LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Noam Chomsky dans son bureau du MIT en octobre 1987
Épisode 4 :

Dénoncer, pour éclairer quoi ?

28 min
À retrouver dans l'émission

Quand Chomsky se fait fort, dans sa critique des médias, de démasquer leurs mensonges et contre-vérités, ses détracteurs alertent sur le risque d’activer un pur et simple antidémocratisme.

Noam Chomsky au 3e Forum Social Mondial à Porto Allegre au Brésil en 2003
Noam Chomsky au 3e Forum Social Mondial à Porto Allegre au Brésil en 2003 Crédits : MAURICIO LIMA - AFP

« Ah, cette presse, que de mal on en dit ! Il est certain que depuis une trentaine d’années, elle évolue avec une rapidité extrême. Les changements sont complets et formidables. Il suffit de comparer les journaux des premiers temps du… Second Empire, muselés, relativement rares, d’allure doctrinaire, aux journaux débordants d’aujourd’hui, lâchés en pleine liberté, roulant le flot de l’information à outrance »

Dans un ouvrage collectif paru en 1889, La Morasse et autres nouvelles, Emile Zola (pourtant « pour » et « avec » la presse comme il le précise), se dit néanmoins inquiet…. Inquiet de la « surexcitation nerveuse dans laquelle elle tient la Nation ». Une observation et un reproche que l’on pourrait très bien formuler aujourd’hui. Noam Chomsky lui, pense au contraire qu’elle l’endort… Que les journalistes pris comme un tout, auraient tellement intériorisé les principes de soumission et de conformité à l’orthodoxie, qu’ils se retrouveraient, consciemment ou non, à sans cesse dissimuler la vérité sur certains sujets essentiels.

Pour Chomsky il ne s’agit pas de parler de complot, on l’a vu hier…, mais peut-être davantage de la « confusion » créées par les médias, et ensuite largement diffusées par eux. Mais ce terme de « confusion » voire « confusionnisme » est justement le reproche qui lui est le plus souvent adressé.

Je pense que n'importe quel journaliste honnête est perturbé par ce que dit Chomsky. Il a raison de dire qu'on a insuffisamment couvert en Occident et aux Etats-Unis les crimes américains, ou soutenus par les Américains. C'est sans doute vrai qu'on a insuffisamment couvert le Salvador, insuffisamment couvert la dictature en Argentine et insuffisamment couvert le Timor oriental avec l'invasion par l'Indonésie de Suharto, très soutenue par l'Amérique. Et quand on est un journaliste honnête, on est perturbé par ce qu'il dit là. (...) Mais dans le monde de Chomsky, normalement, le Watergate n'aurait jamais dû exister. C'est le Washington Post, qui n'est pas un petit journal dissident mais qui était au milieu du champ avec des capitaux évidents, qui a fait tomber Nixon.    Géraldine Muhlmann

Des figures comme Noam Chomsky, Norman Mailer sont des enfants de l'immigration. L'Amérique les a accueillis, leurs familles fuyaient les pogroms européens. Et puis ces gens aussi, comme Howard Zinn et peut-être même un peu comme Philip Roth, ont dit à l'Amérique : on ne va pas te lécher la main pour autant. On sera aussi ta mouche du coche et ta mauvaise conscience. Et je peux comprendre ça. (...) Là où je suis moins bon public, c'est dans certaines évolutions tardives de Chomsky, et notamment de son co-auteur Edward Herman dont il signe la préface du livre Génocide et politique (2010). Autant sur le Cambodge je pense que Chomsky ne voulait pas nier les crimes des Khmers rouges, autant sur le Rwanda... C'est effrayant. Herman est un véritable révisionniste.    Géraldine Muhlmann

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......