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René Guy Cadou par Luc Vidal

29 min
À retrouver dans l'émission

Luc Vidal pour le film documentaire René Guy Cadou ou les visages de solitude signé Émilien Awada avec le concours de Margaux Serre.

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Luc Vidal

René Guy Cadou ou les visages de solitude Dans le poème « La saison de Sainte Reine » Cadou évoque ces « pistes de lumière ». Dans son œuvre – et je n’ai pas compté le nombre de fois où les mots « soleil » et « lumière » apparaissent – ces mots-images, ces mots-flammes, ces mots-lampes ont cette capacité à formuler des pays orphiques, des pays où la respiration d’être est là, vivante et chaude, simple et profonde. Cadou est le poète des biens de ce monde. Ses rêveries pénètrent l’intimité des choses. La grande ruée des terres le happe. Il serait le contraire de Nietzsche, celui de Ainsi parlait Zarathoustra , le poète aérien des hautes cimes. Et pourtant, il y a l’énergie des étoiles dans ses métaphores. Les images caducéennes, terrestres, végétales permettent l’envol, l’allumage du grand désir d’être au monde, de pénétrer la forêt des songes et le ciel de l’amour. Les mots de Cadou pèsent et rendent légers, inventant, créant la galaxie des rencontres et du dialogue vrai avec soi-même. Cadou est Orphée de la mémoire, des temps retrouvés, des nuits qui ne s’enténèbrent jamais, poète solaire de la fleur inverse des troubadours. Ces pistes de lumière rejoignent les visages de solitude. Il y a une solidarité mystérieuse et profonde entre ces pistes et ces visages. Dans le livre Hélène ou le règne végétal , livre dont l’architecture a été pensée par le poète, au-delà du chant d’amour, c’est l’homme tout entier qui se dévoile. La fidélité inaltérable donnée à René Guy par Hélène, a trouvé ses racines dans la poésie de l’homme-poète. « Le temps qui m’est donné que l’amour le prolonge. »

Couverture
Couverture

L’œuvre de Cadou peut être soumise à de multiples interprétations parce qu’elle est une grande œuvre lyrique. Sa présence aux yeux et aux oreilles des lecteurs de l’an 2000 est toujours neuve et intense. L’amour sans la mort n’est pas tout à fait l’amour. La grande liberté de la poésie de Cadou est qu’elle ne s’enferme pas dans ses propres mots. Ses dialogues de poète avec l’esprit du trobar, du romantisme allemand (Schubert, Hölderlin), Whitman, de ses frères en poésie (ceux de l’école de Rochefort : Jean Bouhier, Michel Manoll, Marcel Béalu, Luc Bérimont, Jean Rousselot, Roger Toulouse) de Pierre Reverdy, de l’immense Guillaume Apollinaire, de Max Jacob, toujours, ont permis une grande œuvre. Dans le poème singulier de René Guy Cadou, un réseau aéré de métaphores s’est développé pour confondre poésie et mémoire dans l’enracinement des Biens de ce monde et de l’enfance.

La poésie de René Guy Cadou, fille de la mémoire, décline les grands thèmes qui traversent la poésie française : la solitude, l’amitié, la fraternité, la liberté, la beauté, la poésie, l’amour, la joie et la tristesse. Cette poésie fait émerger les jeux de patience du haut langage, les prises de risque que le poète a vécues jour après jour pendant sa courte vie selon les exigences de l’amour et du poème. Inlassablement, il parcourt les terres inconnues, affrontant le vide et le plein de son âme avec le cœur et les cris de l’enfance. L’œuvre Hélène ou le règne végétal , livre lumineux, est devenu ainsi une cathédrale végétale. Ce film documentaire René Guy Cadou ou les visages de Solitude signé Émilien Awada avec le concours de Margaux Serre traduit avec force et émotion ce que Cadou souhaitait : « Le temps qui m’est donné que l’amour le prolonge ».Nantes le 17 octobre 2012, Luc Vidal

L'entretien consacré à la poésie de René Guy Cadou par Pierre Béarn est extrait de "Douze minutes avec un poète" diffusé le 21 octobre 1950.

Couverture
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" La poésie est inutile comme la pluie " René Guy Cadou dans "Usage Interne" (1951)

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