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Numéro 10. La folie de Foofwa

1h
À retrouver dans l'émission

Foofwa d'Imobilité, Naked Dancewalk
Foofwa d'Imobilité, Naked Dancewalk Crédits : Radio France

Le danseur genevois Foofwa d'Imobilité est fou et tranquille, marche nu dans les villes, redonne corps aux gestes passés de la danse et travaille l'art d'être là, présent, célèbre la vie. Il est 23h et un homme nu vient d’entrer. Rassurez-vous nous sommes habillés. Parce que nous sommes dans la vie, dans la rue, on est comme d’habitude et comme si de rien n’était et soudain un homme se met à danser. Pieds nus, par terre, la peau contre le macadam au milieu de nos vies à nous bien chaussées, bien habillées, bien armées. Il s’appelle Foofwa mais il n’est pas fou. Foofwa d’immobilité, parce que le mouvement ne serait rien sans la fixité. Foofwa a compris que la vie c’était les contraires. Il a compris qu’on avait en nous la vie la mort au même niveau. Ca vit ca meurt, c’est à 2 doigts. Alors il tente d’étirer la danse, dans l’espace et dans le temps. Pour qu’on parle en kilomètres et en heures, en jours, en années. Il tente d’étirer la vie qui parfois fait du sur-place, comme la danse. Est-ce que votre vie peut être comptée en kilomètres ? Est-ce qu’elle est assez élastique ? Jusqu’où on peut l’étirer ? Foofwa s’est posée la question : la pièce de danse que je veux faire avant de mourir. C’est une histoire de vie et de ventre. Sa mère dansait près de Noureev quand elle l’attendait. Elle était enceinte depuis 6 mois dans Don Quichotte , donc la danse il la reçoit en héritage. Il dansait dans le ventre de sa mère. Des années plus tard il appellera une de ses pièces : Utérus pièce d’intérieur . C’est une histoire de ventre, d’abri. Sa mère meurt 10 jours avant la naissance de sa fille. Lui sent la maladie et dit : Rien de mieux qu’un petit cancer pour mieux vivre . Il a compris qu’on avait en nous la vie la mort au même niveau. Ca vit ca meurt. Dans le fond la danse c’est du sur-place, la vie c’est du sur-place, alors comment on fait pour l’étendre et en faire des kilomètres, des heures et des années ? Il se déshabille et il se met à marcher. En pleine rue en plein chez vous. Il danse 100 km en ligne droite. Il veut sauver les gestes oubliés, quand tout disparaît. Il le fait avec les moyens du bord c'est-à-dire son corps, ses lèvres, quand il siffle, quand il donne la trace de ce qui a été dit par la voix. La folie de Foofwa c’est de vouloir faire exister ce qu’on ne voit pas. C’est réunir les contraires : le n’importe quoi et le sérieux. L’utile et l’inutile. Hier et ce qui suivra. C’est une façon de conjurer la mort à travers la danse et à travers la joie. Il est 23h et un homme nu vient d’entrer. Rassurez vous nous sommes habillés, mais il n’est pas impossible que l’on se fasse contaminer en secret – ce sera une heure 60 minutes dansées en ligne droite vers demain

Foofwa d’Imobilité, chorégraphe et danseur suisse, qui entreprend untravail sur trois ans autour de certains aspects oubliés de l’histoire de la danse: UTILE/INUTILE. Une semaine de performances au Centre Culturel Suisse non stop, 120 heures du 2 au 6 novembre

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Avec Jonathan O Hear artiste plasticien.

LIVE : ARLT - Deableries

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Le dessin d'Amélie Bonnin

Naked Dancewalk
Naked Dancewalk Crédits : Radio France
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