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Après eux, le déluge

4 min
À retrouver dans l'émission

Que voulez-vous Marc, en pleine période de fêtes, l'esprit de Noël a du mal à me tomber dessus, un peu comme chaque année me direz-vous.

Je ne sais pas si c'est le souvenir traumatisant de ce gros père Noël aux joues rougies de mauvais vin, qui ne sentait pas vraiment le pain d'épice et dont il reste dans un tiroir de la maison de famille une photo assez édifiante, avec moi hurlant de peur au premier plan, sur ses genoux parsemés de tâches suspectes et le souvenir diffus que c'est ce jour-ci que j'ai, définitivement, arrêté de croire au Père Noël... mais que voulez-vous, les fêtes moi ça me plombe. L'injonction d'être heureux, que ce soit en fin d'années ou dans les parcs d'attraction, pour tout vous dire, ça m'angoisse.

rhinocéros blanc du nord
rhinocéros blanc du nord

Donc après vous avoir vendu l'ère post-biotique hier - d'ailleurs, à ce propos, je tiens à vous signaler qu'on vient de découvrir, au Brésil, dans la baie de Rio, une bactérie résistante aux antibiotiques précisément, qui pourrait menacer la tenue des épreuves de voile des Jeux Olympiques de 2016, bactérie qui serait issue de déchets hospitaliers rejetés dans le fleuve Carioca qui, lui-même se jette dans la baie.

Ceci étant dit... je vous ai déjà parlé de l'effet totalement dépressogène qu'ont sur moi les photos d'ours polaire à la dérive sur un bout de banquise... image devenue le totem du réchauffement climatique et de la menace qui plane sur les espèces sauvages.

Et bien l'ours polaire pourrait bien être détrôné, très prochainement, par le rhinocéros blanc du Nord. Après la disparition d'un mâle de 44 ans, en captivité au zoo de San Diego, en Californie, il ne reste plus que 5 individus de l'espèce, tous trop vieux pour se reproduire.

Le rhinocéros blanc du Nord a été victime de la chasse et du braconnage, sa corne étant convoitée pour sculpter des poignards et surtout pour ses supposées propriétés aphrodisiaques.

Voilà donc une espèce animale de plus qui va disparaître sous nos yeux, sans que nous ne puissions rien y faire...

Mais ce n'est pas tout, et ce n'est surtout pas la seule. Selon une nouvelle analyse publiée dans la revue Nature, le spectre d'une 6ème extinction de masse des espèces vivantes, spectre un peu diffus, jusqu'à présent difficilement quantifiable... eh bien il serait beaucoup plus proche, et beaucoup plus tangible que prévu.

Avec pour la première fois un horizon chiffré : les années 2200.

On parle d'extinction massive lorsque 75% des espèces animales ou végétales s'éteignent. 6ème extinction, parce que notre planète en a déjà connu 5, les premières ont eu lieu à des stades où la vie était encore primitive et subaquatique, la plus connue étant la dernière, il y a 65 millions d'années, vraisemblablement provoquée par la collision d'une météorite, extinction qui fait que nous sommes aujourd'hui des mammifères et non des reptiliens évolués, descendants des dinosaures.

Cette 6ème extinction qui nous guette aurait en fait commencé avec la colonisation de la planète par l'homme, les espèces animales disparaissant depuis lors à un rythme 1000 fois supérieur.

Ce qu'explique l'article de Nature, c'est qu'il est toujours difficile de quantifier cette extinction en cours, d’abord parce que nous n'avons tout simplement pas encore recensé l'intégralité des formes de vie et d'espèces animales et végétales présentes sur Terre... en revanche, selon les estimations d'une fourchette haute, à un rythme de disparition de plus de 36 000 espèces par an, eh bien on pourra considérer que la 6ème extinction de masse aura lieu en 2200 si nous ne faisons rien, dès aujourd'hui, pour y remédier.

Pour l'heure, ce sont les amphibiens les plus menacés, avec 41% d'espèces en danger d'extinction, 26% pour les oiseaux et les mammifères, sans oublier les coraux, qui jouent un rôle déterminant dans la biodiversité marine et dont 60% pourraient mourir bien avant 2200… d'ici 2050, dans une petite quarantaine d’années.

Voilà pour le tableau. Je sais bien que ça ne vous empêchera pas de passer de bonnes fêtes, faites toute de même attention aux Pères Noëls aux joues trop rouges et promis, demain je vous cause de Bambi, sauf si dans votre frénésie carnivore Marc, vous voulez le manger.

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