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Mathieu Simonet enfant et son père

Numéro 27. Le journal intime de Mathieu Simonet

1h
À retrouver dans l'émission

Faut-il se séparer de ses journaux intimes ? Mathieu Simonet est avocat et romancier, son premier carnet était rouge, c'était en 1984. Il les a relus, transformés en roman. Il est devenu écrivain comme son père, qui n'a jamais publié mais dont l'écriture est au centre de sa vie.

Mathieu Simonet enfant et son père
Mathieu Simonet enfant et son père Crédits : Mathieu Simonet

Il est 23h, faut-il se séparer de ses journaux intimes ? On a oublié nos écritures d’avant. Notre écriture tout court. On la voit moins souvent : on regarde des écrans. On a oublié comme adolescent il y a eu des étapes et comme ça disait qui on était. Des décisions radicales : de couleurs d’encres, des façons de tourner un L ou un P. Il y a eu ce moment où on est passé de l’encre bleue à noire, où on avait décidé de faire moins penché, moins rond, moins turquoise, plus fin – d’adopter l’écriture de son père ou plutôt de sa mère– et puis de faire plus vite, moins lisible : plus adulte. Il y a ce moment où Mathieu Simonet décide d’écrire plus masculin, en lettres d’imprimerie, en marron. L’écriture ça commence par un petit carnet rouge en 1984. Il avait couté 35 francs et c’est son père qui lui avait offert. Son premier conseil avait été : il ne faut rien inventer, juste écrire les faits et attendre que ça prenne de l’ampleur. Comme l’éditeur et écrivain Jean Cayrol disait : écrivez pour donner du jour aux mots. Chez Mathieu Simonet ça prend de l’ampleur, ça met au jour : un père qui écrit mais qui a sa maladie, peu importe le mot, sûrement la schizophrénie. Une mère qui aime un peu trop l’alcool et qui tombe malade. Mathieu Simonet écrit depuis ses carnets intimes : une autobiographie collective : il fait le travail pour nous. Il dit : Je ne crois pas dans la propriété des mots. Je crois en une expérience collective. C’est le sens de l’écriture. Le collectif ça commence à deux et l’écriture ça commence avec son père. Je voulais devenir écrivain, comme mon père. C’est la question de Mathieu : comment entrer dans l’écriture à plusieurs ? Ne pas en faire une histoire solitaire ? Faire de son père un écrivain. Comment susciter des mots chez les autres ? Mathieu Simonet a besoin de terminer ce livre sur son père pour écrire comme un adulte et non comme un enfant. Julien Green écrivait : C’est une curieuse habitude que celle de tenir un journal où l’on peut se demander à quel besoin elle répond si ce n’est au plus chimérique : celui de fixer le temps. Sûrement celui de se souvenir la petite écriture penchée, un peu trop ronde, qui prenait soin des mots, qui ne s’était pas encore fixée, qui allait encore changer d’encre, de direction, de façon de former les L ou les P – si on jette les carnets ce sera au grand jour : on va d’abord les partager

Mathieu Simonet, avocat et romancier (Les carnets blancs, La Maternité, Barbe rose publiés au Seuil)

Anne-Sarah Kertudo son amie d’enfance et Baptiste, son mari, personnage présent dans ses romans

L'éditeur René de Ceccatty et Chloé Delaporte, professeur de français au Pré-Saint-Gervais

LIVE : CLARIKA, disque De quoi faire battre mon coeur (La Cigale le 12 avril)

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Lettre de Jean Cayrol au père de Mathieu Simonet
Lettre de Jean Cayrol au père de Mathieu Simonet

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