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Crâne déformé d’un individu découvert dans une tombe du site de Seysses (sépulture 1046).

Les Wisigoths, barbares comme les autres ?

30 min

Le magazine d’archéologie de France Culture, Carbone 14, désormais le samedi à 19h30, ouvre sa nouvelle saison sur un peuple trop longtemps resté dans l’ombre de l’Histoire : les Wisigoths.

Crâne déformé d’un individu découvert dans une tombe du site de Seysses (sépulture 1046).
Crâne déformé d’un individu découvert dans une tombe du site de Seysses (sépulture 1046). Crédits : © HADES, 2018

Loin des Francs, héros du récit voire du roman national, les Wisigoths n’étaient-ils pas, encore voici peu, une de ces nations « barbares », dans l’ombre de l’Empire romain, et dont ils auraient sauvagement provoqué la chute ?  

Torque avec inscription en caractères runiques appartenant au Trésor de Pietroada. Fin IVe -début Ve siècle. Conservé au musée national de Roumanie.
Torque avec inscription en caractères runiques appartenant au Trésor de Pietroada. Fin IVe -début Ve siècle. Conservé au musée national de Roumanie. Crédits : © musée national de Roumanie.

Les Toulousains ont tout de même une curiosité et une forme de souvenir pour leurs ancêtres wisigoths. Moi, dans ma famille, par exemple, ma grand mère et mon grand père m'ont toujours parlé des wisigoths. Ils ne m'en parlaient pas forcément avec justesse, mais ils m'en parlaient. Laure Barthet

Au-delà du regard très sévère longtemps porté sur ce peuple, les Wisigoths furent parallèlement ignorés par l’archéologie « mérovingienne ». Le 1600e anniversaire de leur implantation à Toulouse est l’occasion d’ouvrir cet important dossier, à la lumière des dernières recherches archéologiques, certaines encore inédites. 

Trésor funéraire de Pouan (Aube / Ve siècle), conservé au musée Saint-Loup (Troyes). Attribué au roi wisigoth Théodoric Ier, cet ensemble funéraire a été découvert près du lieu de la bataille des Champs Catalauniques.
Trésor funéraire de Pouan (Aube / Ve siècle), conservé au musée Saint-Loup (Troyes). Attribué au roi wisigoth Théodoric Ier, cet ensemble funéraire a été découvert près du lieu de la bataille des Champs Catalauniques. Crédits : © Carole Bel

On le sait, en 419, Honorius, empereur romain d’Occident installe les Wisigoths dans le sud-ouest de la Gaule. Tolosa devient alors capitale du royaume de Toulouse et verra, en près d’un siècle, les rois wisigoths établir une dynastie et son autorité de la Loire au Sud de l’Espagne. 

Fragment de mosaïque à fond d’or provenant de l’ancienne église Sainte-Marie la Daurade. Conservé au musée Calvet d’Avignon
Fragment de mosaïque à fond d’or provenant de l’ancienne église Sainte-Marie la Daurade. Conservé au musée Calvet d’Avignon Crédits : © Musée Calvet

Le développement de l'archéologie, et notamment de l'archéologie préventive, a permis de poser un nouveau regard et a suscité de nouvelles vocations. En effet, je pense que le public aujourd'hui, peut redécouvrir complètement ces cultures matérielles et ces peuples. Laure Barthet.

Pour autant, pourquoi donc les traces matérielles de cette présence germanique ont-elles été souvent considérées comme peu nombreuses ? Il nous faut alors découvrir le fameux palais, vaste complexe monumental, sous l’actuelle place de Bologne. En octobre 2018, une découverte exceptionnelle est réalisée à 20 kilomètres au sud-ouest de Toulouse, dans la commune de Seysses, une vaste nécropole d'environ 1 ha et contenant 149 sépultures de la première moitié du Ve au tout début du VIe siècle de notre ère. 

Evocation du secteur palatial des rois wisigoths de Toulouse.
Evocation du secteur palatial des rois wisigoths de Toulouse. Crédits : © Aquarelles : Christian Darles avec la collaboration du Musée Saint-Raymond
Sépulture en sarcophage de la « Dame de Seysses ». Ve  siècle. Découvert sur le site de Seysses (Haute-Garonne).
Sépulture en sarcophage de la « Dame de Seysses ». Ve siècle. Découvert sur le site de Seysses (Haute-Garonne). Crédits : © HADES, 2018

Le musée Saint-Raymond, beau musée d’Archéologie de Toulouse, retrace aujourd’hui cette aventure, partie du nord de la Pologne vers les rivages de la mer Noire. Celle d’un peuple polythéiste, qui, vers 340, inaugure une variante du christianisme, jugée hérésie : l’arianisme, selon lequel « le Christ n’est pas de la même nature que Dieu ». 

Ce sont des Germains, donc dans les premiers siècles de leur histoire, ils ont une religion que l'on peut qualifier de polythéiste, que l'on connait assez mal, mais ils semblent partager un certain nombre de croyances avec les Germains septentrionaux, donc les Scandinaves. Ils sont christianisés au quatrième siècle, par une variante du christianisme orthodoxe, du christianisme trinitaire qu'on appelle l'arianisme. Laure Barthet.

 Sceau d’Alaric II. Or, saphir. Ve siècle (saphir) et XVIe siècle (monture) Provenance inconnue. Conservé au Kunsthistorisches Museum (Vienne)
Sceau d’Alaric II. Or, saphir. Ve siècle (saphir) et XVIe siècle (monture) Provenance inconnue. Conservé au Kunsthistorisches Museum (Vienne) Crédits : © Wikimedia Commons

Pour tout savoir sur les Wisigoths, leur histoire et celle de leur roi Théodoric Ier, Thorismond Euric ou Théodoric, mais aussi sur leur archéologie, il faut se rendre au musée Saint-Raymond de Toulouse, dont Laure Barthet, notre invitée, est la conservatrice et la commissaire de l’exposition « Wisigoths, rois de Toulouse » (du 27 février au 27 décembre 2020).

>>> Site de l'exposition " Wisigoths, rois de Toulouse " au musée Saint-Raymond de Toulouse.

Coupe en or, argent, grenat et tourmaline appartenant au trésor de Pietroasa (Roumanie / Fin du IVe - début du Ve siècle). Les anses figurent deux panthères.
Coupe en or, argent, grenat et tourmaline appartenant au trésor de Pietroasa (Roumanie / Fin du IVe - début du Ve siècle). Les anses figurent deux panthères. Crédits : © Marius Amarie / musée national d’histoire de Roumanie.
Bracelets se terminant par des têtes de serpent stylisées. 160-230. Découverts à Węsiory (Pologne). Conservés au musée archéologique de Gdańsk (Pologne).
Bracelets se terminant par des têtes de serpent stylisées. 160-230. Découverts à Węsiory (Pologne). Conservés au musée archéologique de Gdańsk (Pologne). Crédits : © Joanna Szmit, Archeological Museum in Gdańsk
Oiseaux fascinants, les rapaces des régions montagneuses et des steppes sont figurés aux Ve et VIe siècle comme sur ces deux appliques d’harnachement (tombe d’un Gépide à Apahida en Roumanie).
Oiseaux fascinants, les rapaces des régions montagneuses et des steppes sont figurés aux Ve et VIe siècle comme sur ces deux appliques d’harnachement (tombe d’un Gépide à Apahida en Roumanie). Crédits : © Marius Amarie / musée national d’histoire de Roumanie.

Pour aller plus loin

Page wikipédia de Galla Placidia, impératrice romaine, fille de l'empereur Théodose Ier (évoquée pendant l'émission).

Page wikipédia sur le royaume wisigoth.

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