LE DIRECT

Numéro 5. Dans la grotte de Gaëlle

1h
À retrouver dans l'émission

Gaëlle Bourges
Gaëlle Bourges Crédits : Danielle Voirin - Radio France

Plongée dans la grotte de Lascaux avec Gaëlle Bourges pour sa prochaine pièce : qui fait le lien entre l'art pariétal et la cave du théâtre érotique.
Il est 23h et chacun sa grotte. Son lieu souterrain. Chacun son début du monde. Qui sera effacé et qu’on passe une vie à repeupler. Ceux qui sont nés après 1963 n’ont de toute façon rien vu. Ceux qui sont nés avant ne peuvent avoir qu’un souvenir lointain. L’image a été déprogrammée, impossible d’y entrer. Lascaux est fermée, interdite du regard, pour être mieux conservée. Il y a des lieux souterrains qu’on passe son temps à rêver. Lascaux c’est un mot. Un mot d’enfant, un souvenir d’école. La grotte, il faut attendre. Il y a un jour où on réalise . Mais avant ça il y aura des visites d’enfants, des soupirs, on nous traine, on aligne des milliers d’années et on acquiesce, on croit comprendre. Et un jour la grotte on réalise : on peut mettre une vie à réaliser : qu’il y a plus de 20 000 ans, ils étaient déjà là. Il faut tout oublier quand on entre dans la grotte dit Gaëlle Bourges. Pour pouvoir se reconnecter. Avoir la sensation qu’ils avaient. Bataille y allait la nuit. Il faut faire le noir. C’est à dire fermer les yeux plutôt que les ouvrir. Chacun son lieu souterrain, celui de Gaëlle Bourges, a été la cave d’un théâtre érotique parisien avec fresques murales. Elle colle ces danses érotiques aux parois de la grotte. Ce sera une danse de grotte. On entre dans la pré histoire, avant l’histoire. Qu’est ce qui a existé avant qui nous fait bouger comme ça maintenant ? Jean-Michel Geneste, ancien conservateur de Lascaux a dit : le feu dans la grotte c’était peut-être pour mettre en scène les gens tout autour, on peut imaginer des gens qui dansaient avec les ombres . On lui demande : comme Fred Astaire ? Il répond : oui comme Fred Astaire, l’image de la danse avec l’ombre est une image très forte, et très ancienne . Il n’y a rien de plus fort que le jour où on réalise. L’idée de la grotte. L’idée des corps qui ont existé et ne reviendront pas. Alors on avance debout, pas forcément habillé, on refait les gestes. On peut fermer les yeux. S’il y avait une chanson sur Lascaux, Gaëlle Bourges dit : ce serait une chanson mélancolique. Le refrain serait : il faut tout oublier . Le studio est notre grotte. Le temps de présence à l’intérieur est limité. L’image a été effacée, nous avons une heure pour danser. Nous sommes quelques uns en studio et nous sommes des milliers, nous dansons avec nos ombres ou celles de ceux qui nous ont précédés.

Gaëlle Bourges, chorégraphe, pour son travail en cours qui lie Lascaux et son expérience du théâtre érotique. (Lascaux : les 1er, 2 et 3 décembre à la Ménagerie de Verre à Paris dans le Festival les Inaccoutumés)

Alice Roland, danseuse, écrivain, auteur de A l’oeil Nu (POL)

Jean-Michel Geneste , archéologue, ancien conservateur de Lascaux - en special guest pour ouvrir l'émission

LIVE : Stéphane Monteiro, aka XTRONIK

Gaëlle Bourges par Amélie Bonnin
Gaëlle Bourges par Amélie Bonnin Crédits : Radio France
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......