africains contre le paludisme
  • médecin et responsable du Programme du contrôle et d’élimination du Paludisme à l’Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (Alma)
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