LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Vestiges des appontements en bois en cours de fouille.

Un port médiéval découvert en Vendée, à Talmont Saint-Hilaire

29 min

Au pied du château médiéval de Talmont-Saint-Hilaire (Vendée) une équipe d’archéologues exhume actuellement un port créé au Xe siècle.

Vestiges des appontements en bois en cours de fouille.
Vestiges des appontements en bois en cours de fouille. Crédits : © Emmanuelle Collado / Inrap

Le port médiéval de Talmont était déjà mentionné dans de rares sources textuelles, il est aujourd’hui l’objet d’une vaste fouille archéologique. Celle-ci met au jour d’imposantes structures de quais en bois et pierre, qui confirment une importante implantation datée des Xe-XVIe siècles, dont les différentes phases de transformation semblent étroitement liées à l’évolution architecturale du château de Talmont.

Vue aérienne générale du chantier archéologique avec le château médiéval de Talmont Saint-Hilaire
Vue aérienne générale du chantier archéologique avec le château médiéval de Talmont Saint-Hilaire Crédits : © Emmanuelle Collado / Inrap

Stéphane Augry "Ce que l'on voit dans le paysage en face (de nous), c'est la tour maîtresse du château de Talmont-Saint-Hilaire, étroitement associé à Richard Cœur de Lion, donc à la dynastie des Plantagenêt. C'est un château qui est créé au 10e/11e siècle et qui a une très longue histoire avec un point fort au 12e/13e. Mais le château n'est que l'expression du symbole d'une organisation de territoire bien plus vaste du bourg de Talmont. [...] C'est un paysage relativement méconnu. Et là, le cœur de la fouille préventive, c'est le port qui est directement en lien avec le château. A sa création, le port existe, et quand le château meurt, le port périclite petit à petit."

Une forteresse et son port

Fondée au Xe siècle puis démantelée en 1628, la forteresse de Talmont, qui domine le port, est le siège d’une puissante seigneurie. Implantés sur un éperon rocheux, le château et son bourg castral sont situés à la confluence de deux petits fleuves, le Payré et la Sauvagère. La vie économique et sociale de l’agglomération fortifiée s’y organise en étroite connexion avec les marais salants, les forêts environnantes et le littoral. Ce dernier fait d’ailleurs l’objet d’aménagements portuaires spécifiques permettant de relier l’océan à la commune. Ces ports littoraux constituent de véritables portes sur la façade Atlantique, première étape du déchargement des marchandises importées par des navires de gros tonnages. Elles sont ensuite acheminées vers Talmont par de plus petites embarcations à fond plat, grâce à un réseau de canaux aménagés. Inversement, les productions locales de vin et de sel sont exportées au Moyen Âge jusqu’en Angleterre ou sur toute la côte Atlantique, la Manche ou la Mer du Nord.

Stéphane Augry "On ne connaît pas exactement le trait de côte du littoral à l'époque médiévale, on a quelques hypothèses, mais on a bien ici un port dans le marais, directement en lien avec la mer. Donc, les gros navires arrivaient de la mer et on suppose qu'ensuite, on avait des embarcations à fond plat, plus légères pour naviguer sur les chenaux."

Le port de Talmont constituait un axe important d’acheminement des denrées et matières premières nécessaires à la vie quotidienne des habitants du bourg et du domaine castral. Il était aussi un point central d’acheminement des matériaux de construction du château depuis le front de mer : des blocs de calcaire jaune taillés sur les falaises ou des galets directement prélevés sur la plage.

Vestiges de quai avec pieux et sablière basse
Vestiges de quai avec pieux et sablière basse Crédits : © V. Charpentier

Stéphane Augry "On est à environ 4 à 5 kms de la mer et effectivement, on ressent le niveau de la nappe phréatique, quand on part le week end, qui est variable et l'on sent bien que l'on est sous l'influence de l'océan. Ce qui me permet aussi de dire que dans les études que l'on va déployer, il y a tous ces coquillages qui sont des marqueurs du milieu. Donc, on verra si l'on est plutôt en milieu d'eau salée ou en milieu d'eau douce."

La fouille

Le contexte humide a permis la conservation de matériaux organiques (bois, graines, cuir...) très souvent disparus des terrains de fouilles. Les aménagements portuaires en bois sont ainsi intacts, permettant l’étude de l’organisation des espaces navigables, des berges de différents canaux, des espaces de déchargement, de stockage ou de redistribution des marchandises. Les archéologues ont mis au jour des alignements de pieux, des pièces de bois, poteaux et poutres. Leur analyse par dendrochronologie permettra de préciser la chronologie du site de manière très fine. Elle favorisera la compréhension architecturale et structurelle de ces aménagements. La mise en évidence de traces d’outils constituera par ailleurs une source précieuse pour documenter les méthodes de construction et les pratiques artisanales. Le chantier a également livré un mobilier abondant et d’une grande variété, témoignant de la vie quotidienne des habitants sur une période clé de l’histoire de l’agglomération portuaire.

Structures empierrées en cours de fouille
Structures empierrées en cours de fouille Crédits : © Stéphane Augry / Inrap

Stéphane Augry "C'est vrai que sur le territoire de la France métropolitaine, il arrive qu'on ait des fouilles en contexte humide et que l'on trouve du bois de la période médiévale, mais, ça reste rarissime et il faut plus se tourner vers les pays scandinaves ou vers l'Irlande pour trouver ce type de site."

Pour aller plus loin

Détail d'une poutre et de sa mortaise ainsi que des traces d'outils
Détail d'une poutre et de sa mortaise ainsi que des traces d'outils Crédits : © Vincent Charpentier

Pierre Péfau "On est sur du chêne, qui est l'essence généralement utilisée pour le bois d'oeuvre, c'est-à-dire le bois de construction. C'est un bois qui est particulièrement résistant, quasiment imputrescible et qui, de par sa constitution anatomique, permet un débitage assez aisé. Donc là, on serait en présence d'une poutre de plus de 7m50 qui correspond à un bois de brin, c'est-à-dire que c'est une bille, un arbre entier qui a servi à faire la poutre et qui a seulement été aménagée en partie supérieure avec un outil dont il subsiste des traces, certainement une petite hache de type cognée."

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......