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Mussolini (1939)

5. Benito Mussolini, l'uomo vuoto - l'homme vide

58 min

1938-1945, l'infamie. Les dernières années d’exercice du pouvoir, les dernières années déshonorantes.

Mussolini (1939)
Mussolini (1939) Crédits : Keystone / Intermittent - Getty

Manifeste de la race, 5 août 1938 : la promulgation des lois raciales marque le début de la persécution du peuple juif italien. Comment expliquer l'adoption de ces lois anti-juives, alors même que le Duce s'était entouré dans ses cercles de pouvoir et d'amitié d'Italiens juifs ? Mussolini n'est pas sous la coupe d'Hitler et signe ce manifeste en toute conscience. Le régime se radicalise. 

Mussolini va renier ce qu'il a été, puisque pendant des années, il donnera aux Juifs d'Italie l'assurance d'une absence de doctrine raciale et d'antisémitisme. (Marie-Anne Matard-Bonucci)

La défense de la race, "Racisme italien", 5 août 1938.
La défense de la race, "Racisme italien", 5 août 1938. Crédits : Getty

La relation entre Mussolini et la papauté est ambivalente. La détestation est réciproque : Mussolini n'aime pas le clergé ; et Pie XI condamne l'invasion de l'Éthiopie ainsi que les lois anti-juives, mais le sens politique du Duce l'amène à faire des compromis avec la papauté, en signant, en 1929, les accords du Latran, qui mettent fin à la « question romaine » en créant l’État de la Cité du Vatican. 

Les relations s’enveniment, non seulement entre les deux Rome (la Rome vaticane et la Rome fasciste) mais entre les deux hommes. On est en 1938-1939 dans une détestation très très forte entre Mussolini et Pie XI. (Frédéric le Moal) 

Le Pape Pie XI meurt le 10 février 1938, alors qu'il devait prononcer un discours très offensif à l'égard de Mussolini et du fascisme. Pie XII lui succède, et opte pour une stratégie de prudence, de diplomatie pour éviter l'entrée en guerre. 

Le 10 juin 1940, Mussolini déclare la guerre contre les "puissances ploutocratiques et réactionnaires d'Occident" (discours radiodiffusé depuis le Palazzo Venezia à Rome) et s'engage aux côtés de l'Allemagne nazie. 

À partir de 1943, après sa libération par les Allemands, Mussolini est mal physiquement et psychologiquement. L’instauration de la République de Salò plonge le pays dans la guerre civile. Les Alliés progressent dans la Péninsule par le sud : après l'opération Husky, le débarquement en Sicile des troupes alliées en juillet 1943, Mussolini voit bien qu'il n'est qu'une marionnettes aux mains des Allemands, mais n'a plus la force de d'y opposer. 

Après 1945 et la fin de la guerre, quel devenir pour l’Italie ? 

C’est le cinéma qui va sauver l’Italie, avec Rome ville ouverte. Parce qu’il met en scène une Italie qui souffre, une Italie qui a subi l’occupation nazie et son arbitraire, une Italie qui a résisté. (...) C’est le film qui a rendu son honneur à l’Italie. (Emmanuelle Nobécourt) 

Affiche du film Rome, ville ouverte avec Anna Magnani.
Affiche du film Rome, ville ouverte avec Anna Magnani. Crédits : Excelsa Film production
Extrait du film Rome, ville ouverte.
Extrait du film Rome, ville ouverte. Crédits : Excelsa Film production

Que reste-t-il de Mussolini ? Que reste-t-il du fascisme aujourd'hui ? S'il est difficile de parler d'un consensus général autour du régime, l'antifascisme était assez minoritaire à l'époque. L'Italie n'a pas été fasciste, mais l'Italie a sans doute été, à quelques moments, mussolinienne. 

Aujourd’hui, Benito Mussolini inspire encore de la fascination chez certains Italiens, par son charisme, par ses idées aussi de rigueur, d’ordre et de respect.

Pour toute une partie de l’opinion italienne, le fascisme n’était finalement un régime pas si méchant que ça, un peu d’opérette. (Marc Lazar) 

D'où l'importance de passer par la fiction pour parler de l'histoire dans toutes ses aspérités et sa complexité. 

Il m'a donc semblé plus que jamais opportun de répondre une fois de plus à la menace, au défi que le fascisme lance à la démocratie par le biais de cette forme littéraire éminemment démocratique qu’est le roman. Car le roman est l’expression de la démocratie en Occident. (Antonio Scurati) 

Une série documentaire de Simonetta Greggio, réalisée par Julie Beressi. 

Avec les comédiens Gianfranco Poddighe, qui incarne Benito Mussolini, Frédéric Bocquet, Romain Lemire et Sonia Masson.

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