LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L’écrivain Alexandre Soljenitsyne en visite a Paris avec sa femme Natalia porte un toast avec Bernard Pivot le 17 septembre 1993 à Paris.

La réception de l'Archipel du goulag en France

29 min

"Alexandre Soljenitsyne m'a accordé sa confiance, j'ai eu la chance de faire quatre entretiens avec lui. Je l'ai suivi sur ses 20 ans d'exil." Bernard Pivot

L’écrivain Alexandre Soljenitsyne en visite a Paris avec sa femme Natalia porte un toast avec Bernard Pivot le 17 septembre 1993 à Paris.
L’écrivain Alexandre Soljenitsyne en visite a Paris avec sa femme Natalia porte un toast avec Bernard Pivot le 17 septembre 1993 à Paris. Crédits : Pool MERILLON/REGLAIN / Contributeur - Getty

Bernard Pivot est l'un des premiers à parler d'Alexandre Soljenitsyne en France, il lui a consacré plusieurs émissions, la première dès 1974.

Rappelez-vous à l'époque, il y avait des gens qui racontaient qu'il y avait des bagnards, des gens qui mouraient, et d'autres qui leur répondaient, oui mais attendez, l'U.R.S.S. c'est un pays où maintenant on mange à sa faim, qui a lancé Spoutnik, ils ont la bombe atomique, ils ont fait des progrès scientifiques extraordinaires. Ils ne disaient pas 'ceci compense cela', ils n'auraient pas osé, mais il y avait au fond cette impression que ce n'était pas aussi grave étant donné d'où vient l'U.R.S.S., ce pays arriéré sur lequel régnait le tsar il n'y a pas si longtemps. 

Il se rappelle la situation à la publication de L'Archipel du Goulag en France et les déchirements de la gauche.

L'intéressant c'était de faire un débat avec des gens de gauche, si c'était pour faire venir des gens de droite pour qu'ils disent "on vous l'avait dit depuis 20-30 ans, ce n'est pas très intéressant. Ce qui est intéressant, c'est de voir les frontières qu'un livre comme L'Archipel du Goulag allait tracer à l'intérieur de la gauche française, et Dieu sait que ce livre a laissé des traces, plus, des cicatrices. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Et quand il a enfin réussi à inviter Soljenitsyne sur le plateau de son émission Apostrophes dès 1975, les plaies de la publication de L'Archipel du Goulag ne sont toujours pas refermées.

Vous savez, dans tous les débats de l'époque, il y avait toujours un communiste, c'était obligatoire. Maintenant ça paraît un peu hors mode, mais à l'époque c'était obligatoire. Et là, dans un grand débat, il n'y avait pas d'intellectuel communiste, et dans ce débat ça a perturbé Jean Daniel qui n'avait personne à sa gauche. Du coup, il s'est senti obligé de se mettre à la place des camarades du parti. Mais je me suis retrouvé à devoir justifier sur le plateau ma décision de ne pas inviter un intellectuel communiste à l'époque, et je ne l'ai jamais regretté dans ma vie professionnelle. 

Intervenants
  • journaliste, critique littéraire et ancien animateur d'émissions culturelles à la télévision. Président l'Académie Goncourt depuis janvier 2014.
L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......