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France Culture à l'université d'été du PS : Internet, huitres et vin blanc...

5 min

Une chronique sous le signe du vin blanc, des huitres et de La Rochelle puisque nous sommes en directInternet et la campagne c'est une ambiguité difficile à lever. Le numérique est-il un sujet de campagne ou un outil de campagne ? Chauqe candidat dispose de son site web. Un site web c'est d'abord la photo d'un candidat. Avantage Manuel Valls et Martine Aubry. Ensuite c'est un compte twitter. Avantage Manuel Valls et Montebourg.C'est un bon usage des technologies participatives. Avantage Martine Aubry et François Hollande. Un outil de recrutement. Arnaud Montebourg et Francois Hollande. Finalement chaque candidat a ses points forts et ses points faibles. Quant à Internet en tant que programme, il est présent au sein du programme du PS grâce à un travail de fond effectué depuis plusieurs mois voire plusieurs années : supression de hadopi, neutralité du net, fracture numérique, etc. Les sujets sont classiques mais ils accueillent cette année un petit nouveau qui ne manquera certainement pas de revenir régulièrement, celui de la polémique sur la fin de l'internet illimité. Mais ne vous inquiétez pas Internet est bien présent ici, ne serait-ce que parce qu'il est dans toutes les poches de tous les participants. Il y a bien sur aussi un tag sur twitter #ueps, ainsi qu'une page facebook pleine de gens qui cherchent des logements, des chambres d'hotel ou des plans de covoiturage -- ce qui montre au moins son utilité. Reste à savoir comment utiliser Internet dans le cadre d'une campagne. C'est pourquoi le Parti Socialiste propose vendredi et samedi deux journées de formation avec des ateliers directement à destination de leurs militants : utiliser twitter et facebook pour faire campagne -- programme de base et programme avancé ; blogs, sites et articles... comment écrire sur Internet ; être actif sur la toile, veille et riposte ; un étonnant aperigeek ; les bonnes pratiques vidéos ; organiser les communautés sur les réseaux sociaux ; les fonctions avancées de la coopol -- le célèbre réseau social interne du parti socialiste, etc. In fine l'impression que laisse Internet dans le cadre de cette université d'été c'est qu'Internet n'est pas abordé comme un outil de candidat, mais plutôt comme un outil de militant. J'y vois deux points positifs. Le premier c'est que c'est un positionnement qui correspond bien sur à la logique du réseau : décentralisé, crowdsourcé, peer-to-peer. Le second c'est que le réseau ouvert de l'Internet favorise bien souvent les esprits fermés et qu'on peut comprendre une certaine méfiance face à la dynamique souvent foisonnante mais agressive des forums en ligne, des discussions, etc. Mais du coup, on sent un certain détachement de ce sujet pourtant essentiel. Je ne crois pas que ce soit une question de génération. Je n'oserais pas parler d'une méfiance de principe des hommes et des femmes de pouvoir vis-à-vis d'un réseau qui trouve sa propre légimité en remettant sans cesse la leur en cause - à l'heure où même David Cameron annonce sans rougir que les manifestants ne devraient pas pouvoir communiquer entre eux quand ils manifestent, sans beaucoup plus de nuance et rejoignant les rangs de l'Iran, des ex-régime Tunisien et Egyptiens, il est dommage que les candidats ne soient pas plus présents sur ce sujet. Mais, au fond, c'est peut être une preuve de son omniprésence et de sa transversalité. Comme je le disais, Internet est autant un outil de campagne qu'un sujet à part entière. Et chacun s'accorde à dire qu'il aura un rôle essentiel dans la campagne présidentielle à venir -- Le cyberespace est un environnement hobbesien ultra-compétitif. Je ne doute pas un instant qu'il saura trouver sa place tout seul. ...

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