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Benito Mussolini, son amante Claretta Petacci et le ministre Alessandro Pavolini, suspendus par les pieds Piazzale Loreto à Milan.

1. Le Duce est mort, vive le Duce

58 min

Ce premier épisode de la Grande Traversée sera consacré à la mort de Benito Mussolini, dit le Duce. Qui fut l'homme, derrière le dictateur ? Quels ont été sa trajectoire, ses ambitions, son rapport au pouvoir, à sa famille, à l'Italie ?

Benito Mussolini, son amante Claretta Petacci et le ministre Alessandro Pavolini, suspendus par les pieds Piazzale Loreto à Milan.
Benito Mussolini, son amante Claretta Petacci et le ministre Alessandro Pavolini, suspendus par les pieds Piazzale Loreto à Milan. Crédits : Getty

Le 30 avril 1945, quelques jours après sa mort, le corps de Benito Mussolini est piétiné à Piazzale Loreto à Milan, aux côtés de sa maîtresse Claretta Petacci et d’autres hiérarques du régime. La même place sur laquelle 8 mois plus tôt, des cadavres de partisans avaient été exposés aux yeux des Milanais, en plein mois d’août. Les images de cette cérémonie expiatoire – quasi cinématographique - d’un peuple qui se libère de son bourreau sont encore présentes chez les Italiens. 

Mussolini, c'est le premier dictateur d'Europe, avant Hitler, avant Franco, avant tous les autres. C'est lui qui a donné les codes. (Emmanuelle Nobécourt)

Le récit de la mort de Mussolini est encore entouré de mystère. Quelques jours avant ce lynchage public, il s'était déguisé et avait fui vers la Suisse dans un convoi allemand. Arrêté par un barrage de partisans, il avait été reconnu et on l'avait fusillé au coin d'une rue à Giulino di Mezzegra, sur les rives du lac de Côme. Frédéric Le Moal, dira ainsi que "Mussolini meurt comme il a vécu, c'est-à-dire dans la violence".

Le 25 juillet 1943, Mussolini est destitué par le Grand Conseil du fascisme, et le maréchal Pietro Badoglio est nommé par le roi à la tête du gouvernement. 

S’ensuit la longue déchéance de ce dictateur adulé par les foules. 

L'écrivain Italo Calvino parle de la représentation du Duce et de l'importance de son corps dans la mise en place du culte du chef : "La veste du Chef du gouvernement était une jaquette qu’il portait d’habitude pour les cérémonies officielles. Dans ces portraits, Mussolini avait encore des cheveux noirs sur les tempes et peut-être - je n’en suis pas sûr - au milieu du crâne dégarni. Son costume d'homme d’état en accentuait la jeunesse, parce que c’était la vraie nouveauté que l’image devait transmettre. On n’avait jamais vu en Italie un homme d’état rasé, sans barbe ni moustache, et c’était déjà en soi un signe de modernité".

Mussolini est arrêté, emprisonné, puis libéré par les Allemands au Campo Imperatore, près du Gran Sasso, dans les Abruzzes. Libéré mais pas libre.

Libération de Mussolini, emprisonné au Gran Sasso dans les Abruzzes, par les Allemands.
Libération de Mussolini, emprisonné au Gran Sasso dans les Abruzzes, par les Allemands. Crédits : Getty

Hitler l’accueille, Mussolini rentre en Italie, s’installe sur le Lac de Garde et met en place la République sociale italienne – dite République de Salò – état fantoche orchestré par l’Allemagne nazie.

La dépouille de Mussolini se trouve désormais dans le cimetière de Predappio, dans la crypte de famille. 

L'entrée de la crypte de la famille Mussolini, dans le cimetière de Predappio.
L'entrée de la crypte de la famille Mussolini, dans le cimetière de Predappio. Crédits : @Simonetta Greggio

Le corps de Mussolini est enlevé en 1946 par des nostalgiques du fascisme. Il n'est restitué à la famille Mussolini qu'en 1957. À l'époque, le président du Conseil, Adone Zoli, un homme originaire de Forlì, met fin aux polémiques sur la prise en charge de la tombe de Mussolini. 

Quand Adone Zoli autorise le retour des restes mortels de Mussolini à Predappio, la Constitution existe depuis déjà dix ans. Zoli dit, en substance, qu’une République démocratique avec une constitution telle que la nôtre ne doit pas avoir peur du passé. (Mario Proli) 

Adone Zoli, président du Conseil italien de 1957 à 1958.
Adone Zoli, président du Conseil italien de 1957 à 1958. Crédits : Simonetta Greggio

Les musiques de l'émission

"Non è finita a Piazzale Loreto", Fausto Amodei, 1971 

Crapa pelada (Crâne chauve), Quartetto Cetro 

"Ed io ero Sandokan" est une chanson inspirée par les chants des partisans antifascistes, écrite par Armando Traovajoli en 1974 pour le film d'Ettore Scola, Nous nous sommes tant aimés. "Nous marchions l'âme à l'épaule / Là-bas dans les ténèbres / Mais la lutte pour notre liberté / Nous éclairera le chemin / Je ne savais pas quel était ton nom / Je ne pouvais pas dire le mien / Ton nom de bataille était Pinin / Et moi j’étais Sandokan. / Nous étions tous prêts à mourir / Mais de la mort nous ne parlions pas / Nous parlions du futur / Si le destin nous emporte / Le souvenir de ces jours / Nous tiendra toujours unis". (Traduction C. Bernard)

Hymne de la Decima Flottiglia MAS (10ème flottille MAS) : Quand la Rome antique semblait avoir tout perdu / l'invincible Xe Légion se leva; / l'ennemi barbare fut soumis / Rome retrouva paix et dignité. / Quand cet ignoble huit de septembre / le traître quitta la patrie / la Xème flottille sortit de la mer / et prit les armes en criant "pour l'honneur". 

Musique du générique : Se bruciasse la città, Massimo Ranieri, 1969

Une série documentaire de Simonetta Greggio, réalisée par Julie Beressi.  

Avec les comédiens Gianfranco Poddighe, qui incarne Benito Mussolini, Frédéric Bocquet, Romain Lemire et Sonia Masson.

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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