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Danielle Arbid

Numéro 25. La fougue de Danielle Arbid

1h01
À retrouver dans l'émission

Dans "Peur de rien" de Danielle Arbid : on arrive à Paris, on se met dans la peau de Lina, on a 17 ans, ce sont les années 90, on a quitté le Liban. Comme dit Sacha Guitry : Etre parisien ce n’est pas y naître, c’est y renaître, ce n’est pas y avoir vu le jour, c’est y voir clair.

Danielle Arbid
Danielle Arbid Crédits : Ph. Lebruman

Il est 23h et on a peur de rien. 

On arrive à Paris, on est sous le choc, on se met dans la peau de Lina Karam, soudain on a 17 ans, ce sont les années 90, on a quitté le Liban et on arrive à Paris. On a peur de rien. Il y a des mots clés que l’on pourrait garder et qui parleraient de beaucoup de 17 ans aujourd’hui : arriver, Paris, choc et peur de rien – on remplacerait quitter le Liban par bien d’autres pays, on garderait Paris comme un point possible d’arrivée et on dirait, en reprenant les mots de Guitry : être parisien ce n’est pas y naître c’est y renaître -- nous devons être d’accord je pense sur Paris. Danielle Arbid filme Lina qui arrive à Paris, elle filme le premier matin du jour, le premier regard. Si on vit là on où on est né, on se rend compte petit à petit que c’est le regard nouveau sur son pays, le regard de celui qui arrive, qui le rend vivant. Un pays ne vit que s’il est vu pour la première fois chaque jour, sinon il se perd de vue. Qui veut d’un pays avec des vieux yeux. Dans les yeux de l’étranger, avant de s’habituer, il y a le possible. Dans le film Peur de rien, une guerre vient de se terminer : et la question se pose, où aller ? Lina arrive dans les années 90 comme d’autres arrivent chaque année. Le cœur battant. Danielle Arbid dit : Les gens libres se ressemblent. Et elle aime les filmer, sans folklore, avec beauté et crudité, qu’ils soient en train d’errer à Paris à Beyrouth ou en Jordanie. Elle observe la sensualité des corps en mouvement, en révolution permanente. Toutes les images disparaîtront écrit Annie Ernaux dans les Années. Toutes sauf celles de demain. Danielle Arbid ne filme pas un souvenir, elle filme l’avenir, elle le tend fragile et droit devant nous. Il y a le visage de Lina. Il y a, à un moment donné du film, ces mots : le Tribunal annule la procédure d’expulsion. Le tribunal annule. L’expulsion. Il y a le temps de comprendre et il y a un immense sourire. Et là ça nous met d’accord sur Paris. On dit comme Sacha Guitry : Etre parisien ce n’est pas y _naître, c’est y renaître_, ce n’est pas y avoir vu le jour, c’est y voir clair. On a soudain 17 ans, nous sommes Lina, Paris annule l’expulsion et Paris est vivant - on y voit clair, on voit demain donc on a peur de rien

Danielle Arbid, réalisatrice franco-libanaise, pour son troisième long-métrage de fiction Peur de rien. (sortie 10 février)

Yannick Casanova, qui prépare un portrait filmé de Danielle Arbid : Un Chant de bataille.

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Bachar Mar-Khalifé, Danielle Arbid, Yannick Casanova
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L'arrivée de Danielle Arbid à Paris, le beau, le laid
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