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Hermann Goering (droite), son épouse Emmy Goring (centre) montre leur lion à Benito Mussolini (gauche)

4. Je suis la Bête

58 min

À partir des lois fascistissimes en 1925, la dictature se renforce. Mussolini entame une campagne colonialiste en Éthiopie en 1935 et s’associe avec l’Allemagne nazie d’Hitler en 1938 en promulguant les lois raciales. La propagande infiltre tous les arts : l’architecture, le cinéma, la poésie...

Hermann Goering (droite), son épouse Emmy Goring (centre) montre leur lion à Benito Mussolini (gauche)
Hermann Goering (droite), son épouse Emmy Goring (centre) montre leur lion à Benito Mussolini (gauche) Crédits : PhotoQuest / Contributeur - Getty

De l’ombre à la lumière. 1925, la dictature se renforce. Mussolini est sur tous les fronts. Sa rencontre avec les futuristes lui permet notamment de construire une culture publique du fascisme, qui s'appuie sur des expositions au graphisme très moderne. 

Les futuristes ont été très importants, ils ont joué un rôle considérable dans cet enchevêtrement d'idéologies nationalistes, anti-féministes, misogynes et modernistes. Ils ont fourni à Mussolini un cocktail idéologique. Parmi eux, Marinetti, qui a vraiment été l'un des tous premiers fascistes. Ils ont aussi apporté une légitimité intellectuelle au fascisme. (Ruth Ben-Ghiat) 

"Zang Tumb Tumb", poème sonore écrit par Filippo Tommaso Marinetti en 1912.
"Zang Tumb Tumb", poème sonore écrit par Filippo Tommaso Marinetti en 1912. Crédits : Getty

En 1912, Filippo Tommaso Marinetti écrit le poème Zang Tumb Tumb, qui définira l'esthétique des "Mots en liberté", véritable "révolution typographique", reprise plus tard par Apollinaire dans ses Calligrammes. Marqué par la Première guerre mondiale, Marinetti raconte la bataille d'Andrinople en un poème sonore et visuel : il dessine, par la disposition des mots sur la page, des armes d'artillerie, et utilise des onomatopées imitant des bruits d'explosion. 

Un extrait du poème : "Ogni 5 secondi cannoni da assedio / sventrare spazio con un accordo / ZANG - TUMB – TUUUMB  / ammutinamento di 500 echi / per azzannarlo, sminuzzarlo, sparpagliarlo  / all’infinito. / Nel  centro di quei ZANG-TUMB-TUUUMB  / spiaccicati ampiezza 50 km2  / balzare scoppi tagli pugni batterie a tiro rapido, / Violenza ferocia regolarità / questo basso grave scandere gli strani folli / agitatissimi acuti della battaglia / Furia affanno orecchie occhi narici aperti!" 

"Toutes les 5 secondes, canons de siège / éventrer l’espace par un accord / Zang Tumb Tumb/ mutinerie de 500 échos / pour le découper, le hacher et l’éparpiller, / à l’infini. / Au milieu de ces Zang Tumb Tumb / éclatés à une ampleur de 50 km2 / lancer des coups de poing, batteries à tir rapide, / Violence, féroce régularité / cette basse grave scande les étranges fous / très agités de la bataille / Fureur, folie, oreilles, yeux, narines ouvertes." (Traduction C. Bernard)

Les arts et les artistes sont au service de la construction d’une « Italie nouvelle ». L'architecture est inspirée du Bauhaus, le cinéma contribue au rayonnement du régime avec la construction des studios de Cinecittà, véritable ville dans la ville. 

Le Duce reprend le slogan de Lénine : “La cinématographie est l’arme la plus forte”. 

"La cinématographie est l'arme la plus forte", studios de Cinecittà en 1937.
"La cinématographie est l'arme la plus forte", studios de Cinecittà en 1937. Crédits : Getty

La Piazza Venezia est au coeur de la construction de la nouvelle Rome fasciste.

Mussolini a compris l’importance de la radio, par conséquent la diffusion de ses discours résonne depuis Piazza Venezia sur les innombrables places des villes italiennes. C'est le lieu parfait, le lieu par excellence pour lancer un message. Il y a ici une théâtralité extrêmement importante. Cette place est au centre de la redéfinition de la nouvelle Rome, de la Rome impériale et fasciste. (Patrizia Dogliani)  

L'aigle fasciste.
L'aigle fasciste. Crédits : Simonetta Greggio

« Seul contre tous » : Mussolini est aveuglé par le pouvoir. Ses volontés expansionnistes se traduisent par l’invasion colonialiste de l’Éthiopie en 1935. En surévaluant les capacités guerrières de l’Italie, en menant une propagande de déshumanisation de l’adversaire éthiopien, c’est Mussolini lui-même qui montre au grand jour inhumanité et dilettantisme. 

C'est une promesse de vie non pas économique, mais une promesse de vie meilleure. C'est important pour comprendre la nature du colonialisme italien (...) L'érotisation du colonialisme, les relations de genre du colonialisme sont absolument entrecroisées avec les relations "raciales", de pouvoir, de classe. (Francesca Melandri) 

Sur le front sud, un groupe de soldats italiens joue sur le passage des soldats d'infanterie de la 221e légion des chemises noires "Faisceaux italiens à l'étranger", Guerre italo-éthiopienne, 1935
Sur le front sud, un groupe de soldats italiens joue sur le passage des soldats d'infanterie de la 221e légion des chemises noires "Faisceaux italiens à l'étranger", Guerre italo-éthiopienne, 1935 Crédits : Getty

En septembre 1937, Mussolini part à Berlin, en visite d'État. Il est très impressionné par le régime mis en place par Hitler. Il rentre en Italie avec la volonté de donner un coup d'accélérateur à son propre régime. 

Mussolini va être fasciné par la discipline des foules en Allemagne, et par ce qu'il voit de la réalisation de ce totalitarisme nazi qui se construit à grandes enjambées, beaucoup plus vite qu'en Italie. (Marie-Anne Matard-Bonucci) 

Une série documentaire de Simonetta Greggio, réalisée par Julie Beressi. 

Avec les comédiens Gianfranco Poddighe, qui incarne Benito Mussolini, Frédéric Bocquet, Romain Lemire et Sonia Masson.

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