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Emmanuel Berl en 1975

Redécouvrons Emmanuel Berl

29 min
À retrouver dans l'émission

Un portraitiste et moraliste dans la grande tradition classique française.

Emmanuel Berl en 1975
Emmanuel Berl en 1975 Crédits : Louis MONIER / Contributeur - Getty

Certes, Berl avait été Munichois avec la majorité des français en 38, certes, il avait écrit quelques discours pour Pétain en 40, quand presque toute la France était pétainiste, on s'attendait à ce que le vainqueur de Verdun protège la patrie occupée et non pas qu'il en arrive à collaborer avec l'occupant, à devancer ses exigences afin de ménager son propre pouvoir. Berl était pacifiste, comme la plupart des gens en juin 40 et il aspirait d'abord à la fin des combats, "je reste encore éberlué qu'on me blâme encore d'avoir été Munichois et pétainiste à des moments où l'immense majorité de mes compatriotes l'étaient plus que moi" écrira-t-il plus tard.

Mais à la différence de tant de résistants de la dernière heure, lui n'a pas publié une ligne sous l'occupation, il n'a pas soumis le texte d'une pièce de théâtre à la censure, il a vécu caché en Corrèze. Jean-François Revel, dans ses mémoires, résume la situation ainsi : "Berl, venu aussi de la gauche, ne servit de nègre au maréchal que le temps d'un encrier, ce qui lui valut, après la libération, les quolibets des existentialistes, rendu résistant par la disparition de l'occupant."

Cette disgrâce fut peut-être aussi une bénédiction pour Berl, rendu sage par désengagement. "La libération le met à l'abri du vibrionnisme politique, l’existentialisme sartrien l'expulse de la mode" dira Pierre Nora. Berl va enfin pouvoir devenir lui-même dans le grand âge.

Intervenants
  • historien, éditeur, membre de l'Académie française
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