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Chantier de fouilles du site de Bretteville sur Odon (Calvados).

Pourquoi fouiller un site fortifié allemand sur le mur de l’Atlantique ?

29 min

L’archéologie s’arrête hier… cela malgré l’abondance des sources textuelles et historiques. Certains vestiges de la Seconde Guerre mondiale revêtent alors tout à la fois un grand intérêt historique, patrimonial et archéologique. Visite du site de Bretteville sur Odon (Calvados).

Chantier de fouilles du site de Bretteville sur Odon (Calvados).
Chantier de fouilles du site de Bretteville sur Odon (Calvados). Crédits : © Benoît Labbey / Inrap

Si l’on croit, par exemple, tout savoir du Mur de l’Atlantique, de l’histoire qui s’y déroula, c’est probablement sans savoir que l’ensemble des archives de la Luftwaffe a été détruit, à tout jamais dans les derniers jours du conflit, sur ordre de H. Goering.

Vue du site de Bretteville sur Odon.
Vue du site de Bretteville sur Odon. Crédits : © Benoît Labbey, Inrap.

Le Stützpunkt Bretteville, loin des standards de la propagande 

Situé à plus de 15 km du littoral, cette fortification s’intègre au Mur de l'Atlantique. Toutefois, ses aménagements totalement dépourvus de béton armé, sont loin des constructions standardisées de ce mur infranchissable vanté par la propagande nazie.

Les espaces de vies de la garnison sont de simples excavations, dépourvues de toute maçonnerie, simples structures de bois aménagées directement dans le substrat. De telles installations ne sont pas sans rappeler aux archéologues les fameux fonds de cabane du haut moyen âge. Autour de ces unités de vie, s’organisent des fosses de stockage et de dépotoirs particulièrement riches en mobilier.

Plan du site de Breteville (vue aérienne).
Plan du site de Breteville (vue aérienne). Crédits : © Inrap

Bombardements… puis comblement

L'abandon du site par les soldats allemands au tout début du mois de juillet 1944 ne marque pas sa destruction. Les structures en creux restent visibles jusqu'en 1947 et ne disparaissent réellement qu'au tout début des années 1950 avec la remise en culture des parcelles. Le site de Bretteville sert alors de dépotoir pour évacuer les déblais des bombardements de la ville de Caen. 

Vaisselle brisée et fondue se retrouve mêlée aux carcasses tordues de véhicules. Tous ces éléments parfois émouvants, à l'image de cette horloge qui s'est arrêtée au moment du bombardement, viennent compléter et documenter les années qui suivirent la fin des combats. 

Visite du site de Bretteville-sur-Odon (Calvados) avec Benoît Labbey et Cyril Marcigny, archéologues à l'Inrap.

Pendule retrouvée sur le site de Bretteville sur Odon.
Pendule retrouvée sur le site de Bretteville sur Odon. Crédits : © Vincent Charpentier
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