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Le tweetclash de Barack Obama sur le plafond de la dette : #fail ou #ftw ?

4 min

Avec plus de 9 millions de followers, Barack Obama est la 3e personne la plus suivie sur twitter - juste derrière lady gaga et justin bieber. Mais il n'est pas le seul à être présent sur ce réseau social qu'il partage évidemment avec l'ensemble des représentants républicains. Comme nous avons eu l'occasion de vous le dire lors du journal, un accord a finalement été trouvé autour du plafond de la dette, mais la bataille a fait rage pendant tout le week end. C'est pourquoi vendredi dernier, Barack Obama et ses équipes ont imaginé une stratégie de communication inédite pour pousser leurs supporteurs à faire pression sur l'opposition républicaine. Inspiré par leur stratégie de l'empowerment qu'il avait mise en œuvre avec succès pendant sa campagne, c'est donc une sorte de délégation de pouvoir numérique qu'il a confié à ses followers.Pendant toute la journée, message après message, le compte twitter @barackobama a servi de porte-voie pour lancer un appel aux internautes démocrates afin qu'ils envoient des messages à leurs représentants républicains pour les convaincre d'accepter un compromis. Ce qui donnait des messages du type : "si vous habitez au wisconsin, demandez à @senronjohnson de soutenir un compromis bipartisan sur la crise de la dette". Le tout multiplié par autant d'état et de représentants républicains - environ 230, soit plus d'une centaine de messages envoyés à plus de 9 millions de personnes - un véritable torrent de tweets. Les réactions ont été plutôt mitigées comme le dit avec euphémisme le Washington Post, beaucoup de gens se sont plaints de voir leur fil de messages pollués par le président ; le comité national républicain s'est moqué de l'initiative en mentionnant que spammer les internautes ne saurait malheureusement pas être aussi efficace que d'avoir un véritable plan de gestion de la dette ; un internaute a préféré réserver ses pensées pour le stagiaire chargé d'envoyer l'ensemble de ces messages - de mon coté je l'imagine très bien en train de se prendre une volée de bois vert au fur et à mesure que les messages venaient s'accumuler dans la timeline des citoyens américains... sans pour autant pouvoir arrêter les envois car cela aurait été reconnaître avoir fait une erreur de communication. De fait, façon boomerang, ce sont près de 35 000 personnes qui se sont désabonnées du compte twitter de barack obama dans la foulée de cette expérience de démocratie up-bottom-up. Et cela a fait une publicité inespérée à de nombreux représentants républicains qui peinaient peut être encore à augmenter leur nombre de followers. Difficile cependant de parler de débacle puisque cette tendance s'est inversée dès le lendemain samedi, et dans la journée de dimanche, barack obama finissait même par avoir gagné près de 11 000 nouveaux followers. Cette histoire est une preuve supplémentaire de la difficulté à mobiliser les réseaux sociaux pour la politique. Commentant ce qu'il qualifie de tweetclash géant, Henri Verdier rappelle ainsi sur son blog l'échec relatif des initiatives françaises- celles de l'ump - les créateurs des possibles - et du PS - la coopol. In fine, ce à quoi l'on a assisté ce week-end c'était peut-être finalement plus une expérimentation de la future campagne à venir qu'une opération de relations publiques autour de la dette. Les outils comme twitter sont nouveaux, mais paradoxalement, ils permettent autant de conforter la démocratie en créant un rapport direct avec et entre les citoyens, que de la menacer en contournant l'équilibre naturel des pouvoirs. Pour paraphraser Michelle Malkin, l'égérie républicaine - Yes we spam !

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