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Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, arrive à un sommet européen à Bruxelles, le 17 octobre 2019.

UE : la nouvelle équipe d'Europe

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Quels sont les prochains défis de la nouvelle Commission européenne ? Interrogé par Christine Ockrent, l'ancien premier ministre Tony Blair analyse ce collège de 26 commissaires autour de la présidente allemande, Ursula von der Leyen, en compagnie de quatre autres invités.

Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, arrive à un sommet européen à Bruxelles, le 17 octobre 2019.
Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, arrive à un sommet européen à Bruxelles, le 17 octobre 2019. Crédits : John Thys - AFP

26. C'est le nombre de commissaires européens qui vont entrer en fonction le 1er décembre prochain, après un vote d'approbation par le Parlement le 27 novembre. Choisis pour un mandat de cinq ans, ils forment la nouvelle équipe d'Ursula von der Leyen, l'ancienne ministre de la Défense allemande devenue Présidente de la Commission le 16 juillet dernier. Hamdam Mostafavi, rédactrice en chef du Courrier International, détaille le profil de ces représentants de l'institution européenne. 

La Chronique du Courrier International 

La première femme à la tête de la Commission européenne, âgée de 60  ans, est une proche d’Angela Merkel, issue comme elle de la CDU, le  parti chrétien-démocrate. Médecin de formation, ​ elle a occupée en  Allemagne les postes de ministre de la Famille, puis du Travail, et enfin  de la Défense. “Des portefeuilles énormes, avec des budgets tout aussi  énormes”​ met en avant​ Die Tageszeitung​ . Pour elle, partir à Bruxelles  c’est un peu un retour au sources, ajoute le quotidien de Berlin,  puisqu’elle est née à Bruxelles et y a grandi. Son père, qui deviendra  ministre président de Basse saxe, y a commencé sa carrière. ​ Ursula, sa  sœur et leurs cinq frères y fréquentent l’école européenne et elle parle  français et anglais couramment, raconte le journal allemand. ​ A la tête de  la commission européenne, son élection ne s’est pas faite sans heurts,  souligne la Suddeutsche Zeitung​ , qui évoque le “​ faux départ” de la  Commission von der Leyen. Pour le quotidien de Munich Ursula von der  Leyen doit encore faire oublier sa nomination approuvée de justesse et  se montrer plus en phase avec les sensibilités à Bruxelles, selon le  journal allemand.

Margrethe Vestagher, c’est avant tout la femme qui s’est opposée au  Gafa, “la reine viking partie à l’assaut de la Silicon Valley”, selon les  termes choisis par ​ le Financial Times​ . En tant que commissaire à la  concurrence, la Danoise âgée aujourd’hui de 51 ans était la star de la  commission Juncker, en imposant la chasse aux abus fiscaux des  multinationales des compagnies de l’Internet, comme Apple ou google.  Cette fois-ci, vice-présidente exécutive, l’ancienne ministre issue d’un  parti libéral a pour mission d’adapter l’Europe à l’ère numérique, une  position où elle fera usage de son intransigeance légendaire, relève le  journal britannique.  Autre grand nom de la Commission, c’est le Néerlandais de 58 ans  Frans Timmermans, lui aussi vice président exécutif, en charge du  Green Deal européen. Déjà membre de la Commission Juncker, il était  le candidat des socialistes pour prendre la tête de la Commission, mais  c’est la bête noire des populistes depuis qu’il s’était attaqué frontalement  à la Pologne et la Hongrie, rappelle ​ la Reppubblica​ , et Salvini et  consorts ont empêché son ascension. ​ M​ algré cet échec, l’ex ministre  3  des affaires étrangères néerlandais a réussi à conserver un portefeuille  prestigieux.  Un personnage influent de cette prochaine commission, “le mieux taillé  pour son poste”, ​ selon El Pais​ , c’est Josep Borrell. L’économiste catalan  de 72 ans, actuel ministre des Affaires étrangères espagnol, est un  ardent défenseur de l’intégration européenne. Cet ingénieur  aéronautique polyglotte est connu pour son franc-parler, parfois peu  diplomatique, mais qui lui sera sans doute utile face à la Russie de  Poutine et l’Amérique de Trump.

L’ex-Premier ministre Belge, âgé de 43 ans, succède au Polonais  Donald Dusk, à ce poste qu’on pourrait qualifier de président de  l’Europe.​  ​ Issu d’une famille d’entrepreneurs flamands, cela fait déjà 20 ans que Charles Michel fait de la politique puisqu’il était devenu à 23 ans  le plus jeune député du pays, en tant que membre du parti libéral de  centre droit. Il devient en 2014 le plus jeune chef de gouvernement de  l’histoire belge. A la tête du Conseil européen, “​ sa nomination est le  dernier chapitre d’une longue traversée au cours de laquelle il s’est petit  à petit donné l’image d’un médiateur international” ​ , ​ juge le quotidien  4  flamand De Morgen​ . Il s’est appuyé, note pour sa part le journal flamand De Standaard​, sur ses alliés libéraux ​ “de la même génération” ​ , les Néerlandais Mark Rutte, le Luxembourgeois Xavier Bettel, mais aussi le  Français ​ Emmanuel Macron​ , “alors qu’il semblait impensable de voir  revenir un Belge à cette haute fonction, cinq ans à peine après Herman  van Rompuy”. ​ Mais il a réussi à s’imposer,​ se ​ félicite​ De Morgen ​ , et à installer, comme il le dit lui-même, son ​ “pays sera dans le cockpit de  l’Union européenne.”

Commission retardée 

Le collège devait être opérationnel dès le 1er novembre, mais trois candidatures ont été rejetées par les commissions compétentes à Bruxelles. Les deux premières étaient celles du hongrois László Trócsányi, qui souhaitait s'occuper de l'Elargissement, et de la Roumaine, Rovana Plumb, dont l'objectif était de prendre en charge les Transports. Leurs profils ont été refusés dès le 30 septembre. La dernière candidate était la Française Sylvie Goulard, destinée au Marché intérieur. 

L'ancienne ministre des Armées, et aujourd'hui second sous-gouverneur de la Banque de France avait été proposée par Emmanuel Macron. Après deux auditions et une série de questions écrites, les soupçons d'intégrité liés à ses activités antérieures, notamment son travail pour le think tank américain Berggruen, ont été trop forts. Mais c'est surtout l'enquête de l'Office européen de lutte antifraude qui a bloqué son accès à la Commission, puisque Sylvie Goulard est soupçonnée d'avoir utiliser les fonds européens pour rémunérer l'emploi fictif d'un de ses assistants quand elle était eurodéputée, entre 2009 et 2017. 

Avec Tony Blair, ancien premier ministre travailliste du Royaume-Uni de 1997 à 2007, Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences Po Paris, membre du conseil scientifique de la Fondapol, autrice de « Les pays émergents : Approche géo-économique » (Armand Collin, 2014), Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po Paris et à l'INALCO, spécialiste des questions européennes, auteur de « l’Europe a-t-elle un avenir ? » (Studyrama, 2019), Sébastien Maillard, directeur de l’Institut Jacques Delors, auteur de « Faire l'Europe dans un monde de brutes » (Fayard, 2017) et Henrik Uterwedde, chercheur à l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg, auteur d’un livre qui vient de sortir en Allemagne sur les relations franco-allemandes.

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