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Allégorie de l'éloquence couronnée. A l'arrière plan le roi Louis XIV, (fondateur avec le cardinal de Richelieu de l'Académie Française) devant ses courtisans. (René Antoine Houasse - 1645-1710)

Défense de la langue française

49 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir comme chaque semaine deux essais sous les feux de la critique : "Notre langue française", de Jean-Michel Delacomptée publié chez Fayard et "Fuck work ! : pour une vie sans travail", de James Livingston paru aux éditions Flammarion.

Allégorie de l'éloquence couronnée. A l'arrière plan le roi Louis XIV, (fondateur avec le cardinal de Richelieu de l'Académie Française) devant ses courtisans. (René Antoine Houasse - 1645-1710)
Allégorie de l'éloquence couronnée. A l'arrière plan le roi Louis XIV, (fondateur avec le cardinal de Richelieu de l'Académie Française) devant ses courtisans. (René Antoine Houasse - 1645-1710) Crédits : Leemage - AFP

Pour commencer le plaidoyer de l’écrivain et essayiste Jean-Michel Delacomptée en faveur de la langue et de la « haute littérature » française. Notre langue française, publié chez Fayard. Il nous  livre une approche personnelle, affectueuse de la langue dont l’auteur entend montrer la force politique et la puissance émancipatrice, à condition de conserver une certaine exigence. Il est aussi question d’émancipation dans l’essai de l’historien américain James Livingston… mais on est loin de la belle littérature… Fuck work !: pour une vie sans travail, c’est son titre, est sorti chez Flammarion. 

Jean-Michel Delacomptée - Notre langue française

L’auteur est écrivain et essayiste, il a enseigné plusieurs années la littérature française à l’Université, après avoir mené une carrière dans la diplomatie culturelle. Ses livres, il le rappelle d’ailleurs ici, sont pour beaucoup d’entre eux des portraits de personnages historiques ou de grandes figures de la littérature : d’Ambroise Paré à Racine ou La Boétie, jusqu’à faire le portrait littéraire du maître incontesté du genre, Saint-Simon, c’était en 2011. 

Il faut enfin signaler sa Lettre de consolation à un ami écrivain, publiée en 2016 par Robert Laffont, en pleine rentrée littéraire, et qui s’en prenait vertement à ce qu’il estimait être la médiocrité des textes publiés de nos jours… à la frilosité des éditeurs en général qui ne se soucie plus de littérature, ne publient plus de textes ambitieux. 

Notre langue française creuse le sillon de cette critique, en ajoutant une dimension plus politique. Sa thèse est limpide : en abandonnant le goût et la défense de la haute littérature, et donc de la belle langue française, on s’est amputé d’un puissant levier pour réduire la fracture linguistique et sociale. Le discours n’est pas neuf, on y retrouve toutes les variations autour de la déploration de la médiocrité ambiante. L’époque désespère Jean-Michel Delacomptée, de l’écriture inclusive à Guillaume Musso… et il regarde avec nostalgie un certain aristocratisme de l’écriture, incarnée par François de Malherbe sur lequel il livre tout de même de belles pages. 

C’est un livre absolument accompli. Il illustre par l’écriture ce qu’il défend. Delacomptée tient une hauteur, une élégance de la langue. Il y a quelques afféteries, si on veut bien chercher, çà et là, de quoi critiquer, mais l’auteur tient une ligne et une altitude durant tout le livre et c’est une performance. (Vincent Trémolet de Villers).

 On est là dans la quintessence de l’essai à la française […] C’est-à-dire cette capacité à être en prise  directe avec les enjeux  de l’époque tout en ménageant stylistiquement, linguistiquement ce minimum réflexif et critique. (Alexis Lacroix).

James Livingston - Fuck Work ! : pour une vie sans travail 

C’est le premier ouvrage traduit en Français, par Pierre Vesperini, de ce professeur d’histoire américain, qui enseigne à l’université Rutgers dans le New Jersey, publié par Flammarion dans la collection Champs Actuel . Il a beaucoup travaillé sur l’histoire économique, il s’est intéressé notamment au système bancaire américain puis il s'est tourné vers l’histoire culturelle. Il y a un peu des deux dans le livre qui nous intéresse ce soir, puisqu’il s’agit de s’interroger non pas sur la disparition du travail, elle semble inévitable à l’auteur, mais sur la question de savoir à quoi ressembleront nos vies sans le travail.

Ce qu’il dit, comme le fait remarquer l’anthropologue Paul Jorion qui signe la préface de cette édition française, c’est à la fois que le travail est une sorte d’abomination à laquelle, si nous avions une once de raison, nous n’aurions jamais dû succomber… et que de toute façon, du travail, il n’y en aura bientôt plus. On est autant du côté du « droit à la paresse » pensé à la fin du 19e siècle par le gendre de Marx, Paul Lafargue, que de la société du coût marginal zéro de Jérémy Rifkin, l’économiste américain qui s’intéresse à l’impact de la révolution numérique.

James Livingston essaie de déconstruire notre rapport historique, moral au travail… en cela il n’est pas le premier. Il le fait avec un certain humour et une certaine érudition. Pour finalement se faire l’avocat du revenu universel d’existence. Mais aussi, et c’est plus étonnant, le défenseur de l’amour comme idéal à substituer à celui du travail.

Ce qui est intéressant, même très intéressant dans le livre de Livingston, c’est qu’expérimentalement il déconstruit toutes les pensées qui depuis l’aube des temps modernes ont fait du travail une activité structurale à son identité. (Alexis Lacroix).

C’est un livre à l’intersection de nombreuses questions contemporaines. Livingston réfléchit beaucoup à notre propre  condition  et nous amène à cette conclusion : on ne sait plus comment définir le travail. (Vincent Trémolet de Villers).

L'instant critique

Vincent Trémolet de Villers nous emmène au musée du Louvre pour l'incroyable exposition Eugène Delacroix "Eugène Delacroix, La fureur de peindre", que vous pourrez visiter jusqu'au 23 juillet 2018. Malgré sa célébrité, il reste encore beaucoup à comprendre sur la carrière de Delacroix. Alexis Lacroix, avec son goût pour l'Histoire, nous emmène dans les salles de cinéma à la découverte du film "Les heures sombres",  réalisé par Joe Wright avec notamment Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Ben Mendelsohn,  sur les pas de Winston Churchill.  Joe Wright nous offre à voir une partie de la vie de Winston Churchill, à partir de mai  1940, lorsqu'il devient Premier ministre en pleine Seconde guerre  mondiale...

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