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premiers débats sur les élections de 2020 sur deux nuits. Au fond, en surimpression, portrait de Donald Trump, au DeltaPlex Arena, déc. 2016, Grand Rapids, Michigan.

Trump, Républicains et Démocrates en campagne pour les élections pésidentielles de 2020

58 min
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Etats-Unis : les premiers débats & la course à la présidence son lancés. Côté démocrates, la sénatrice californienne Kamala Harris & la sénatrice du Massachusetts, Elizabeth Warren prennent l'avantage face à Joe Biden, l'ancien vice-président de Barack Obama et à Bernie Sanders, sénateur du Vermont.

premiers débats sur les élections de 2020 sur deux nuits. Au fond, en surimpression, portrait de Donald Trump, au DeltaPlex Arena, déc. 2016, Grand Rapids, Michigan.
premiers débats sur les élections de 2020 sur deux nuits. Au fond, en surimpression, portrait de Donald Trump, au DeltaPlex Arena, déc. 2016, Grand Rapids, Michigan. Crédits : Photo by Joe Raedle/Getty Images/Photo by Drew Angerer/Montage M. Moneghetti - Getty

Qui va émerger côté démocrates? Comment se positionner face à un Donald Trump, qualifié par Bernie Sanders, de "bidon", qui "ne défend pas les familles américaines", alors que le trublion de la politique américaine brigue un second mandat et se gausse des débats démocrates depuis le G20 au Japon? Quel est son bilan ? Où en sont les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis et quel est l'impact de ses guerres économiques? Quels sont les thèmes forts de campagne qui s'affirment dans les premiers débats?

Lauric Henneton, historien, maître de conférence à l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a publié La Fin du rêve américain, chez Odile Jacob en 2017 et plus récemment, Atlas historique des États-Unis, Cartographie de Pierre Gay, chez Autrement en 2019.

André Kaspi est professeur émérite d'histoire nord-américaine à la Sorbonne. Il a publié avec Hélène Harter, Les Présidents américains : de George Washington à Donald Trump, en  2018 chez Tallandier, Paris et plus récemment La nation armée : les armes au coeur de la culture américaine  en 2019 aux Editions de l'Observatoire. Sur la question des armes aux Etats-Unis, il a donné une interview à l'Express, en mai 2019.

Par téléphone : 

Pierre-André Chiappori, Professeur d’Economie à la Columbia University, titulaire de la chaire  E. Rowan and Barbara Steinschneider, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Son livre  Insurance: Theoretical Analysis and Policy Implications, écrit en collaboration avec Christian Gollier, a reçu en 2008 le Kulp-Wright Book Award décerné par l’Association américaine du risque et de l’assurance. 

"Donald a une incompréhension profonde des mécanismes du commerce international", explique l'économiste.

Pierre-André Chiappori explique comment la méconnaissance de Donald Trump du fonctionnement des droits tarifaires a pour conséquence que ce sont les consommateurs américains qui paient la facture. Il cite en particulier deux études récentes, dont une qui analyse comment les Américains se trouvent à payer 120% sur le cas des machines à laver soumises aux droits de douane (What washing machines can teach us about the cost of tariffs). Sur l'effet global des mesures de Donald Trump, il cite l'étude intitulée THE IMPACT OF THE 2018 TRADE WAR ON U.S. PRICES AND WELFARE (par Mary Amiti, Stephen J. Redding and David Weinstein).

Alexandra de Hoop Scheffer, directrice à Paris du think tank américain German Marshall Fund of the United States, spécialiste de la politique étrangère américaine et des relations transatlantiques. Elle a publié Hamlet en Irak aux éditions du CNRS ainsi que de nombreux articles sur les questions de politiques étrangères américaine.

La revue de presse d'Eric Chol, Directeur de la rédaction de Courrier International

Joe Biden, dans les sondages, reste le grand favori de cette compétition …

En effet, avec 24% des voix selon les sondages, il  a une avance de 6 points sur Elizabeth Warren, et de 9 points sur Bernie Sanders. Mais l’ancien vice président de Barack Obama traverse actuellement une mauvaise passe, surtout depuis qu’il a reconnu, il y a quelques jours qu’il entretenait des relations cordiales avec les sénateurs démocrates pro-ségrégation dans les années 70. Une gaffe politique, qui a lui a immédiatement valu une volée de bois vert de la part des Démocrates. Jeudi dernier, sa rivale Kamala Harris ne l’a pas épargné, lors du premier débat démocrate, raconte le New-York Times, surtout lorsque la sénatrice de Californie lui a dit : 

"j’aimerais parler de la question de race » tout en précisant « je ne crois pas que vous soyez raciste". "Avec cette remarque, Mme Harris a mis en évidence les sujets centraux qui menacent le fragile édifice sur lequel repose la popularité de Mr Biden", estime le New York Times

Car Joe Biden, qui brigue l’investiture démocrate pour la troisième fois, a certes beaucoup d’atouts en main à commencer  par une solide expérience du pouvoir, mais celui qui a fait son entrée au Sénat en 1973 risque d’apparaitre comme une le candidat du passé. 

"Le défi pour lui sera de prendre la main sur un parti revigoré par des groupes d’électeurs dont il ne fait pas partie : progressistes, millenials, femmes et minorités", estime le quotidien, qui poursuit : "c’est aussi un parti qui désire, par-dessus tout, battre le président Trump. Et Joe Biden compte se présenter comme le mieux placé pour reconquérir des électeurs clés de la classe ouvrière dans des états remportés par Trump en 2016". 

Sa popularité auprès des électeurs et sa capacité à lever de l’argent en font "un candidat redoutable, ci ce n’est la favori", estime de son côté Jennifer Rubin, la chroniqueuse du Washington Post. A condition que le candidat se surveille. 

"Les bévues font partie intégrante de l’ADN de Biden, et il faut s’attendre à en entendre bien d’autres dans les mois à venir", parie la chroniqueuse de gauche Arwa Madhawi dans le Guardian, qui est persuadée, elle, que Joe Biden échouera comme Hillary Clinton face à Trump. 

Une autre rivale très combattante : c’est Kamala Harris

La version indienne du journal The Wire a dressé le portrait  de cette californienne de 54 ans, devenue la première américaine d’origine indienne à siéger au sénat de Washington. En tant que sénatrice, elle a défendu de nombreuses mesures progressistes, écrit le journal, qui cite l’assurance-maladie universelle, la réforme de la police des douanes et des frontières ou encore la légalisation du cannabis. 

On l’a aussi vu  mettre sur le gril nombre de ministres et de juges nommés par Donald Trump, lors des auditions du Sénat. A propos du président des Etats-Unis, raconte le journaliste de the Wire

"Elle ne mâche pas ses mots, qualifiant par exemple d’obsession monomaniaque son projet de mur à la frontière mexicaine."

Signe de sa ascension politique fulgurante, le Washington Post vient de lui consacrer un long portrait titré « une aura d’autorité ». Un trait de caractère qu’elle a encore brillamment démontré  jeudi lors du débat, au point que le site américain Buzz feed News expliquait au lendemain de cette rencontre  que Kamala  Harris était largement capable de débattre avec Trump. 

Et Bernie Sanders ? 

Bernie Sanders, rappelez vous, c’est celui qui avait créé la surprise, il y a 4 ans, face à Hillary Clinton et il a bien entendu l’envie de réitérer cet exploit, en prônant un virage très à gauche. Un positionnement très critiqué au sein du parti démocrate, relève le New York Times, qui note qu’au cours du débat de jeudi soir, 

"les autres candidats plus modérés s’en sont pris à M. (Bernie) Sanders et son socialisme démocrate”.

Bernie Sanders, lui, n’ pas peur de dérouler ses propositions pour réformer le capitalisme, comme par exemple lorsqu’il s’est affiché le mois dernier avec la députée Alexandria Occasio-Cortez, en  accusant les banques d’agir comme des “usuriers des temps modernes”. L’homme politique, qui est lui même à tête d’une petite fortune de 2 millions et demi de dollars grâce aux ventes de ses livres, rapporte Forbes, fait une campagne intensive sur Internet, à la tête d’une armée numérique, relève le site en ligne Vox.

"Parmi les prétendants démocrates de 2020, Sanders est probablement le mieux placé pour affronter Trump dans le monde numérique, explique Vox. L'un de ses avantages est sa liste très enviée de courriels établie 2016, qui l'a aidé à recueillir plus de 18 millions de dollars au cours des six premières semaines de sa campagne 2020 et à mobiliser 1 million de bénévoles". 

Pour le moment, Sanders ne fait certes pas la course en tête, mais le sénateur du Vermont reste convaincu qu’il peut gagner la primaire démocrate. Pourtant jeudi soir, sur le plateau, on apercevait surtout les écarts d’âge parmi les candidats démocrates : plus de 40 ans séparent Pete Buttigieg, de Bernie Sanders, qui, s’il est élu, rentrera à la maison blanche à l’âge de 79 ans…

Intervenants
  • politologue, spécialiste de la relation transatlantique, directrice du bureau parisien du think tank The German Marshall Fund of the United States (GMF)
  • maître de conférences à l'Université de Versailles - Saint Quentin-en-Yvelines
  • historien, spécialiste des Etats-Unis
  • Professeur d’Economie à la Columbia University, titulaire de la chaire E. Rowan and Barbara Steinschneider, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
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