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La fin

Fin d’année et fin du monde

49 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir comme chaque semaine deux essais sous les feux de la critique : "De la catastrophe : l’homme à l’œuvre du Déluge à Fukushima" de Michèle Riot-Sarcey (éditions du Détour) et "Le Mal qui vient" de Pierre-Henri Castel (éditions du Cerf).

La fin
La fin Crédits : Nora Carol Photography - Getty

Deux livres apocalyptiques pour terminer l’année sur une note optimiste ! Nous évoquerons d’abord un ouvrage collectif, dirigé par l’historienne Michèle Riot-Sarcey et qui fait le point sur la notion de catastrophe dans l’histoire. De la catastrophe : l’homme à l’œuvre du Déluge à Fukushima a été publié aux éditions du Détour et rassemble des textes d’historiens, de philosophes et de psychanalystes qui reviennent sur la façon dont les contemporains vivent des événements, réels ou non, comme le Déluge, la Grande Peste, ou l’effondrement écologique. Au cœur de cet essai, la question du naturel et du divin, de l’emprise que l’humanité a sur son autodestruction. Une parfaite introduction au second essai dont nous allons parler ce soir, _Le Mal qui vien_t du philosophe Pierre-Henri Castel aux éditions du Cerf. Le point de départ est tout aussi réjouissant, il postule que nous n’avons plus aucun espoir, même par un sursaut collectif, d’empêcher l’anéantissement prochain de notre monde. Partant de ce principe, il explore les conséquences morales de ce nouveau millénarisme laïc.

Michèle Riot-Sarcey - De la catastrophe : l’homme à l’œuvre, du Déluge à Fukushima

Je vous propose de commencer par l’ouvrage dirigé par Michèle Riot-Sarcey, De la catastrophe : l’homme à l’œuvre, du Déluge à Fukushima. L’essai est publié aux éditions du Détour dans la collection « Le devenir du passé ». C’est d’ailleurs une collection dirigée par l’historienne, et qui propose d’éclairer le retour soudain d’idées oubliées, que l’on croyait perdues pour l’histoire. Consacrer un ouvrage à cette notion de catastrophe est à ce titre à la fois évident – tant la notion irrigue notre époque angoissée par l’effondrement écologique – et en même temps compliqué car d’une actualité peut être trop brûlante pour pouvoir l’aborder par l’histoire. 

C’est pourtant le pari qui est fait ici, et qui nous propose des réflexions d’historiens, philosophes, psychanalystes sur le rapport que les hommes ont pu entretenir avec la catastrophe, ou sa perspective, à différentes époques. C’est ainsi qu’on aborde successivement le Déluge, la Grande peste, le sac de Constantinople par la 4e croisade, la traite des esclaves noirs, les deux guerres mondiales, la Shoah ou encore Fukushima… et j’en oublie. Et ce qui se révèle, c’est un monde souvent marqué du signe de l’apocalypse… en cela nous ne vivons aujourd’hui rien d’exceptionnel.  

Il est intéressant de voir comment se pose systématiquement la question de la responsabilité humaine dans la catastrophe, et de la possibilité d’y apporter une réponse. Ce n’est pas tant l’impuissance qui émerge de ces différentes histoires, qu’une certaine surdité aux appels de ceux qui en perçoivent l’avènement.

L’essai est publié aux éditions du Détour dans la collection « Le devenir du passé ». C’est d’ailleurs une collection dirigée par l’historienne, et qui propose d’éclairer le retour soudain d’idées oubliées, que l’on croyait perdues pour l’histoire. Consacrer un ouvrage à cette notion de catastrophe est à ce titre à la fois évident – tant la notion irrigue notre époque angoissée par l’effondrement écologique – et en même temps compliqué car d’une actualité peut être trop brûlante pour pouvoir l’aborder par l’histoire. 

J'ai trouvé ce livre passionnant à plusieurs égards par son approche pluridisciplinaire (...)même si on peut se questionner sur le choix des catastrophes prises en exemple dans le livre (...) Je regrette qu'il n'y ait pas de définition du mot catastrophe (...) car la catastrophe détermine un avant et un après et marque une rupture dans la façon dont les hommes ont de concevoir leur histoire. (Eugénie Bastié)

Plus on avance dans le livre et plus on se rapproche de notre actualité et plus la question de la catastrophe écologique et de la destruction de l'environnement et de la prise de conscience de toutes les responsabilités en terme de pollution, de destruction de la planète nous alertent (...)Quel est le destin de l'humanité que peut  faire l'homme face à ces événements (Fukushima par exemple) (..)La catastrophe est certaine mais quand va-t-elle arriver ? (Aliocha Wald Lazowski)

Pierre-Henri Castel - Le Mal qui vient : essai hâtif sur la fin des temps

Deuxième temps de l’émission je vous propose maintenant de nous pencher sur l’essai de Pierre-Henri Castel, Le Mal qui vient : essai hâtif sur la fin des temps publié aux éditions du Cerf… votre éditeur Eugénie Bastié ...

Pierre-Henri Castel est philosophe, historien des sciences et psychanalyste… il a d’ailleurs placé en exergue de ce livre une citation de Freud tirée d’Au-delà du principe de plaisir : « ce qui suit est spéculation, une spéculation remontant souvent bien loin et tout un chacun prendra en compte ou négligera selon sa position particulière. C’est aussi une tentative pour exploiter de façon conséquente une idée, avec curiosité de voir où cela mènera ». On n’aurait pu dire mieux, je n’ai donc pas essayé : c’est un vrai exercice de pensée auquel se livre Pierre-Henri Castel qui pousse à bout, jusque dans ses retranchements les plus troublants et parfois choquants, la certitude de l’anéantissement prochain du monde… ou peut être de nôtre monde la nuance a son importance. 

Nous vivons un cataclysme à petit feu et l’extermination est au bout, il y a plus loin de nous à Christophe Colomb que de nous au dernier homme postule le philosophe. A l’aide des penseurs de la catastrophe – Gunther Anders, Jared Diamond, Jean-Pierre Dupuy – mais aussi de Nietszhe ou de Freud, Pierre-Henri Castel tente d’imaginer ce qui pourrait bien empêcher le Mal (avec un grand M) d’advenir une fois qu’on aura tous conscience d’être foutus.

C'est un essai déconcertant car il est à cheval entre le pur essai philosophique et en même temps il prend comme prémices un horizon historique. Il prend l'horizon d'une apocalypse non religieuse dans un temps historique. Il part en effet du postulat que le monde disparaitrait d'ici trois siècles... (Eugénie Bastié)

Il y a une forme de séduction malgré tout dans l'ouvrage. C'est un exercice de méditation sur les temps de la fin avant la fin des temps (..) Il s'oppose à l'idée que l'angoisse en soit un moteur et qu'elle va nous faire réagir. On va se responsabiliser parce qu'on a peur, parce qu'on est inquiet. Pierre-Henri Castel s'oppose à cette moralisation de la catastrophe. (Aliocha Wald Lazowski)

Musique : Juniore "Panique" dans l'album Ouh là , là.

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L'instant critique

Aliocha Wald Lazowski nous propose de nous plonger dans le livre Restituer le patrimoine africain de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy (Seuil/PHilippe Rey). Ce livre nous raconte les spoliations à travers l’histoire mondiale, il évalue la part de la France et dresse un premier inventaire des oeuvres spoliées… Eugénie Bastié nous propose la réédition du livre d'Allan Bloom L'Âme désarmée , un essai sur le déclin de la culture générale, traduit par  Paul Alexandre, Pascale Haas avec une préface de Saul Bellow, il est paru aux éditions des Belles Lettres.

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