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"Le Barbier de Séville", Londres, 2017

Un fabricant de ma liberté

29 min

En 1775, Beaumarchais vient lire sa nouvelle pièce, Le Barbier de Séville, devant le comité de la Comédie française. Une vie des plus agréables attend Beaumarchais : celle d'un écrivain de théâtre.

"Le Barbier de Séville", Londres, 2017
"Le Barbier de Séville", Londres, 2017 Crédits : John Snelling / Contributeur - Getty

En 1772, Beaumarchais présente aux comédiens italiens un premier Barbier de Séville, opéra-comique, qui est refusé.

Trois ans plus tard, il vient lire sa nouvelle pièce, Le Barbier de Séville, devant le comité de la Comédie française. L'accueil est enthousiaste, et le censeur donne son accord. Pour fêter cette bonne nouvelle et le remercier des prêts d'argent, le duc de Chaulnes invite l'auteur chez sa maîtresse, Mademoiselle Ménard... Erreur fatale ! Elle succombe aux charmes de Beaumarchais, mais bientôt les amants sont dénoncés. Le duc défie alors Beaumarchais en duel, qui ne sort plus sans deux pistolets chargés. 

Beaumarchais finit en prison. L'argent et l'amour sont deux champs de bataille où la guerre est dangereuse. Et pendant ce temps, les comédiens continuent de jouer Le Barbier de Séville. Le 23 février 1775, tout Paris se presse au Palais des Tuileries pour assister à la première : c'est un échec. 

La première représentation déçoit par ses longueurs, mais elle est élaguée par l'auteur en quarante huit heures lui conférant un rythme et une vivacité qui lui manquait, et le Barbier de Séville connaît un succès triomphal lors de la seconde représentation.

Quelques mois plus tard, c'est Marie-Antoinette, la reine, qui endossera le rôle de Rosine. Une vie des plus agréables attend Beaumarchais : celle d'un écrivain de théâtre. 

Mais cela ne suffira pas à Pierre-Auguste, qui repart vite sur les chemins de l'aventure. 

Les ouvrages de théâtre, monsieur, sont comme les enfants des femmes. Conçus avec volupté, menés à terme avec fatigue, enfantés avec douleur, et vivant rarement assez pour payer les parents de leurs soins, ils coûtent plus de chagrins qu’ils ne donnent de plaisirs. Suivez-les dans leur carrière ; à peine ils voient le jour, que, sous prétexte d’enflure, on leur applique les censeurs ; plusieurs en sont restés en chartre. Au lieu de jouer doucement avec eux, le cruel parterre les rudoie et les fait tomber. Souvent, en les berçant, le comédien les estropie. Les perdez-vous un instant de vue, on les retrouve, hélas ! Préface au "Barbier de Séville" 

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