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Paul Virilio en 2002
Épisode 3 :

D'accident en catastrophe

29 min
À retrouver dans l'émission

Paul Virilio avait la sensation que nous vivions un accident global... Pourquoi ? Quelle place prend cette idée dans sa pensée philosophique ? Et dans son travail architectural ? L'accident, et sa finitude, peut-il être une ressource pour penser le monde et l'habiter ?

Paul Virilio en 1997
Paul Virilio en 1997 Crédits : Louis MONIER/Gamma-Rapho - Getty

Faites une expérience, installez-vous confortablement, fermez les yeux et imaginez un accident : vous allez en décomposer tous les mouvements, l'inspecter mentalement de différents points de vue, de différents angles et surtout à des diverses vitesses. Paradoxalement, le choc le plus violent, le plus meurtrier, vous paraîtra alors aussi doux qu'une succession de caresses.
Cette expérience, c'est le philosophe et architecte Paul Virilio qui vous y invite avec cette question à l'horizon : et si le seul problème de l'accident, ce n'était pas sa violence, mais sa vitesse ? Et si le problème, c'était la vitesse qui a fait de l'accident jusqu'à la catastrophe, l'horizon de notre époque ?

Les invité.e.s du jour :

Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste, professeure titulaire de la Chaire "Humanités et Santé" au Conservatoire National des Arts et Métiers, dirige la Chaire de philosophie au GHT Psychiatrie et Neurosciences de Paris

et Jean Richer, architecte urbaniste de l’État, Jean Richer travaille pour la Drac Nouvelle-Aquitaine, il est doctorant au laboratoire ACS, école d’architecture Paris-Malaquais

La preuve du progrès c'est l'accident

Chez Paul Virilio, l'accident, c'est ce qui arrive. Et là où il est archétypal de la modernité, c'est qu'il il n'est plus quelque chose qui est dû au hasard, il est au contraire systémique, régulier, il est "l'envers" de la science. Le "problème" du monde dans lequel nous sommes aujourd'hui, c'est que la réussite du progrès est d'une certaine manière aussi signé par l'accident.  
Cynthia Fleury

L'accident en architecture

Quand Paul Virilio parle d'accident, il ne parle pas de la catastrophe, mais bien de la révélation qu'engendre l'accident. Peut-être qu'en architecture, cela veut dire que l'accident lui-même est une ressource. On pourrait imaginer de concevoir, d'habiter différemment à partir de cette finitude là. Ça veut dire aussi une économie de moyens... C'est une manière d'entrevoir l'architecture qui est très différente, qui la prolonge certainement dans une approche phénoménologique, puisque Virilio est avant tout un phénoménologue, un observateur de ce qui arrive.                                 
Jean Richer

Une atteinte au temps produite par la technique

La grande crainte de Virilio c'était que le temps ne soit plus habitable par l'humain, qu'on perde toute possibilité de faire quelque chose de ce temps, en vécu, en création, en civilisation, en éthique... Lorsqu'on est rentré dans un temps fait d'accidents systémiques, on a alors pénétré dans des irréversibilités, écologiquement parlant. Aujourd'hui, nous sommes encore dans l'événement Tchernobyl.                                
Cynthia Fleury

Sons diffusés :

  • Deux archives de Paul Virilio, 2003, émission Livre d'or, INA

Pour aller plus loin :

Visitez le site du Musée de l'Accident 

Intervenants
  • Philosophe et psychanalyste, professeure au Conservatoire National des Arts et Métiers, professeure associée à l'Ecole des Mines de Paris et directrice de la chaire de philosophie à l'hôpital Ste-Anne
  • architecte
L'équipe
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