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Portrait de l'écrivaine Anaïs Nin, à New York en 1966

Anaïs Nin (3/3) : Le Journal, la réponse à tout

28 min
À retrouver dans l'émission

Au cours de ce troisième entretien, Anaïs Nin raconte à Pierre Lhoste son admiration pour Blaise Cendrars et son regret de ne l'avoir connu. Pour mieux appréhender la pensée de l'écrivaine, la conversation se poursuit autour des mots et des thématiques qu'elle égrène le long de son Journal. Du "rire" à la "douleur", en passant par la "magie", ainsi se dévoile Anaïs Nin.

Portrait de l'écrivaine Anaïs Nin, à New York en 1966
Portrait de l'écrivaine Anaïs Nin, à New York en 1966 Crédits : Fred Stein - Getty

Dans ce nouvel entretien, il est toujours question du journal de l'écrivaine. Une écriture qu'elle tient depuis l'âge de onze ans, mais que la romancière réserve désormais à des jours ou des évènements particuliers.  

Je choisis un peu plus maintenant ce qui est important. Mais quand quelque chose d'important vient, alors j'écrirai peut-être beaucoup plus pleinement l'événement. Pas une indication, mais vraiment, je le décris entièrement. Je crois que mon travail comme romancier m'a aidé à éditer le journal. Je dis que c'est le romancier qu'il a édité, qui sait ce qui est important. Et aussi, à mieux l'écrire. Peut-être. 

Cendrars sur la lune  

Bien qu'ayant côtoyé un grand nombre d'illustres contemporains, Anaïs Nin revient sur la figure de Blaise Cendrars, qu'elle n'a pu connaître que de loin, via Henry Miller. Une déception liée à son adoration pour l'écrivain, qu'elle raconte en une petite anecdote au micro de Pierre Lhoste.  

C'est Henry Miller qui l'a connu (…) Moi, je n'étais qu'un écrivain effacé et je n'étais même pas en France à ce moment. Mais j'ai une énorme admiration pour lui. J'étais en Amérique, à une conférence. J'aurais mieux aimé que ce soit Cendrars qui était à la lune. Comme il voulait y aller, d'ailleurs. Pour pouvoir vraiment nous dire ce qu'il a vu là-haut. 

Le rêve, "un rôle de base"

Le journaliste propose ensuite à l'écrivaine de revenir sur certains mots, certaines notions qui imprègnent son œuvre. En expliquant aussitôt ce que cela évoque pour elle, on en apprend davantage sur la construction littéraire d'Anaïs Nin. Ainsi, le "rêve" a une place importante dans son écriture, mais pas "Dieu".  

Le rêve joue un grand rôle, il me sert de clé. Quand j'ai voulu publier un journal, je vous ai dit, j'avais si peur du monde, de la réaction du monde, que j'ai rêvé que j'ouvrais la porte, je recevais des radiations. Je savais comme ça, je reconnaissais mes craintes. Alors, le rêve joue un rôle de base. Tous mes romans commencent par un rêve. Ce rêve indique quel est le caractère du voyage, de la quête. 

Dieu. Ce mot-là n'a pas de sens pour moi. Je pense plutôt à une espèce de religion universelle. Je ne pense plus comme, enfant, qu'il y a Dieu, avec un certain visage. Je pense à l'âme, je crois. Partout, au Japon, au Cambodge, partout où je vais. 

Les lettres de Miller, un pendant du journal  

Si l'entretien se clôt sur la relation de la romancière avec son ancien amant Henry Miller, c'est aussi l'occasion de revenir sur leur correspondance. Une correspondance dont une partie a été conservée, puis publiée, sous le titre Lettres à Anaïs Nin. Un recueil à lire en résonance avec son journal à elle, une sorte de réponse.  

Ces lettres, moi, je les avais gardées pendant longtemps. C'est plutôt lui qui, en voyageant, a perdu les miennes. C'est pour cela que nous avons traduit seulement ses lettres à moi-même. D'ailleurs, ses lettres à lui étaient beaucoup plus intéressantes, plus longues. Il aimait beaucoup écrire des lettres. À un moment donné, il n'arrivait pas à se mettre au roman, vous savez. Alors, on a pensé que ces lettres faisaient un peu son journal de cette époque. Elles étaient très longues. J'étais trop jeune pour y répondre entièrement. Je crois que la réponse est plutôt dans le journal. 

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