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Amédée Thierry, journaliste et historien (1797-1873), auteur dès 1828 du premier volume d'une "Histoire des Gaulois" - photo revisitée par Jérémy Perrodeau.

Les Gaulois à l’œil nu

27 min

Les yeux dans les yeux, découvrons « les Gaulois à l’œil nu », réfractaires, insoumis, autochtones...

Amédée Thierry, journaliste et historien (1797-1873), auteur dès 1828 du premier volume d'une "Histoire des Gaulois" - photo revisitée par Jérémy Perrodeau.
Amédée Thierry, journaliste et historien (1797-1873), auteur dès 1828 du premier volume d'une "Histoire des Gaulois" - photo revisitée par Jérémy Perrodeau. Crédits : © Jérémy Perrodeau

Les Gaulois occupent toujours une immense place dans l’imaginaire français. Depuis l’Antiquité, ces peuples soi-disant « nés de notre terre » sont parés de toutes les vertus ou raillés pour leur barbarie, victimes de toutes les caricatures. Mais qu’y a-t-il vraiment derrière Brennus, Vercingétorix ou même Astérix et Obélix ?

La Gaule, c'est avant tout des populations, dont certaines se nommaient dans leur langue les Gaulois, ce qui veut dire les vaillants, les gaillards. Ce nom fera florès, on le sait, grâce aux Romains, à César en particulier, qui l'utilisera pour nommer l'espace qu'il souhaite conquérir. Par la suite, ce nom sera utilisé pour désigner le socle historique de notre nation. Il sera alors figé dans le récit et dans notre imaginaire comme un espace naturel presque idéal. Et c'est là où l'archéologie, aujourd'hui, rentre en jeu, puisqu'elle permet de redonner un peu de profondeur et de sens à cette notion de Gaule.

Les gaulois un peuple de guerres et de bruit ? Fragment d’un instrument de musique : le carnyx, découvert lors de fouilles dans les arènes de Tintignac  (Navès, Corrèze)
Les gaulois un peuple de guerres et de bruit ? Fragment d’un instrument de musique : le carnyx, découvert lors de fouilles dans les arènes de Tintignac (Navès, Corrèze) Crédits : © P. Ernaux / Inrap

Dominique Garcia dépouille les Gaulois de leurs oripeaux pour en dresser un portrait documenté. Grâce à l’archéologie et à l’histoire, il nous entraîne à travers les forêts défrichées, les sanctuaires et les cités, sur les traces de ces peuples.

Amédée et Augustin Thierry sont des grands historiens. Ce sont eux qui vont permettre de décrire cette histoire de France de façon dense, savante. Mais ensuite, effectivement, c'est ce qui va nourrir les manuels scolaires et qui va permettre d'avoir cette vision presque idéalisée de la France, même si elle est fondée sur des documents historiques.

Pasteurs, cultivateurs, orpailleurs, nos Gaulois sont aussi citadins, commerçants et artisans. Sur la « terre du couchant », comme les Grecs la nommaient, ils vivent, échangent, créent avec tous les peuples de l’espace européen. Les découvertes des trente dernières années valent bien un nouveau tour de Gaule, le voici.

Quatre vues du buste d’un aristocrate gaulois avec un torque du 1er siècle avant notre ère, retrouvé enfoui dans une fosse, en 2020 à Trémuson dans les Côtes d'Armor
Quatre vues du buste d’un aristocrate gaulois avec un torque du 1er siècle avant notre ère, retrouvé enfoui dans une fosse, en 2020 à Trémuson dans les Côtes d'Armor Crédits : © Emmanuelle Collado / Inrap

On avait d'abord un cadre historique que l'on a illustré grâce à l'archéologie et aujourd'hui, peut-être sereinement avec notre regard, on peut essayer de rebâtir une histoire des Gaulois en mettant en équilibre les données philologiques, historiques, archéologiques et apporter un regard anthropologique sur l'ensemble.

Avec Dominique Garcia, président de l’Inrap, professeur d’archéologie à l’université Aix-Marseille et de l’Institut Universitaire de France, directeur de l’École doctorale pluridisciplinaire, vice-président du Conseil National de la Recherche Archéologique (CNRA), membre de plusieurs conseils scientifiques dont celui du Musée du Louvre et de l’EPCC Bibracte.
Auteur, avec Jérémy Perrodeau (illustrations) de Les Gaulois (sortie le 12 mai 2021 aux Editions du CNRS dans la collection à l'oeil nu).

Il y a une langue gauloise qui, maintenant, est de plus en plus connue. [...] Mais, effectivement, les Gaulois n'avaient pas d'écriture et ils utilisaient parfois l'alphabet étrusque, parfois l'alphabet grec, parfois l'alphabet latin pour écrire leur langue. [...] On a des textes votifs, des textes commerciaux, et on a même trouvé des documents touchants, des abécédaires, donc des modes d'apprentissage de l'écriture grecque par des populations gauloises. [...] Les savoirs étaient transmis, notamment, par les druides qui avaient un savoir, une oralité importante.

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A partir des deuxième et premier siècles avant Jésus-Christ, c'est-à-dire à partir du moment où, dans le midi, les Romains seront déjà implantés et auront déjà créé des cités, on va voir dans le reste de la Gaule émerger des agglomérations, les oppida. On a en tête Gergovie, Alésia et Bibracte, toujours en fouilles avec son centre archéologique. Et donc, la France va se couvrir de ces grandes agglomérations, de ces grandes villes que l'on appelle la civilisation des oppida.

Intervenants
  • Président de l'Inrap (Institut de recherches archéologiques préventives), professeur à l’université d’Aix-Marseille.
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