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Hanoi, le 21 février 2019 : le Viêt-Nam accueille le sommet Kim-Trump, annoncé par un grand panneau, près de l'ambassade américaine.

Vietnam, retour en diplomatie

58 min
À retrouver dans l'émission

Au-delà de l'échec du sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, c'est le lieu choisi pour la rencontre, qui retient l'attention, Hanoi, capitale du "Tigre de l'Asie", d'un Viêt-Nam, qui connaît un développement économique insolent avec un régime communiste qui ne badine pas avec la censure.

Hanoi, le 21 février 2019 : le Viêt-Nam accueille le sommet Kim-Trump, annoncé par un grand panneau, près de l'ambassade américaine.
Hanoi, le 21 février 2019 : le Viêt-Nam accueille le sommet Kim-Trump, annoncé par un grand panneau, près de l'ambassade américaine. Crédits : Photo by Linh Pham/Getty Images - Getty

Comment expliquer cet exploit, ce retour dans le jeu diplomatique ? Le Viêt-Nam, vainqueur de trois guerres asymétriques, dans les années 1950-1970, a mis en place un jeu de balancier habile entre Washington et Pyongyang. Quel rôle joue le Viêt-Nam dans les équilibres précaires de l'Asie du Sud Est, dont le président chinois veut faire son pré carré?

Autour de Christine Ockrent

Benoît de Tréglodé, Directeur de recherche et responsable du domaine Questions régionales Sud, à l'Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM). Il a dirigé la publication de Histoire du Vietnam, de la colonisation à nos jours en mars 2018 aux éditions de la Sorbonne, et plus récemment avec Nathalie FauMers d'Asie du Sud-Est : coopérations, intégration et sécurité aux éditions du CNRS en 2018.

Valérie Niquet, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, elle a publié La puissance chinoise en 100 questions aux éditions Tallandier en 2017.

par téléphone 

Philippe le Corre, Chercheur à la Harvard Kennedy School et au programme Asie de Carnegie Endowment. Il a publié avec Alain Sepulchre L'offensive chinoise en Europe chez Fayard en 2015.

Pierre Journoud, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paul-Valéry Montpellier. Il publie le 18 avril prochain Dien Bien Phu : la fin d'un monde aux éditions Vendémiaires.

Jean-Philippe Eglinger, ingénieur, il a mis en place Việt Pháp Strategies  qui a pour objectif de développer et renforcer les liens entre PME/PMI/Start Up françaises et vietnamiennes ; il est chargé de cours en Économie du Vietnam et en management interculturel à l’INALCO.

Qui est Nguyen Phu Trong, le nouveau président vietnamien, élu le 23 octobre 2018 ?

Réunions bilatérales entre la Corée du Nord et le Vietnam et réactions au Sommet DPRK-USA. Kim Jong Un, leader de la Corée du Nord, à gauche, serre la main de Nguyen Phu Trong, président du Vietnam, alors qu’il pose pour une photo au Palais président
Réunions bilatérales entre la Corée du Nord et le Vietnam et réactions au Sommet DPRK-USA. Kim Jong Un, leader de la Corée du Nord, à gauche, serre la main de Nguyen Phu Trong, président du Vietnam, alors qu’il pose pour une photo au Palais président Crédits : Noel Celis/Piscine via Bloomberg - Getty

La chronique d'Eric Chol, Directeur de la rédaction de Courrier International

Il avait 10 ans au moment de la bataille de Dien Bien Phu, qui se solda par une défaite française et 31 ans à la fin de la guerre du Vietnam  contre les Américains en 1975. 

On peut dire que Nguyen Phu Trong est aujourd’hui un vieux routier du Parti communiste vietnamien,  un appareil dont il a gravi tous les échelons, jusqu’à en devenir le chef, c’était en 2011. Mais il a désormais une deuxième casquette, explique le magazine américain _Time_, puisqu’il a été élu président du Vietnam à l’automne, et il est donc, nous dit le journal,

« le premier dirigeant vietnamien à détenir ces deux titres  de président et de secrétaire général du Parti communiste depuis le père fondateur Ho Chi Minh dans les années 60 ».

A 74 ans, l’homme fort du pays concentre tous les pouvoirs, relève Time, qui le compare avec Xi Jinping, le numéro un chinois. 

Les deux frères rouges ont usé des mêmes méthodes pour asseoir leur pouvoir nous dit  le magazine Foreign Policy, qui se livre aussi au jeu des ressemblances, ils ont tous les deux pris le prétexte de grandes campagnes  anti corruption pour procéder à des purges politiques. 

Ainsi, raconte Foreign Policy,  de la même façon qu’en Chine, Bo Xilai a été viré sans ménagement de son poste de chef de parti de la ville de Chongqing et du Politburo puis emprisonné à vie pour corruption, et bien au Vietnam, c’est l’ancien chef du parti de Ho Chi Minh Ville, Dinh La Thang, qui lui aussi était considéré comme  une étoile montante du parti,  et qui a  été condamnée pour corruption à 13 ans de prison l’an dernier. Mais la comparaison entre les deux dirigeants s’arrête là. 

En quoi le président vietnamien diffère-t-il de Xi Jinping ? 

Ils n’ont pas la même histoire familiale : Nguyen Phu Trong est issu d’un milieu de paysans pauvres, nous dit sa biographie officielle, tandis que le Xi Jinping, qui a presque dix ans de moins que le Vietnamien, est un fils d’un dignitaire de Mao. 

De même,  rappelle le magazine Time, ils  n’ont pas suivi la même carrière. Autant Xi Jingping a pu connaitre le pouvoir à travers différents postes en province, autant Nguyen Phu Trong est un pur apparatchik: ce natif d’Hanoi , qui a été le chef idéologue du parti, n’a eu aucune expérience de gouvernance, raconte le journaliste. Troisième différence, « leur personnalité et leur style sont à bien des égards opposés », note Foreign Policy. 

Le Vietnamien reconnaissable avec ses cheveux argentés apparaît comme un technocrate studieux et modeste. 

"Sur le plan privé, il a la réputation d’être humble", nous dit le journaliste. 

Il habite une maison lambda aux couleurs ternes. 

« La où Trong fait son possible pour se fondre dans la charpente du parti communiste vietnamien, Xi Jinping apparait lui comme une personnalité hors du commun », commente l’auteur de ce portrait. 

Il poursuit: 

« à l’inverse du cette tendance croissante pour le culte du chef en Chine, Trong a plutot accumulé un pouvoir discret, en jouant les factions les unes contre les autres ». 

En réalité, les deux dirigeants n’ont sans doute pas les mêmes ambitions. C’est ce que résume le la revue asiatique The Diplomat : 

« alors que Xi Jing Ping veut changer la Chine, Nguyen Phu Trong veut changer le parti communiste vietnamien ».  

Pour cela il regarde du coté de la Chine,  avec laquelle il entretient des relations plutot cordiales. Il considère même, écrit Time que

« le mode de gouvernance autoritaire chinois est un modèle qu’il faut copier ».

Ce n’est pas avec lui qu’il faut espérer une quelconque amélioration dans le domaine des droits de l’homme,  conclut le journaliste. 

Intervenants
  • historien, directeur de recherche à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM).
  • Responsable du pôle Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique
  • chercheur au Carnegie Endowment for International Peace et à la Harvard Kennedy School, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et professeur invité à l’ESSEC
L'équipe
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