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Le camp Yantar 1994

Numéro 28. Les adolescences de Claudine Doury

1h01
À retrouver dans l'émission

Il y a dans les photos de Claudine Doury : des jeunes filles et des princes charmants, la mer noire, la forêt, des cheveux longs, des jambes et des torses nus. Il y a les adolescences de très loin : la Sibérie ou la Crimée, et l’adolescence de tout près : celle de sa fille Sasha.

Le camp Yantar 1994
Le camp Yantar 1994 Crédits : Claudine Doury (VU)

Il est 23h, est-on le début ou la fin d’un monde ? Ce n’est pas tranché. Toute sa vie on espère ne pas voir son monde disparaître et pourtant, on avance sur de petits écroulements. Claudine Doury est partie dans cette partie du monde où on n’avait pas le droit d’aller, de l’autre côté. Un territoire interdit qui s’ouvre, l’espace soviétique. Elle photographie la fin d’une histoire et la fin d’un âge : l’adolescence. Ces moments pas bruyants où l’on passe d’un monde à l’autre. Il y a dans ses photos le monde d’hier – et le silence et le désir des corps qui eux, habiteront d’autres époques. Des corps qui n’osent pas dire aux paysages que c’est bon, ils s’en sortiront sans eux. On n’ose rarement dire à nos décors qu’on vivra ailleurs – nos maisons d’avant, notre corps d’adolescent : on se tait – et on part tranquillement. Il y a dans ses photos des jeunes filles et des princes charmants, la mer noire, la forêt, des cheveux longs, des jambes et des torses nus. Il y a les adolescences de très loin, la Sibérie ou la Crimée, et l’adolescence de tout près, celle de sa fille Sasha. Celle qui sans bal de fin d’année, dit au revoir à la petite fille qu’elle était. J’avais déjà invité Claudine Doury à venir dans l’émission, elle avait dit non. C’était en 2012 elle avait dit non : mes mots témoignent mal de mes photos. Là elle a dit oui, en ajoutant qu’elle n’était pas rassurée. Elle préfère le monde du silence, elle préfère répondre en images à des questions comme : pourquoi les filles des steppes ont toujours, 4000 ans plus tard, les mêmes tresses que la princesse caucasienne Loulan ? Elle raconte l’histoire de cette institutrice au Kazaksthan. Petite elle avait l’habitude de se baigner dans la mer d’Aral, c’était devant chez elle. Depuis la mer s’est retirée à une centaine de kilomètres. Claudine Doury décrit : c’est une mer dont le son aurait été coupé. Pas un être vivant à la ronde, pas même un oiseau, rien de ce qui ressemble habituellement à un bord de mer. On va tenter de faire parler Claudine Doury. Pourtant le son est coupé. Nous sommes au dessus des mots, la mer s’est retirée mais les corps toujours y sont attirés et font tomber la dernière timidité. C'est l'annonce du monde nouveau.

Claudine Doury, photographe. (Agence VU) En ce moment jusqu'au 20 mars à la Galerie Particulière, l'exposition : L'homme nouveau

Merci à Charles Weinstein pour cette berceuse tchouktche par Zoïa Tagrina

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Sa fille Sasha qu’elle a photographiée au passage à l’âge adolescent.

Patrick Charton, luthier, son compagnon.

LIVE : MANSFIELD TYA (la Cigale le 21 avril à Paris)

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