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Vue générale de la fouille du gisement d’Amiens-Renancourt​

Vénus sortie des fouilles

28 min

A l’image de celles de Lespugue ou de Willendorf, une exceptionnelle « Vénus » vient d’être découverte dans la fouille du site d’Amiens-Renancourt. Elle s’ajoute à une remarquable série de quinze vénus brisées et dont la première fut découverte en 2014. Avec ce soir, Clément Paris et Marcel Otte.

Vue générale de la fouille du gisement d’Amiens-Renancourt​
Vue générale de la fouille du gisement d’Amiens-Renancourt​ Crédits : © Irwin Leullier / Inrap

Les archéologues envisagent un atelier orienté dans cette production : les sculptures s’accompagnent de plusieurs milliers de fragments de craie, dont certains semblent être des déchets de fabrication.
Sculptée dans la craie, haute de 4 centimètres, cette « Vénus » est stéatopyge : le volume du fessier, des cuisses et des seins est hypertrophié. Les bras sont juste esquissés, le visage représenté sans traits. Cette sculpture s’inscrit parfaitement dans un canon esthétique, la tradition stylistique gravettienne, qui compte les Vénus de Dolni Vestonice (république Tchèque), Khotylevo (Russie), ou celle en bas-relief de Laussel (Dordogne). Cette « Vénus » de Renancourt porte aussi une étonnante « coiffure » réalisée par de fines incisions en quadrillage, qui n’est pas sans rappeler celle de la Vénus de Willendorf mais surtout celle de la Dame à la capuche de Brassempouy (Landes).

Statuette gravettienne de Vénus (face et profil) découverte en 2019 sur le site d'Amiens-Renancourt
Statuette gravettienne de Vénus (face et profil) découverte en 2019 sur le site d'Amiens-Renancourt Crédits : © Inrap

Ces Vénus sont connues à 200 exemplaires, des Pyrénées à la Sibérie. En France, seule une quinzaine étaient répertoriées, notamment dans le quart sud-ouest (Aquitaine, Pyrénées). Aujourd’hui, le site d’Amiens-Renancourt double le nombre de ces objets d’art gravettiens découverts en France. La fonction voire la signification de ces figurations paléolithiques restent discutées. Dès leurs premières découvertes, les préhistoriens ont voulu y voir une expression symbolique de la femme et de la fécondité, celle d’une sexualité primale, ou encore l’incarnation de déesses-mères, reflet d’un univers matriarcal. Certains y perçoivent aussi une codification, l’encadrement de la sexualité et du désir masculin par la société gravettienne. Marcel Otte, historien et paléoanthropologue, professeur de Préhistoire à l'université de Liège, y perçoit des initiations…

>>> Article complet de l'Inrap sur cette découverte

>>> Site de Marcel Otte

Intervenants
  • historien et paléoanthropologue, professeur de Préhistoire à l'université de Liège.
  • Archéologue préhistorien à l'Inrap
L'équipe
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