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Le sud-américian Oscar Pistorius en compagnie du britannique Martyn Rooney à la fin du 400 mètres hommes. (28/08/2011)

Progrès dans la connaissance du vivant

49 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir comme chaque semaine deux essais sous les feux de la critique : "Au péril de l’humain. Les promesses suicidaires des transhumanistes" Jacques Testart et Agnès Rousseaux (Seuil) , "La symphonie du vivant. Comment l’épigénétique va changer votre vie" Joël de Rosnay (Les Liens qui libèrent).

Le sud-américian Oscar Pistorius en compagnie du britannique Martyn Rooney à la fin du 400 mètres hommes. (28/08/2011)
Le sud-américian Oscar Pistorius en compagnie du britannique Martyn Rooney à la fin du 400 mètres hommes. (28/08/2011) Crédits : Mark Raston - AFP

Deux livres de biologistes qui se penchent sur l’impact social et politique des progrès dans la connaissance du vivant. Dans Au péril de l’humain, publié au Seuil, Jacques Testart et la journaliste Agnès Rousseau proposent de revenir sur ce qu’ils appellent les « promesses suicidaires du transhumanisme »… véritables machines à créer des inégalités. Le projet est différent dans l’essai de Joël de Rosnay, La Symphonie du Vivant, sorti aux éditions Les Liens qui Libèrent… mais il partage un même souci de nous libérer de toute forme de déterminisme scientifique. Il le fait en se penchant sur les enseignements de l’épigénétique, contre l’idée que nous serions déterminés par nos gènes. 

En studio pour débattre, il sont venus avec leur microbiome, la directrice des  rédactions de Sciences et Avenir et de La recherche Dominique Leglu, et Baptiste Touverey de Books.

Jacques Testart et Agnès Rousseau - Au péril de l’humain : les promesses suicidaires des transhumanistes

Jacques Testart est biologiste, il est connu pour être le père scientifique du premier bébé éprouvette français avec René Frydman et Emile Papiernik, Amandine née en 1982. Depuis il se livre à une réflexion critique sur ce qu’il estime être les avancées incontrôlées de la science. Ses inquiétudes le portent surtout vers les « manipulations du vivant », pour détourner le titre d’un de ses ouvrages. Il s’est penché sur les questions liées à la procréation, bien sûr, mais aussi sur les OGM et donc maintenant sur le transhumanisme. Il reprend là un autre file directeur de sa réflexion, plus politique, ce qui le rapproche d’ailleurs de la coauteur de l’essai qui nous intéresse aujourd’hui : la journaliste Agnès Rousseau qui coordonne le média indépendant Basta !

Petit rappel pour ceux qui ne seraient pas tout à fait au clair avec cette idéologie, le transhumanisme postule que l’homme est imparfait et qu’il faut non seulement pouvoir le réparer… mais aussi l’améliorer. Grâce aux techno-sciences NBIC – nanotechnologies, biotechnologies, technologie de l’information et sciences cognitives – on n’est plus seulement dans « manipuler le vivant » mais bien dans la fabrique d’un homme nouveau. Est-on face à une rupture civilisationnelle ou à la poursuite de l’histoire du progrès ? C’est l’alternative exposée par les auteurs qui déplient les conséquences de cette évolution en insistant sur les risques qu’elle fait peser sur nos libertés et sur l’aggravation des inégalités.

C’est à la fois un formidable panel des perspectives à court et moyen termes et une réflexion éthique et politique sur des technologies auxquelles Jacques Testart et Agnès Rousseau nous invitent à résister. 

Le livre procède en trois temps : la première partie passe en revue toutes les manifestations du transhumanisme, deuxième partie les auteurs reviennent à l’origine idéologique du transhumanisme, pour dans un troisième et dernier temps voir si on peut résister et si oui comment ? […]. J’ai trouvé que dans la première partie plus particulièrement chacun peut y faire son miel. (Baptiste Touverey)

Ce livre radical m’a beaucoup intéressé […]. On connaît Jacques Testart, à l’origine des travaux fondamentaux de génétique et de manipulation cellulaire pour faire advenir le premier « bébé-éprouvette » français,  Amandine. Depuis il passe son temps à insister sur la réflexion, l’éthique qu’il faut mettre en œuvre autour de tous ces travaux de biologie. C’est une réelle posture politique. (Dominique Leglu)

Joël de Rosnay - la Symphonie du vivant

Deuxième temps de l’émission, on va explorer maintenant les conséquences d’une autre avancée scientifique majeure de ces dernières années : l’épigénétique. L’essai que publie Joël de Rosnay aux éditions Les Liens qui Libèrent, la Symphonie du vivant, part de ce qu’il considère comme la dernière grande révolution en biologie : la découverte que, loin d’être déterminé par notre patrimoine génétique, celui-ci s’exprime en réalité de façon très différente en fonction de notre environnement ou de nos comportements. Nos gènes sont des notes sur une partition, l’épigénétique est leur mise en musique, la symphonie  dépend de l’interprète.

Voilà pour la métaphore musicale, filée tout au long de l’essai par Joël de Rosnay… qui fut enseignant chercheur au prestigieux Massachussetts Institute of Technology et directeur des Applications de la recherche à l’Institut Pasteur. Il est aujourd’hui conseiller du président d’Universcience et président exécutif du cabinet de conseil Biotics International. C’est aussi l’auteur de nombreux best-sellers de vulgarisation scientifique, qui entendent combler le fossé qui se creuse selon lui entre des avancées scientifiques toujours plus rapides, et la capacité du public et des politiques à suivre. C’est un point commun avec le premier essai, c’est le seul.

Car La Symphonie du Vivant est un livre hybride, entre l’ouvrage scientifique, le livre de développement personnel et la réflexion sociopolitique. On passe de la description détaillée du fonctionnement de l’ADN et du microbiome (ces quelques 5 kilos de microbes, bactéries et autres paramécies que nous transportons tous)… aux valeurs comparées du yoga, du surf et du Taï Chi… pour finir sur une vision épigénétique de la société qui met en avant l’interdépendance avec l’environnement, l’harmonie et la coopération entre les individus.

En lisant ce livre je me suis sentie sur des montagnes russes, je me suis dit : je suis dans un livre de développement personnel ou alors je suis dans un livre de théorisation  de l’épigénétique (Dominique Leglu)

Joël de Rosnay nous explique que les larves d’abeilles ont toutes le même ADN, elles sont toutes de vraies jumelles au départ et elles ne sont différenciées que par la nourriture, on donne de la gelée royale à la reine qui devient reine grâce à ça… Certaines seront reines, certaines seront ouvrières, c’est un cas d’épigénétique d’école, j’imagine. (Baptiste Touverey)

L'instant critique

Baptiste Touverey nous propose une série visible sur Netflix " Altered Carbon" ou "Carbone modifié" qui est une série télévisée de science-fiction tirée d'un roman  éponyme paru en 2002. Quant à  Dominique Leglu, elle nous propose une plongée dans le monde de Néanderthal grâce à l'exposition du Musée de l'Homme "Néanderthal l'expo" visible jusqu'au 7 janvier 2019. Nous y apprenons que Néandertal collectait des objets de curiosité, fossiles et beaux minéraux, mais à quelle fin ?

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