LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

LES MESSAGERS

1h20

de et par Eugène Green réalisation Jean Couturier Avec Léonord Baldaque, Alexis Loret, Adrien Michaux, Christelle Prot et Sébastien Lange "Sur la fosse, entre les sapins, un enfant pleurait agenouillé, et sa poitrine, brisée par les sanglots, haletait dans l¹ombre, sous la pression d¹un regret immense, plus doux que la lune et plus insondable que la nuit." Gustave Flaubert L'auteur qui avait fait sienne la fête de saint Polycarpe m'est depuis longtemps une référence importante, non seulement littéraire, mais aussi cinématographique, car sa façon de rendre appréhensible le mystère du monde en cherchant à nous livrer avec précision son dehors matériel est, à mon avis, la base même du cinématographe. Malgré sa rareté dans Madame Bovary, le personnage de Justin me frappe à chaque lecture, en particulier sa dernière apparition, quand il pleure sur la tombe d'Emma, et je me suis plu à imaginer la suite de sa vie, car il est le seul des êtres entourant l'héroïne qui, au-delà de la mort, pourrait donner un sens à cette existence qui en semblait dépourvue. Ces deux personnages, ainsi que les prénoms de Polycarpe et de Marie (en pensant au récit de jeunesse, Novembre), sont donc des hommages à Flaubert, mais je crois qu'il est évident que cette pièce radiophonique ne constitue une « adaptation », même partielle, d'aucune de ses oeuvres. On pourrait voir la même intention commémorative dans le choix des lieux, Honfleur et la plage de Trouville, qui ont marqué la vie de l'écrivain. Mais il s'avère que ce sont aussi des endroits que j'ai eu moi-même l'occasion de fréquenter, et où j'ai pu trouver un peu de calme pour observer le monde, et pour essayer de voir au-delà de sa surface opaque. Dans Les Messagers les deux jeunes gens, Justin et Polycarpe, souffrent dès leur naissance d¹un défaut de perception résultant de leur implication dans une mémoire qui n'est pas celle de leur personne, comme ils éprouvent aussi un sentiment diffus de culpabilité par rapport à une mort dont ils ne sont pas responsables. Les deux esprits, Emma et Marie, ne peuvent rentrer dans le mouvement du monde parce qu'elles restent prisonnières d'un désir inaccompli. Les vivants comme les mortes attendent le messager avec la parole qui les libérera, c'est-à-dire, qui les fera entrer dans la réalité de leur présent, mais ils doivent jouer ce rôle les uns pour les autres. Par cet enjeu spirituel, et par la forme partiellement ritualisée, on peut voir cette oeuvre comme une transposition moderne du Nô. J'ai écrit pendant longtemps pour le théâtre, et suis très engagé actuellement dans la création cinématographique, mais Les Messagers ne relèvent ni de l'une ni de l'autre de ces deux formes d¹expression. Conçu spécifiquement comme une pièce radiophonique, ce texte s'adresse à un seul sens, et est fondé sur l'idée que dans ce genre toute image doit être communiquée par les dialogues et par les sons qui les environnent. Eugène Green FACE B : Les fantômes du Fresnoy Le cinéaste britannique Eugène Green nous raconte son expérience au Studio National du Fresnoy, où il fut professeur résident. Le texte et la musique nous permettent de comprendre en quoi « toute oeuvre cinématographique est une histoire de fantômes ».

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......