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Dieudonné Niangouna

Numéro 33. Dieudonné Niangouna boxe la scène et la vie

1h
À retrouver dans l'émission

"Pour faire du théâtre il faut boxer la situation", dit Dieudonné Niangouna, acteur, auteur et metteur en scène né à Brazzaville en 1976. Il a survécu à trois guerres civiles et un enlèvement dans les années 90. Il fonde la compagnie Les Bruits de la rue avec son frère : corps à corps avec le réel.

Dieudonné Niangouna
Dieudonné Niangouna Crédits : Eric Legrand

Il est 23h et il y a les bruits de la rue. On ne peut pas les ignorer, on ne peut pas faire semblant, il faut penser à : Contacter le temps. Il faut contacter le monde, dit Dieudonné Niangouna –si on oublie, on peut vite avoir son époque dans le dos, devenir sourd et perdre de vue. Lui a choisi le corps à corps, le face à face avec la rue, avec la vie, et il dit : Pour faire du théâtre il faut boxer la situation. La situation ça a pu être dans sa vie : une guerre civile, puis deux, puis trois, à Brazzaville. La situation ça a été : être dans la forêt, enlevé par des rebelles, y rester un an et demi. Ca a été : être à deux doigts de la mort. La situation choisie c’est : arriver au théâtre, dire, parler et crier. Il aime les films d’action, il se rêvait Jackie Chan depuis le Congo. Il boxe la vie, la scène, par le haut. Les histoires se mettent debout, il faut raconter debout. Dit il. Il passe les nuits et les jours debout, il faut apprendre autant du noir que de la lumière, disait sa grand mère la conteuse et guérisseuse et sorcière. Il est fier d’être dans la même urgence d’écrire, le même tourbillon que Sony Labou Tansi l’immense auteur congolais qui écrivait : Le point d'interrogation est la plus grande invention de l'homme, je pense. Dieudonné Niangouna n’a pas toutes les réponses, mais le fait d’être là, debout, de se planter et d’écouter les bruits de la rue, c’est un point d’interrogation qui nous fait face. Quand il joue au théâtre il dit qu’il fait son kung fu. Il n’est pas devenu comédien comme on rentre à l’Académie ou comme on suit un cursus, le chemin n’a pas été tout tracé. Son écriture, son jeu : il l’a résumé par les sons de son hisoire : Big ! boum ! bah ! C’est à dire : Silence, rapidité et explosion. L’ennemi pour lui n’est jamais une personne c’est toujours une facilité, une facilité de penser. Plus tard il conclut : Que la parole reste une promesse et qui jamais ne se retire. Il est 23h, nous sommes en studio et toujours il y a : les bruits de la rue. Dieudonné Niangouna fait du théâtre debout, il est celui qui se pose en point d’interrogation, qui prend contact avec le monde, face à face avec l’époque, et qui dit : je voulais que la parole soit du sang qui détermine le conduit des veines. –

Dieudonné Niangouna, auteur, acteur et metteur en scène. Il a grandi à Brazzaville au Congo, a survécu aux guerres civiles et à un an et demi dans la forêt équatoriale enlevé par des rebelles. Son goût de l’écriture lui vient de sa grand-mère sorcière conteuse guérisseuse, et de son père grammairien.

Son frère Criss Niangouna avec qui il a créé en 1997 la compagnie Les Bruits de la rue à Brazzaville.

Jean-Paul Delore, metteur en scène avec qui il travaille depuis plus de 10 ans. C’est lui qui met en scène Machin La Hernie de Sony Labou Tansi au TARMAC du 13 au 16 avril, lors des Traversées Africaines.

LIVE : PERRINE EN MORCEAUX (nouvel album : RIEN) le 29 avril Release Party, SuperSonic à Paris PERRINE sur Facebook

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