LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Lydia Ourahmane, Kaoutar Harchi et Lina Soualem avant l'émission "Affinités culturelles", à la Maison de la Radio en 2021

Lydia Ourahmane, Kaoutar Harchi et Lina Soualem : des récits de famille qui manquent au roman national

58 min
À retrouver dans l'émission

Des histoires de famille qui se transmettent après des années de silence (Lina Soualem), des origines familiales troublées par les injonctions contradictoires de l'intégration (Kaoutar Harchi), et des parcours individuels entremêlés qui questionnent l'exil (Lydia Ourahmane).

Lydia Ourahmane, Kaoutar Harchi et Lina Soualem avant l'émission "Affinités culturelles", à la Maison de la Radio en 2021
Lydia Ourahmane, Kaoutar Harchi et Lina Soualem avant l'émission "Affinités culturelles", à la Maison de la Radio en 2021 Crédits : Christophe ABRAMOWITZ - Radio France

Tewfik Hakem reçoit Lina Soualem, réalisatrice de Leur Algérie, Kaoutar Harchi, auteure de Comme ils existent (Actes Sud) et Lydia Ourahmane, artiste plasticienne exposant Barzakh à la Fiche la Belle de mai (Marseille).

Une émission en partenariat avec Oriane Jeancourt, rédactrice en chef littérature du magazine Transfuge, avec la participation de l'essayiste Wassyla Tamzali.

Des trajectoires de vie invisibilisées

Dans son premier long-métrage, Lina Soualem retrace l'histoire de ses grands-parents paternels, Aïcha et Mabrouk, qui décident de se séparer après 62 ans de mariage. Ils ont déménagé de leur appartement commun pour vivre dans deux immeubles qui se font face.

Il y a toujours eu beaucoup de silences dans ma famille algérienne. On s'est habitués, on n'osait pas poser trop de questions. Et quand mon père m'a dit que mes grands-parents se séparaient, à 85 ans, ça a été un choc. Ma première crainte, c'était qu'ils disparaissent sans me transmettre leur histoire, parce que cette séparation était une rupture dans l'histoire familiale. Lina Soualem

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Leur Algérie ne raconte pas que l'intimité d'une famille, il nous parle aussi de ces trajectoires de vies oubliées en France, et qu'une génération entière n'avait pas réussi à exprimer. 

Ma grand-mère m'a dit que grâce à ce film, elle serait toujours vivante. C'était précisément ce que je voulais : faire exister ces mémoires, au-delà même des personnes qui les portent. Leur donner une existence dans notre espace public et nos espaces artistiques. Lina Soualem

"Il y a des formes d'injonctions à choisir ce à quoi nous appartenons"

Dans son dernier récit, Comme nous existons, Kaoutar Harchi raconte l'histoire de sa famille et de son parcours scolaire.

Je crois qu'entre la culture du pays d'accueil et la culture liée à l'origine, il n'y a pas d'incompatibilité. Il y a des formes d'injonctions à choisir ce à quoi nous appartenons. Mais il est important pour moi, en tant qu'écrivaine, de dire que ces injonctions sont inacceptables. J'ai en moi suffisamment d'amour pour aimer mes parents, ma famille, et le pays dans lequel je vis. Kaoutar Harchi

"Leur Algérie", réalisé par Lina Soualem
"Leur Algérie", réalisé par Lina Soualem Crédits : Thomas Brémond / Agat films - Ex nihilo

Dans cette démarche, qui est similaire à celle de Lina Soualem, Kaoutar Harchi nous parle de sa tentative : écrire les contre-mémoires des familles issues de l'immigration. 

A ce niveau-là se joue quelque chose très politique, avec cette idée que nos récits sont un supplément au roman national, et que ce roman est aussi une histoire transnationale. Kaoutar Harchi

Des moments effondrés, rassemblés dans un même espace

A travers Barzakh, l'exposition qu'elle présente actuellement à Marseille, l'artiste Lydia Ourahmane, de père algérien et de mère malisienne, questionne aussi l'exil et le rapport aux origines en transposant le contenu de son appartement d’Alger, inaccessible après la pandémie, à la Friche la Belle de mai.

Il y a des couches successives d'histoires dans cet appartement qu'on voit dans l'exposition. Celle de la femme qui y habitait et que je connaissais pas, mon histoire personnelle quand j'essayais de trouver ma propre relation à l'Algérie, et le contexte de ma famille. Lydia Ourahmane

Lydia Ourahmane, Barzakh, vue d’exposition, Triangle - Astérides, centre d’art  contemporain, Friche la Belle de Mai, Marseille, 2021
Lydia Ourahmane, Barzakh, vue d’exposition, Triangle - Astérides, centre d’art contemporain, Friche la Belle de Mai, Marseille, 2021 Crédits : © Aurélien Mole

La traduction simultanée de Lydia Ourahmane est assurée par Corinne Laloux. 

Références musicales et sonores

Leur Algérie, réalisé par Lina Soualem (2021)

Mok Saib - El Ghorba (2019)

IAM ft. Cheb Khaled - Oran Marseille (1996)

Bibliographie

LA

Leur AlgérieLina SoualemAgat films - Ex nihilo, 2021

Intervenants
  • Réalisatrice
  • Sociologue, romancière
  • artiste
  • essayiste, ancienne avocate à Alger et ancienne directrice des droits des femmes à l'Unesco, membre fondateur du Collectif Maghreb Egalité et directrice du centre d’art contemporain « Les ateliers sauvages »
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......