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Le 6 juin 1944, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approche des côtes normandes. Elle s'étale sur un front de 35 kilomètres et transporte pas moins de 130 000 hommes.

Archéologie du 6 juin 1944

28 min

Dans la nuit du 5 juin 1944, la plus puissante armada jamais rassemblée touche les côtes normandes. Plus de soixante-quinze ans après, le débarquement a laissé une profonde empreinte dans le paysage. Aujourd'hui les mémoires s'estompent, mais les archéologues investissent ce champ de recherche.

Le 6 juin 1944, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approche des côtes normandes. Elle s'étale sur un front de 35 kilomètres et transporte pas moins de 130 000 hommes.
Le 6 juin 1944, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approche des côtes normandes. Elle s'étale sur un front de 35 kilomètres et transporte pas moins de 130 000 hommes. Crédits : Vincent Carpentier - Radio France

Aujourd'hui les mémoires s'estompent, mais les archéologues investissent ce champ de recherche. Sur la fouille de Fleury-sur-Orne, dans le Calvados, ils font ainsi ressurgir des instantanés de la vie sous les bombes, découvrent les positions alliées, exhument un camp de prisonniers, explorent les carrières-refuges.

Dans cette région normande, à côté de Caen, le paysage a été bouleversé, non seulement par les aménagements, mais aussi par les destructions, et la reconstruction survenue après la Libération. Cette archéologie du 6 juin, elle trouve ses prolongements dans toute cette époque de l'après-guerre. On en voit encore la trace patrimoniale, aujourd'hui : le mur de l'Atlantique, les nombreux bunkers, etc., mais également dans la topographie des villes, les formes de l'habitat, les architectures nouvelles qui ont été mises en place, en particulier avec ces églises reconstruites après guerre.

L'archéologie du jour le plus long, c'est ce sable vitrifié sur les plages : c'est un des aspects d'autant plus intéressant qu'il est microscopique... Cette conservation des traces des explosions meurtrières sur Omaha Beach, a été observée fortuitement par deux géologues américains. À la suite d'une analyse au microscope, ils ont trouvé des impacts sous forme de billes de verre qui sont aujourd'hui les seules traces matérielles objectives encore conservées sur la plage. [...] On sait également que, dans un siècle, ces dernières traces auront totalement disparu sous l'action de la corrosion de la mer...

La plupart des corps ont été regroupés, d'abord dans des cimetières provisoires, puis progressivement dans les grands cimetières mémoriaux que l'on connaît aujourd'hui, organisés par nations, en différents points de la région. Quelquefois, les archéologues en archéologie préventive qui viennent travailler sur des sites en cours d'aménagement, découvrent encore des corps de soldats ou de civils qui ont été abandonnés, perdus.

Pour aller plus loin

Sur Vincent Carpentier

L'archéologie, c'est chercher à établir un discours en liaison avec une analyse de la société, des comportements, une analyse de la durée également. On ne connait jamais la vérité, bien sûr, à 100%, mais le but est d'y tendre. Les processus d'interprétation qui sont mis en oeuvre en archéologie sont valables pour toutes les périodes rencontrées et sur des espaces géographiques très variés. C'est surtout cela que l'on a cherché à mettre en œuvre en rapport avec les problématiques des historiens.

Sur Cyril Marcigny (son co-équipier)

Cette émission a déjà été diffusée le 3 juin 2014 quand l'émission s'intitulait Salon Noir.

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